L’Elite Two toujours au stade des balbutiements au Cameroun

La super D2 inventée cette saison par la fédération camerounaise de football pour combler le vide laissé par la mise à l’écart forcée des inters poules, reste dans l’esprit de ses organisateurs un objectif flou. Rien n’est précis sur la montée des équipes en D1 et leur descente en D2 nationale.
Dimanche le 7 avril dernier, plusieurs rencontres de cette super deuxième division, encore appelée l’élite two, se sont disputées comme d’habitude dans leurs zones respectives, dans le cadre du début de la phase retour. Il s’agissait de la 8ème journée, une journée bien serrée pour les clubs de la zone Centre, Sud et Est, au regard du classement des uns et des autres. Les trois équipes de tête n’avaient pas droit à l’erreur, pour espérer plus tard une éventuelle place au soleil de la D1. Suivant le classement à l’issue de la 7ème journée qui marquait la trêve, Achille FC et Panthère de Banganté totalisaient 14 points chacun, alors que leur poursuivant immédiat, Renaissance FC de Ngoumou, avait 13 points. Au cours de cette 8ème étape, Renaissance FC et Panthère, qui s’affrontaient au stade militaire de Yaoundé, se sont neutralisés, 1 – 1, Achille FC, qui était en déplacement à Batouri contre Kadéï FC local, n’a pas fait mieux, neutralité parfaite également entre les deux, 0 – 0. C’est Noblesse du Ndé, qui totalisait 12 points au marquoir, qui a rejoint le peloton de tête à 15 points, après sa victoire du jour. Désormais la bataille sera serrée pour la course finale, Achille, Panthère et Noblesse ont 15 points chacun, alors que Renaissance, qui a présenté des signes d’essoufflement, sans doute à cause du mauvais management de ses dirigeants, campe à la 4ème place avec 14 points.

Qui passera donc pour l’accession à l’élite one ? Cette question dérange déjà à la fédération camerounaise de football, tantôt il est dit que le premier de chaque zone passe directement en D1, puisqu’il y a trois zones (le grand Nord, le Littoral, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, et enfin le Centre, Sud et l’Est), on aura trois qualifiés pour la D1. Mais le Secrétaire général de la ligue provinciale du Centre, le sieur Ambane Emmanuel, nous a révélé qu’on est pas encore sûr du principe des quotas d’entrée en D1 et de descente en D2 nationale, ce qui suppose aussi que l’entrée à l’élite two causera d’autres problèmes imprévus à Tsinga. Le SG Ambane relève que les montées et les descentes dépendront du nombre de clubs alignés par certaines zones. Si le Centre, qui a trois clubs, perd deux ou trois clubs, cela remettrait en question la procédure à suivre, ainsi devra-t-on s’attendre à d’autres manipulations et tripatouillages, qui ont toujours su caractériser la Fécafoot en pareille circonstance. La vérité est encore cachée pour le moment. En demandant au SG de la ligue du Centre si la nouvelle formule pourrait être annulée au profit de l’ancienne, au cas où elle ne fonctionnerait pas, il nous a déclaré qu’il n’est pas en mesure de répondre à cette question. Et avec raison, puisque les grandes décisions relèvent des prérogatives du président Iya Mohammed et compagnie, l’association sait provoquer des réformes et sait aussi faire marche arrière lorsque leurs innovations ne fonctionnent pas bien. Les exemples de ce tango ne manquent pas à la fédération.

Démission et navigation à vue de la fédération

La D2, qui a toujours été sous le contrôle de la ligue du Centre, a été scindée en deux, la super D2 ou "Elite two" dépend maintenant de la fédération mère qui gère aussi l’Elite one, alors que la D2 nationale, le football des jeunes et le football féminin restent l’apanage de la ligue à problèmes du Centre. Mais malgré la prise en main de la super D2, la Fécafoot ne donne pas tous les détails de sa nouvelle trouvaille, les classements de celle-ci ne sont connus que de manière épisodique, toute l’attention étant toujours portée sur la première division rebaptisée. Toute la bonne gestion de la fédération camerounaise de football se résume chaque année à la distribution des équipements et de quelques modiques subventions allouées aux clubs et ligues provinciales. Parfois aussi avec l’organisation de quelques séminaires et stages de formation bien coûteux. Les sommes allouées par la FIFA sont dilapidées et prennent des directions occultes, le football des jeunes et le football féminin, qui reçoivent chaque année près de 60 millions de francs CFA chacun, sont marginalisés, la D2, D3 et D4 sont abandonnées à elles-mêmes.

Un cas flagrant de la démission des dirigeants de l’organe dit technique du football camerounais, c’est l’arbitrage. Les arbitres pris en compte ne sont que ceux de la D1, encore qu’il a fallu beaucoup de bruit pour que leur statut soit revu et corrigé là où il se trouve, les autres sont des laissés pour compte. Les arbitres des divisions inférieures, du football des jeunes et du football féminin reçoivent par moment des indemnités de l’ordre de 500 francs CFA, 1500 à 2000, voire 2500 après une rencontre. Quand il n’y a rien, ils sont obligés d’aller à pied au stade, ils officient très souvent sans 4ème arbitre, sans commissaire de match, parfois sans assistants, pire encore, il y a des moments où le directeur de la rencontre est piqué au hasard parmi les passants du corps. Aucune programmation, aucun souci, d’où la vulnérabilité de ces hommes en noir régulièrement à la solde des présidents de clubs et de toutes espèces de fautes inimaginables au Cameroun. On a vu des arbitres voler les sacs de leurs collègues au cours des rencontres, on en a attrapé d’autres avec des billets de banque dans leurs chaussettes. Tout ce que le bureau fédéral sait faire, c’est de les sanctionner sans couper le mal à la racine. La Fécafoot, c’est juste pouvoir gérer les retombées des sponsors et de l’équipementier, c’est l’encaissement des frais liés à l’organisation des matches amicaux et la grande ambition de gérer les équipes nationales du pays, la base du football étant malheureusement pourrie. Ce ne sont que quelques cas isolés des abominations qui ont libre cours à la fédération de football du Cameroun, des grabuges que semblent cautionner la Fédération Internationale de Football Association, qui protège ces associations gérées à la petite semaine.


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12/04/08