Développement des infrastructures sportives au Cameroun: les Chinois signent les documents contractuels

Le premier des deux volets du Programme National de Développement des Infrastructures au Cameroun sera bientôt lancé à Yaoundé. L’opération est favorisée par la signature, le 7 mai 2008, des documents contractuels entre le Cameroun et ses partenaires chinois. La cérémonie, qui a mobilisé l’ensemble du gouvernement, était présidée par le Premier ministre, Chief Inoni Ephraïm.

Ce 7 mai 2008 fut une journée marathon. Tout a commencé au Hilton hôtel, par la grande cérémonie de signature des documents contractuels du Programme National de Développement des Infrastructures au Cameroun (PNDIS). La manifestation, qui a eu lieu dans une salle exigüe, a mobilisé l’ensemble des membres du gouvernement et de nombreux invités, qui ont dû supporter la station debout durant tout l’événement. Avant la signature proprement dite, l’assistance a eu droit à la présentation sur diapositives de ce vaste projet dit des Grandes Ambitions du président de la République. Le chef du Gouvernement, Chief Inoni Ephraïm, qui présidait personnellement les travaux, s’est prononcé pour expliquer le bien-fondé de l’initiative. Il a, par ailleurs, demandé à la partie chinoise d’intégrer les techniciens et ingénieurs camerounais dans le projet, de manière à favoriser le transfert des technologies aux nôtres. Ces travaux vont aussi permettre de créer des emplois au niveau de la main d’œuvre camerounaise. Les documents, qui autorisent désormais aux partenaires chinois de financer la première étape du projet, ont été cotés et paraphés par le ministre Louis Paul Motazé de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, et côté Chinois, par le Représentant de l’entreprise China Machinery National Equipment Import and Export Corporation (CMEC). Après cette première partie solennelle à l’hôtel Hilton de Yaoundé, la journée s’est poursuivie au ministère des Sports et de l’Education Physique, où le ministre Thierry Augustin Edjoa a donné un point de presse, en présence des ministres Laurent Serge Etoundi Ngoa des Petites et Moyennes Entreprises, Jean Pierre Biyiti Bi Essam de la Communication et Roger Melingui, ancien ministre et président du cabinet Socia, qui est chargé de la facilitation dans la recherche des partenaires. Le premier volet de ce vaste programme se chiffre à 427.643.526 euros, soit 272 milliards 450 millions de francs CFA.

Les raisons d’une révolution infrastructurelle

Au cours du point de presse qu’il a donné peu après la signature de la convention de déblocage des fonds, le Minsep, Thierry Augustin Edjoa, a à nouveau présenté ce projet d’envergure qui sortira définitivement le pays de Paul Biya d’une piteuse misère en infrastructures et de la honte sur ce plan, par rapport à ses voisins. Mais ledit projet permettra aussi et surtout au Cameroun de se mettre au niveau de ses prouesses sur l’échiquier mondial. Il est question dans cette entreprise, qui s’étend sur dix ans environ, de doter les dix provinces du Cameroun d’infrastructures viables et plus tard, le gouvernement mettra le cap sur les départements et les arrondissements, pour réduire le déficit infrastructurel. Le ministre des Sports a précisé les quatre objectifs poursuivis dans ce vaste chantier : doter tous les chefs-lieux de provinces et villes du Cameroun d’infrastructures sportives adaptées à la pratique du sport en général et du sport d’élite en particulier; permettre au Cameroun d’accueillir à court terme des événements sportifs de haut niveau; mettre à la disposition du gouvernement et des partenaires au développement, un document rassemblant les besoins de notre pays en infrastructures sportives; pallier surtout le déficit en infrastructures sportives. L’opération en cours est entreprise à partir d’un constat simple signalé depuis des années par la presse camerounaise, les stades omnisports Ahmadou Ahidjo à Yaoundé et de la Réunification à Douala ont vieilli, le stade omnisports de Roumdé Adjia de Garoua, bien que vieillissant aussi, qui existe depuis 1980, n’a pas vu ses travaux s’achever. Le stade omnisports de Bafoussam reste inachevé et plongé dans les buissons et dans toutes les provinces, les joueurs sont obligés de se rouler dans la boue et la poussière, selon les saisons, des stades municipaux honteux.

Le coût des premiers travaux et leur déroulement

Il faut d’abord rappeler que le PNDIS du gouvernement comprend deux volets. Le premier, qui va déroulera en trois phases et dont le coût s’élève à 427.643.526 euros, soit 272 milliards 450 millions de nos francs, présente dans sa première phase la construction à Yaoundé-Olembé d’un stade couvert de 60.000 places, d’un stade d’entraînements de football et d’athlétisme. C’est ce stade d’Olembé qu’on se propose déjà d’appeler Stade Paul Biya Aréna. A Douala la capitale économique, on construira un stade de 30.000 places et une piscine olympique. Enfin, Bafoussam et Limbé verront la construction des stades de 20.000 places et d’un Palais des Sports chacun. Le coût total de cette phase se monte à 167.860.124 euros, soit 110 milliards de francs CFA.  La deuxième phase concerne la construction à Yaoundé-Olembé d’une piscine olympique de 3000 places assises, du nouveau campus de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) et d’un hôtel trois étoiles. A Garoua, au Nord, durant la même période, on construira un stade de 20.000 places, un Palais des Sports de 2000 places et une piste de courses des chevaux pour une valeur de 142.380.040 euros, soit 94 milliards de francs CFA environ.  La troisième et dernière phase du premier volet concerne la construction des stades dans les villes de Bertoua à l’Est, Ebolowa dans le Sud et Bamenda dans le Nord-Ouest. Ensuite, les villes de N’Gaoundéré dans l’Adamaoua, Maroua dans l’Extrême-Nord et Kumba dans le Sud-Ouest, auront chacune un stade de 15 000 à 20.000 places et un Palais des Sports de 2000 places. Enfin les villes de Buea, la capitale provinciale du Sud-Ouest et Sangmélima dans le Sud, bénéficieront d’un Palais des Sports de 2000 places. Cette phase engloutira la bagatelle de 117.403.362 euros, soit 77,02 milliards de nos francs. La signature des documents contractuels ayant eu lieu le 7 mai, les travaux du premier volet débuteront dans les prochains jours. Le ministre des Sports, qui a été interrogé sur la question, a précisé que les dédommagements des populations riveraines du côté d’Olembé, où des grincements de dents se font déjà sentir, vont être effectués dans les meilleurs délais. D’ailleurs, une somme de 2 milliards de francs CFA a été débloquée par le gouvernement de la République pour les indemnisations et la viabilisation du site d’Olembé.

La finalisation du projet dans les villages

Il s’agit du deuxième volet du PNDIS, qui surprend tous les Camerounais qui savent que les gouvernants n’ont jamais eu de soucis en matière infrastructurelle. Certains ont même tôt fait de conclure qu’il n’existe aucune politique sportive au Cameroun. Ce volet concerne le développement dans l’arrière-pays. On construira dans tous les arrondissements des plates-formes sportives. Elles comprendront un terrain de basket-ball, de volley-ball, de handball et éventuellement un court de tennis moderne ou une salle de sports de combat. Pour y arriver, le ministère des Sports a saisi toutes les mairies du pays depuis 2007, pour la mise à disposition d’espaces sécurisés et viabilisés d’au moins 2000 mètres carrés. Pour le moment, près d’une dizaine de mairies ont répondu favorablement au ministre des Sports, qui voudrait disposer d’un parc domanial conséquent pour la réalisation de ses projets de proximité. Ce volet intègre aussi la mise en place des aires de détente et de   «Sports pour tous» prévus dans le schéma directeur d’aménagement urbain en cours d’élaboration au ministère du Développement Urbain et de l’Habitat. La première phase, qui court jusqu’en 2010, permettra au Cameroun de sortir de son long sommeil, après l’organisation de son unique CAN en 1972, 8ème Coupe d’ailleurs perdue en demi finale. Le pays de Paul Barthélemy Biya Bi Mvondo entend déjà organiser la 2ème édition de la CAN des amateurs en 2011 et a aussi des visées pour les jeux africains et la CAN de 2016. Autant de grandes ambitions qui justifient la course contre la montre engagée depuis quelques temps sur les infrastructures sportives. D’ici le début des travaux, le Minsep, Thierry Augustin Edjoa, s’est rendu après la convention à Montréal au Canada pour une réunion sur les problèmes de dopage.

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11/05/08