L’Algérie, le mauvais élève.

Dans quelques semaines, le Ghana accueillera la 26ème Coupe d’Afrique des Nations, du 20 janvier au 10 février 2008. Pour ce troisième grand rendez-vous du football mondial, de grandes stars seront présentes pour assurer le spectacle: Didier Drogba, Samuel Eto’o, Frédéric Kanoute, Michael Essien, Marouane Chamakh, Yassine Chikhaoui, Mohamed Aboutrika… la liste est longue. Manque à l’appel, pour la deuxième fois consécutive, l’élève qui n’apprend pas ses leçons: l’Algérie. Pour palier à cette médiocrité, les dirigeants du football algérien ont rappelé le pompier de service, Rabah Saadane (Photo). Dès ses premières déclarations, le nouveau sélectionneur des "Fennecs" reconnaît la difficulté de sa tâche, car, dit-il, «le football algérien ne produit plus de joueurs de talents, faute de formation à la base et en raison de la légèreté du travail réalisé dans les clubs».
Saadane a signé un contrat d’obligation de résultats, qui signifie concrètement qu’en cas d’échec à la qualification de l’Algérie à la CAN Angola 2010, il devra rendre son tablier. L’objectif Coupe du Monde reste pour l’instant un Everest inaccessible pour l’Algérie. C’est dire à quel point le niveau du football algérien a régressé… Il existe aujourd’hui un groupe issu de l’immigration algérienne en Europe, qui aurait pu donner davantage de satisfaction, mais ce groupe a été fort mal géré. Pourtant, tout a commencé en 2004, avec un certain Saadane, qui avait atteint les quarts de finales de la CAN 2004 en Tunisie. Ecœuré, humilié et blessé dans son amour propre par des insultes fusant de toute part, le sélectionneur démissionna. Ce fut le début de l’ère belge, avec Waseige et Leekens, pour les résultats que l’on sait. A croire que la partition se joue dans les halls d’hôtels européens, au détriment des techniciens algériens, qui ont été marginalisés par leur structure fédérale. Comme si la leçon ne suffisait pas, arrive Jean Michel Cavalli, qui a gardé le même groupe, en lui ajoutant quelques jeunes, toujours issus de l’immigration algérienne : Matmour, Ghilas, Amri et Bouazza.

Seule une décision des plus hautes autorités de l’Etat pourra sauver le football algérien, donner un coup de pied dans la fourmilière, chasser les opportunistes, professionnaliser le football, comme l’ont fait Tunisiens et Marocains, imposer la formation des jeunes en mettant en place un véritable plan de travail, à commencer par les infrastructures, la formation des éducateurs, et le contrôle des subventions allouées par les pouvoirs publics, car celles-ci doivent profiter aux enfants et à leur bien-être, et non aux salaires de pseudo stars, dont le niveau aujourd’hui vaut à peine un CFA, voire une DH française. A vous, messieurs les décideurs du football algérien, de faire confiance à vos enfants. Fiez-vous à ceux qui ont tout donné à leur pays et qui sont disposé à transmettre leur expérience aux générations futures. Placez ces éducateurs formés en Europe sur un même pied d’égalité que les entraîneurs que vous importez à prix d’or, qui ne connaissent ni le tempérament, ni la mentalité du footballeur algérien et qui n’ont apporté aucun savoir, sauf celui de l’échec perpétuel.


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15/11/07