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ECOLES DE FOOTBALL ET BUSINESS
S'il est un phénomène en vogue aujourd'hui dans le football africain, c'est bel et bien, la prolifération des écoles de football. Ces écoles qui ont promptement poussé de terre un peu partout sur le continent, à la faveur de l'embellie dans laquelle baigne le ballon rond, et du prestige social dont il est tributaire auprès des jeunes. Mais les contours de ce nouveau type d'écoles ne sont pas toujours perceptibles. Comment expliquer le boom subit des écoles de football en Afrique? Quelle est la qualité des enseignements qui y sont dispensés? A qui profitent ces écoles? Que gagnent leurs promoteurs? Que deviennent les joueurs issus de ces espaces de formation? Autant d'interrogations qui méritent que l'on ausculte minutieusement ce phénomène qui ne semble pas être un simple phénomène de mode. Dossier .
Africafoot.com, Ouagadougou, Correspondance
Le parcours des joueurs africains à travers le monde, a permis de focaliser certains regards européens sur le football africain. Jusqu'au début des années 80, seuls quelques rares joueurs africains évoluaient dans la cour des grands. L'Ivoirien Pokou Laurent (Rennes), le Malien Salif Kéïta (Marseille, Saint-Etienne) furent les pionniers et porte- flambeaux d'une talentueuse génération naissante. La décennie 80-90 va voir éclore au plus haut sommet, Thomas NKono, Bell Antoine, Roger Milla, Aziz Bouderballa, Boubacar Saar et bien d'autres. Les bonnes prestations des mondialistes africains que sont le Maroc à Mexico 86, le Cameroun à Italia 90 et le Nigeria à USA 94, auront alors achevé de convaincre les sceptiques sur la bonne lancée du football africain.
On sait désormais qu'il faudra compter avec ce football, venu des pays pauvres. L'intérêt porté au football africain d'aujourd'hui est la résultante des résultats satisfaisants des équipes nationales sur le plan international. Aussi, voudrait-on désormais dans chaque pays, rivaliser avec les grands du monde. On prépare les générations futures. La solution pour beaucoup va dès lors résider dans les écoles de football, qui en plus de la relève qu'elles assurent, peuvent procurer des gains considérables. Dès la fin des années 80, on voit naître partout en Afrique, noire surtout, des écoles de football. Elles sont le fait de dirigeants sportifs mus par des considérations sportives et financières, d'anciens joueurs voulant transférer leur expérience aux cadets (Salif Kéïta, Abedi Pelé par exemple), de mécènes du sport, Philippe Ezri et Noufou Ouédraogo au Burkina Faso, Gilbert Kadji au Cameroun) ou encore des entraîneurs (Yéo Martial et Mangué Cissé en Côte d'Ivoire).
En Côte d'Ivoire justement, on dénombrait en 1999, près de 75 centres de football. L'Académie MIMOSIFCOM de l'ASEC d'Abidjan passe pour être la première et de loin la meilleure. Près d'un millier de gamins y ont passé un test sélectif en vue de la première promotion(1994). Le succès et la célébrité de l'académie stimula bien d'autres clubs tels l'Africa Sport et le Stade d'Abidjan, qui ouvrirent également leurs écoles. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire, presque chaque grande ville possède une école… ou un embryon d'école, quand les moyens matériels adéquats font défaut.
Au Mali, le Centre Salif Kéïta, porté sur les font baptismaux en 1994, va être un détonateur. Salif Kéïta, aujourd'hui homme d'affaires (PDG de l'Hôtel Mandé) recrute en 1994, près de 300 enfants venant de tout le Mali. A cette heure, son écurie tutoie les grosses cylindrées de la Première Division locale. Mieux, le C.S.K fournit l'ossature de la sélection nationale junior. Le Mali compte grandement sur la dizaine de pensionnaires du C.S.K, aujourd'hui en Europe.
Au Burkina Faso, Planète-Champions, situé à l'est de Ouagadougou est ce qui se fait de mieux. Née du partenariat entre Philipppe Ezri, opérateur économique et le Paris Saint Germain (PSG), grâce à l'entregent de Claude Le Roy, Gérard Dreyfus et Michel Denisot, Planète Champion a fourni à l'équipe nationale cadette du Burkina Faso les 2/3 des joueurs. Le Burkina fut vice champion d'Afrique à la Coupe d'Afrique des Nations des cadets à Conakry en 1999, et participa au Mondial des Cadets, en novembre 1999 en Nouvelle Zélande. Six anciens de Planète-Champions sont depuis l'an dernier, en complément de technicité dans des centres de formations européens.
Au Cameroun, depuis 1989, l'école de football des Brasseries du Cameroun (FFBC) révèle des talents. Une dizaine de joueurs de l'actuelle équipe nationale y sont issus. Mais le Kadji Sport Academy semble la mieux lotie au niveau des infrastructures et des perspectives de placement des joueurs.
Appartenant au richissime Gilbert Kadji, par ailleurs patron du Rouen FC (France) et du FC Sion (Suisse), Kadji Sport Academy est la référence en Afrique Centrale. Mais n'oublions pas le cas du Ghana,Abedi Pelé crée en 1999, son école de football, dans un pays où tout espace vide devient une aire de jeu.
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