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Rafik Saïfi : "Tant que Djadaoui est sélectionneur,je dirais non à l'équipe nationale d'Algérie"
Nom : Saïfi
Prénom : Rafik
Taille : 1m78
Poids : 72 Kg
Nationalité : Algérien
Statut : International
¼ Finaliste à la CAN 2000 (Ghana-Nigeria) - Champion d'Algérie (1998) avec le Mouloudia d'Alger. 24 Sélections.
Venu du Mouloudia d'Alger en début de saison 1999-2000 avec le titre de champion d'Algérie dans les valises, Rafik Saïfi est un international attaquant algérien qui boucle sa deuxième saison à Troyes(D1 française). Aujourd'hui âgé de 26 ans, on ne peut pas dire que la chance lui sourit ces derniers temps. En querelle avec son entraîneur à Troyes pour avoir refusé de jouer pendant le ramadan, blessé au même moment pendant un des rares matches où il est aligné, Saïfi complète sa mauvaise fortune avec une médisance répandue à Alger: il serait sans club et à oublier pour la sélection nationale. Si tout est rentré dans l'ordre à Troyes, l'attaquant dit ne vouloir plus entendre parler de l'équipe nationale d'Algérie. Le Sélectionneur des "Fennecks" Abdel Djadaoui dit, "il est encore jeune et il apprend encore son métier". Et pourtant, son entraîneur à Troyes le présente comme ... "un virtuose du ballon et je l'ai vu de suite, son registre est très varié. Je peux l'utiliser sur tout le front de l'attaque et même au milieu de terrain, j'ai besoin de lui..." Rafik Saïfi déclarera, "la reconnaissance vient de mon club (Troyes) et pas de mon pays, cela m'a fait mal de savoir que Abdel Djadaoui me considère comme un gamin et n'a aucun respect pour moi". Notre reporter l'a rencontré au terme de son premier match du retour de la trêve hivernale. Entretien.
Africafoot.com: Saïfi, après une période de rétablissement due à une grave blessure, est-ce le grand retour dans les stades ?
Rafik Saïfi : Je peux dire oui ! Juste avant la trêve, je me suis senti bien et en forme. Le staff technique de Troyes et moi avons eu une franche discussion afin de mettre les choses au clair. Est-ce que je me sentais capable de remonter d'un cran dans le jeu? Est-ce que je peux bénéficier de la confiance à la fois de mes partenaires de jeu et de l'entraîneur? Nous avons parlé de tout cela. Maintenant je suis d'aplomb pour retrouver une nouvelle base d'action sur le terrain.
Africafoot.com : Cette après-midi, on vous a vu de nouveau à l'œuvre. Etiez-vous franchement à l'aise, si vous devriez porter un regard sur vous-même?
R.Saïfi : C'est vrai que cela fait un moment que je n'ai pas joué, pour moi ce n'est pas encore le grand retour. J'ai passé un début de saison difficile. Les six premiers mois, je ne les ai pas bien géré… Je revois mes problèmes avec l'équipe nationale d'Algérie, ma blessure, le ramadan qui survient alors que je suis physiquement affaiblie, cela n'a pas été facile. J'ai manqué beaucoup de choses. Mais il faut oublier tout et rebondir. Parce qu'à mon avis, il faut savoir se prendre en main, savoir gérer sa carrière. Maintenant, est-ce le grand retour? Je me donne encore quelques jours, et j'espère que le moteur repartira d'appoint. Que cette année, me permette de retrouver ma forme, mon meilleur niveau qui est celui de la saison précédente. Je le sais, je me dois encore de travailler, de travailler vraiment.
Africafoot.com: Et là votre départ annoncée pour le Portugal n'est plus d'actualité ?
R.Saïfi : Non, mais je ne sais pas concrètement ce qui se passe avec mon manager, même si je me sens bien ici. Partir là-bas pour gagner beaucoup plus d'argent qu'ici et ne pas jouer? A vrai dire je ne sais pas. Devenir sociétaire d'une équipe qui n'est pas en première ligne du championnat comme Benfica de Lisbonne ou FC Porto, à quoi cela servira? Non, je suis bien ici, entouré de dirigeants compréhensifs et humains, et un entraîneur(Alain Perrin) qui est presque un confident pour moi. Je n'oublie pas le charmant public de Troyes qui est là pour les bons comme pour les mauvais jours. Ça, c'est difficile à trouver dans une carrière de joueur professionnel. Soit je pars pour un grand club, soit je reste ici.
Africafoot.com: Avec l'Algérie, vous n'avez pas été appelé pour le match du 14 janvier, pourquoi à votre avis?
R.Saïfi : Ça , je peux le comprendre, étant donné que je suis en froid avec l'entraîneur national, à cause d'un problème qui ne date pas d'aujourd'hui. Bon, il continue à ne pas me faire confiance et veut m'oublier, cela reste son problème. Quant à moi, je regarde ailleurs l'avenir de ma carrière. Je l'ai dit, je l'ai fait publiquement savoir sur une chaîne de télévision en Algérie: dans un climat tel que celui-là, je ne viendrai pas, même si l'on faisait appel à moi. Pour l'instant je travaille au sein de mon club. Quand je me suis blessé, personne au sein du staff technique national n'a pensé à moi, tout le monde m'a tourné le dos, j'ai été oublié. Je pensais que l'équipe nationale était une famille qui se serre les coudes quand c'est difficile pour l'un ou l'autre de ses membres, je me suis trompé. Il m'est difficile aujourd'hui de m'imaginer serein avec des gens comme ceux-là. Je n'en veux pas à l'équipe nationale en elle-même. C'est une catégorie de personnes qui malheureusement ont le mot décisif au sein de cette équipe, qui font problème. Pour le reste, ce sont les joueurs, mes coéquipiers avec lesquels je m'entends parfaitement! Je crois d'ailleurs qu'ils comprennent ma position, ils peuvent être dans le même cas demain, s'il n'y sont pas déjà, pour certains d'entre eux. Alors que j'étais simplement blessé, certains dirigeants ont propagé l'information selon laquelle, je suis sans club, donc un joueur à oublier pour la sélection nationale. Ce n'est pas honnête, et ça je ne peux pas l'oublier de si tôt! Parce qu'il s'agit de mon image. Du prestige que j'ai eu de jouer chez moi, finir en beauté champion de mon pays, pour venir échouer en Europe sans club? J'aurais encore, je le dis mille fois rentrer là-bas si c'était le cas. Beaucoup de personne se sont demandées comment il se faisait que l'un des meilleurs joueurs du pays puisse choisir de partir rien que pour le plaisir en "chômant". Je leur redis qu'il s'agissait de la médisance, j'étais simplement blessé. Que tout est rentré dans l'ordre et que progressivement, je vais retrouver mes marques, et faire du beau spectacle sur les stades. C'est pour cela que dans l'immédiat ce qui compte pour moi, c'est de retrouver mes sensations, ma forme, le beau geste et pouvoir ensuite parler tête haute. Rendre la monnaie à ces gens-là.
Africafoot.com : L'entraîneur national ne vous a jamais appelé entre-temps, bien avant la dernière sélection des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations 2002?
R.Saïfi : Non, en dehors d'ailleurs de ce match officiel, ça faisait trois ou quatre matches amicaux auxquels je n'ai pas été convié. Qu'il ne m'appelle pas, c'est d'ailleurs mieux ainsi, parce que je ne viendrai pas. Tant que Abdel Djadaoui sera sélectionneur national d'Algérie, je ne viendrai pas. Pour l'instant je travaille, et dans six mois, on verra.
Propos recueillis à Troyes par Jacques Roux

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