Anjorin Moucharaf (Premier vice-Président de la Fédération Béninoise de Football, et Président du GARF – AFRIQUE) : «L’équipe du Bénin sera ce que les Béninois voudront qu’elle soit»

Par Bob Chakouri Assani à Cotonou

La 24ème coupe d’Afrique des Nations de Football, édition de 2004, qui débutera le 24 janvier prochain en Tunisie, enregistrera pour la première fois la participation du Bénin. Au jour J-10, nous avons rencontré pour vous le premier vice-président de la FBF, Anjorin Moucharaf, qui se trouve être en même temps le président du groupe d’action pour le Renouveau du Football en Afrique (GARF). Avec lui, nous avons abordé plusieurs sujets relatifs au développement du football africain, l’élection au poste de présidence à la CAF qui aura lieu le 22 janvier prochain, la forme de l’équipe nationale du Bénin, les Ecureuils avant le coup d’envoi de cette CAN, et d’autres sujets…
Africafoot.com : Monsieur le premier vice-président de la FBF, vous êtes le responsable chargé de l’équipe nationale ; la Can débutera dans 10 jours exactement. Avec la forme actuelle du Onze National, pouvez-vous nous dire que le Bénin est prêt pour affronter toute l’Afrique ?
Anjorin Moucharaf: Merci de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer sur vos colonnes. D’abord, je voudrais sacrifier à la tradition. Mon message, c’est de souhaiter une bonne et heureuse année à tous ceux qui ont des idées sportives pour l’équipe du Bénin, à tous ceux qui ont aidé le Bénin à arriver là où il en est aujourd’hui et à ceux qui se sont donnés pour que notre pays entre de plain-pied dans le concert des grandes nations du football africain. Merci au général Mathieu Kérékou. Merci pour avoir permis, aux côtés de son ministre des sports, Valentin Aditi HOUDE, de faire rêver le Bénin. A tous ceux-là, nous disons merci et que l’année 2004 soit plus riche et plus souriante pour l’équipe nationale du Bénin. Maintenant, quant à l’aspect technique de l’équipe, je crois que vous savez très bien que nous venons de très loin et quand on est à une pareille fête, c’est un peu comme un jeune enfant qui a réussi à sortir de ses études primaires et qui doit partir maintenant au lycée. Vous savez, le monde primaire et le monde secondaire, ce sont deux mondes inconnus. Aujourd’hui, la CAN est inconnue pour le Bénin et c’est ce qui a fait que, par rapport au groupe dans lequel nous nous trouvons, nous avons travaillé, travaillé dur et qu’aujourd’hui nous avons une équipe du Bénin qui doit pouvoir représenter le pays en Tunisie et porter haut le flambeau du Bénin. Tout d’abord, nous sommes allés à Saint Etienne avec pour objectif de faciliter la cohésion de l’équipe et de permettre à tous les Béninois de l’extérieur de pouvoir apporter leur pierre à l’édifice du renouveau du football béninois que nous sommes en train de bâtir au côté du gouvernement du Général Mathieu Kérékou, et je puis vous dire que nous ne sommes pas allés à Saint Etienne inutilement. Vous, les journalistes, vous étiez au stade depuis quatre jours. La vérité ne trompe pas aujourd’hui, vous pouvez dire que vous avez des chevaux qui peuvent aller se battre pour le compte du Bénin, c’est ce qui exprime toute l’affluence que vous voyez au stade, à l’entraînement, où les gens sont obligés de payer 500 Frs CFA. Ils prennent d’assaut le stade afin de pouvoir voir s’entraîner l’équipe nationale (du Bénin). Cela signifie que la mission a très bien réussi. Aujourd’hui, nous apportons les dernières touches, et l’encadrement technique est , je crois, à pied d’œuvre, pour que nous puissions, comme nous l’a demandé le chef de l’Etat, ne pas aller en Tunisie en touristes, mais en conquérants pour donner une image positive du Bénin.
Africafoot.com : En tant que vice-président de la FBF et chargé de l’équipe nationale, vous êtes réellement confiant. Que pouvez-vous promettre au peuple béninois ?
Anjorin Moucharaf : Je l’ai toujours dit, l’équipe du Bénin sera ce que les Béninois voudront qu’elle soit. Nous ne sommes qu’un courrier de transmission et nous travaillons. Moi, je crois que si nous sommes unis comme au match Bénin - Zambie du 6 juillet 2003, nous ferons des miracles. Dieu est tout, Dieu fait tout, Dieu aide les gens qui travaillent, et le Bénin a commencé à travailler depuis deux ans. Il n’a jamais existé de nation du football qui ait fait de mise au vert autant que le Bénin durant ces deux dernières années. Nous sommes pratiquement tout le temps en mise au vert et vous le savez. Aujourd’hui, nous pouvons être fiers d’avoir des joueurs locaux qui, à défaut d’évoluer en Europe, surprendront en Tunisie. Ce sont les conséquences du travail, c’est également l’effet du soutien des supporters et surtout de vous, les journalistes, car il est vrai que cela n’a pas été facile avec vous. Vous jouez votre rôle, nous vous le concédons. Mais nous croyons que c’est cet amalgame qui a fait qu’aujourd’hui, nous en sommes là et nous devons toujours continuer à travailler, travailler d’arrache-pied, afin que, au soir du 27 janvier, le Bénin puisse montrer un football plaisant, puisque nous serons entrés dans la réalité du football des grandes nations.
Africafoot.com : Quel est votre souhait pour cette première CAN pour le Bénin ?
Anjorin Moucharaf : L’objectif du comité exécutif est défini comme suit : d’abord nous irons à la CAN pour apprendre; nous nous comporterons bien; nous irons à la CAN pour permettre au football béninois de rayonner. Nous voulons mettre à profit la CAN 2004 pour préparer la CAN junior qui aura lieu en janvier 2005 au Bénin. Ceci, avec pour objectif de gagner pour la première fois ce trophée de la CAN junior 2005 à Cotonou. A défaut de remporter le trophée, nous nous battrons pour qualifier le Bénin à la Coupe du Monde Junior. Je crois que l’objectif aura été atteint, c’est pour ça qu’aujourd’hui, vous le voyez, au sein de l’équipe du Bénin, au moins une dizaine de joueurs évoluant à Cotonou et une dizaine de joueurs tous confondus ont moins de 18 ans; c’est la composition de l’équipe de la CAN junior. La moyenne d’âge avoisinera 18 ans; cela veut dire que l’année prochaine, ils seront mûrs, mûrs… et seront des chevaux des soldats ou des guerriers qu’on pourra envoyer sur un champ de bataille. Comme les matches auront lieu à Cotonou, avec l’espoir de ce peuple qui veut tout, je ne crois pas que la coupe soit déjà gagnée ici, mais les joueurs tiendront compte concrètement des réalités des compétitions de haut niveau. Ils ne seront plus complexés, ils ne seront plus stressés ; ils auront l’habitude des grands joueurs, à l’instar de Kanu NWANKO de Taribo West, Genoryes Frovidi et d’autres. Aujourd’hui, je suis très heureux que nous soyons dans ce groupe D, dit «de la mort». Vous savez, pour être un grand homme, il faut s’attaquer aux grands hommes ; autrement dit, pour être une grande nation de football, nous devons défier les grandes nations de football. Le Bénin n’a rien à perdre. Nous partons en outsider. C’est plutôt sur le Nigeria sur le Maroc et sur l’Afrique du Sud que pèse un poids. Nous, nous n’avons rien à perdre, au contraire, nous avons tout à gagner. Durant ce combat, nous gagnerons des points, parce que nous produirons des matches honorables. Je tiens beaucoup compte de l’unité nationale, si vous êtes unis, tout fonctionne très bien. Dieu n’aime pas les divisions, Dieu est là où est l’union ; Dieu soutient les gens unis, Dieu soutient les gens qui s’aiment et je crois que Dieu a choisi le 3ème millénaire comme le millénaire du Bénin dans la sous-région. Il faudrait que nous en prenions conscience, que nous en profitions, afin de l’utiliser au maximum. Nous devons laisser les querelles intrinsèques, car l’enjeu est plus grand. Nul n’est parfait. Moi, je ne suis pas parfait j’ai des défauts comme tous les hommes, vous, vous avez des défauts et des qualités comme tout journaliste. Ce que je veux et que je souhaite, c’est que nous prenions en chacun de nous ce que nous avons de positif pour construire le Bénin d’aujourd’hui et le Bénin du futur, et je vous assure, nous sortirons grandis de ces compétitions si Dieu le veut bien. INCH’ALLAH !
Africafoot.com : La 24ème CAN de Tunis sera aussi marquée par l’élection au poste de présidence de la CAF. Le Camerounais Issa HAYATOU est candidat à sa propre succession. Au Bénin, on a vu un groupe d’action pour le Renouveau du football soutenir la candidature du Camerounais. Quelles en sont les raisons ?
Anjorin Moucharaf : Vous savez, l’Afrique est en plein mutation. L’évolution s’installe dans le football africain. Le groupe d’action pour le renouveau du football en Afrique existe maintenant dans presque tous les pays africains. Pour preuve, il y a le GARF au Bénin, dirigé par Bruno DIDAVI, qui a pour objectif de promouvoir le football au Bénin. Aujourd’hui, les gens ont confiance en nous et ont confié la présidence du GARF-Afrique au Bénin avec les gens que vous voyez. C’est vous dire que notre pays est en train de changer. Pour nous, le GARF n’a pas été créé pour soutenir Issa Hayatou. Le GARF a été fondé pour faire la promotion du football africain. Aujourd’hui, nous avons constaté qu’on ne peut pas parler du football africain sans le président Hayatou, pour qui nous avons beaucoup de respect. Voilà un Monsieur qui s’est battu, qui en moins de dix ans, a remis l’Afrique en confiance. Aujourd’hui, la CAF a son propre siège, digne de son nom. Il y a aussi une révolution au niveau des structures qui gèrent le football en Afrique... Hayatou a entamé une œuvre et nous devons l’aider à la parachever, surtout qu’il travaille dans la transparence et avec une efficacité hors pair. Je ne suis pas Camerounais, mais je dois avouer c’est un grand homme. Nous devons profiter de la disponibilité actuelle du Président Issa Hayatou, pour mettre en règle les choses nécessaires en Afrique. Comme tout être humain, Issa Hayatou est mortel. Nous devons l’encourager, le soutenir, pour qu’il ne laisse pas le football africain à la merci des aventuriers, à la merci des gens sans conviction, à la merci des gens qui acceptent de faire utiliser par d’autres, les structures du football en Afrique. Le choix du GARF est le même que celui que nous vous avions déjà communiqué concernant la position du Bénin au sujet des élections, qui auront lieu le 22 janvier prochain en Tunis.
Correspondance de BOB CHAKOURI ASSANI à Cotonou 

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14/01/04