Eto’o Fils insulte la presse camerounaise et agresse un journaliste

A l’occasion de la conférence de presse des Lions Indomptables d’avant match qui devait avoir lieu au Hilton hôtel de Yaoundé, Samuel Eo’o Fils a donné un coup de tête à un journaliste après avoir copieusement insulté l’ensemble des journalistes qui avaient décidé de ne pas poser de questions aux joueurs. Chronique d’une campagne africaine qui débute par un coup de tête d’un joueur en fin de carrière!?
Vendredi 30 mai 2008

La scène se passe au Hilton Hôtel de Yaoundé, à l’occasion de la conférence de presse de routine qui précède souvent chaque rencontre internationale des Lions Indomptables du Cameroun. Alors que le face à face entre la presse et quelques joueurs accompagnés de leurs encadreurs devaient commencer à 16 heures, c’est finalement 30 minutes plus tard que la rencontre sera annoncée, mais pas pour longtemps. A peine introduite, la conférence s’achèvera après une minute de mise au point, juste le temps pour le représentant des journalistes, Steve Djouguelas, de dire ce que la presse avait décidé. «Nous, journalistes camerounais, avons décidé, compte tenu de tout ce que nous avons vécu comme difficultés et mépris autour des Lions, de ne pas vous poser les questions aujourd’hui, nous vous souhaitons bonne chance pour la rencontre qui vous oppose au Cap Vert». C’est ce qui a mis le feu aux poudres dans la salle de conférence, la rencontre s’est immédiatement arrêtée et les journalistes, comme un seul homme, sont sortis de la pièce. En sortant de la salle, Samuel Eto’o Fils, comme s’il avait été le seul concerné, s’est mis à insulter les journalistes: «Bâtards, imbéciles, vauriens, misérables, fils de putes, ne revenez plus jamais ici. Vous, les gens de la Fecafoot, si je vois un seul journaliste au stade, je ne porterai plus jamais le maillot de l’équipe nationale». Voilà les injures qui ont provoqué le courroux des journalistes camerounais, qui en ont assez du cinéma projeté par certains joueurs dits cadres de l’équipe nationale.

Le coup de tête du "Pi-pipi" hors du stade.

Alors que la conférence de presse a été rapidement abrégée, après la mise au point du représentant de la presse, Samuel Eto’o Fils, qui braillait en quittant la salle, était poursuivi par les paparazzis, qui ne voulaient rien rater de ses propos malveillants. Les représentants des joueurs, certains encadreurs et les gros-bras du Lion du Barça se sont mis à casser et à confisquer le matériel de travail de la presse. C’est dans le feu de l’action que Samuel Eto’o s’est dirigé sur le journaliste sportif Philippe Boney, de radio Siantou, et lui a asséné un coup de tête qui n’avait rien à voir avec de celui de Zidane à Matterazzi, lors de la finale de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, comme certains le soulignaient. Le pauvre journaliste, qui a également été molesté par les sauvages compagnons d’Eto’o, souffre d’une profonde blessure aux lèvres et d’un bras cassé. Par ailleurs, la société STV s’est vue arracher une caméra, ainsi que New TV. Certains journalistes ont également perdu des téléphones portables qui ont été cassés par les gros-bras d’Eto’o. Le journaliste Philippe Boney, qui aurait eu des antécédents avec ce joueur au comportement d’une autre époque, dans le cadre de l’exercice de sa profession, n’a pas attendu pour que force revienne à la loi. Il a immédiatement établit un certificat médical et déposera une plainte en bonne et due forme pour que le Cameroun reste un Etat de droit et non d’animaux sauvages, de bâtards et de déréglés mentaux.

Les motifs de l’indignation de la presse

En 2005, au Mont Febe Hôtel de Yaoundé, au cours d’une même conférence de presse des Lions, le même Samuel Eto’o Fils avait copieusement insulté les journalistes, les traitants de pauvres types, parce que lui il est riche et va mourir riche. Après l’incident, la presse camerounaise avait mis un embargo autour de toutes les activités de ce joueur mal élevé et éclopé mental, mais ayant constaté que le silence des journalistes ne lui portait pas chance, le sociétaire du Barça avait décidé de solliciter la trêve à Abidjan, lors de la rencontre Côte d’Ivoire – Cameroun, des éliminatoires couplées CAN et Mondial 2006. Il avait dit, dans une figure de rhétorique qui restera historique, que dans une rencontre de football, si le ballon sort du stade, on le remet sur la pelouse et on recommence à jouer. Une manière pour lui de reconnaître que s’il y a eu une mésentente, il faut se remettre ensemble. Plus tard, il s’est rendu à Douala, sa ville d’enfance, et a organisé une conférence de réconciliation avec la presse, où il a dépensé quelques sous dilapidés par ses gourous et son entourage. On croyait que l’affaire était classée, mais on s’est rendu compte plus tard que l’ex Pitchichi, qui mérite d’être appelé le Pi-pipi du FC Barcelone, demandait des excuses de façade. Il n’avait rien oublié de ses mauvaises habitudes acquises dans les rues du quartier Nkongmondo à Douala, où il a grandi. Lors de la CAN 2008 au Ghana, Eto’o Fils et d’autres cadres, comme Gérémi Sorel Njitap et Idriss Carlos Kaméni, refusaient de répondre aux questions de la presse camerounaise, alors qu’on les voyait constamment avec les journalistes de la presse internationale. La presse est encore d’accord qu’ils accordent leurs interviews à qui ils veulent, mais de là à injurier les journalistes, il n’en est pas question.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a coulé au stade Ahmadou Ahidjo. Depuis le début du stage des Lions, nous avions remarqué que les joueurs camerounais étaient enfermés à l’hôtel Franco, qui avait été réquisitionné entièrement pour eux. Il y avait des chiens policiers, des hommes en tenue et des vigiles pour les protéger. C’est d’abord ces dispositions qui ont courroucé Samuel Eto’o, qui a l’habitude de défier la discipline du groupe, pour s’installer dans l’hôtel des Lions avec son fan club, ses amies et des inconnus, que d’aucuns considèrent comme ses marabouts. Les responsables de la sécurité lui ont dit vertement qu’il était impossible que des inconnus se retrouvent dans cet hôtel, ce qui l’a mis dans tous ses états. Il faut dire que déjà, au Ghana, lors de la 26ème CAN, ce même joueur dormait avec un certain «Pression», qui n’était ni joueur, ni encadreur, il recevait ses amies, ses connaissances à sa guise, alors que la discipline l’interdisait. Pourtant, les autres joueurs dormaient deux par deux. En 2005, au Mont Febe Hôtel de Yaoundé, Monsieur Et’o s’est permis, durant un match des éliminatoires couplées, de dormir dans un camping car à l’extérieur, alors que tous ses camarades étaient ensemble dans les chambres d’hôtel. Beaucoup d’autres actes sont reprochés à ce joueur qui se croit tout permis, grâce apparemment aux milliards qu’il détiendrait sur ses comptes bancaires.

Samedi 31 mai 2008, Cameroun – Cap Vert, le débat autour du coup de tête

Le jour du match, dans la matinée. La plupart des radios périphériques ont dirigé leurs débats sur les forfaits commis par Eto’o Fils depuis plusieurs années, exempts de sanctions. Tous les panélistes sont pointilleux et durs envers celui qu’on considérait encore comme un exemple pour la jeunesse avant ses bassesses. Certains en appellent à sa suspension de l’équipe nationale, d’autres évoquent sa radiation, en faisant allusion au cas du joueur Ayissi Esomba Raphaël, dont la radiation des Lions Indomptables a été lue au cours d’une édition du journal de 13 heures au poste national, vers les années 70 – 75. L’indignation des journalistes est davantage motivée par des propos malveillants du joueur du Barça qui disait, s’adressant aux dirigeants de la Fecafoot: «Si les journalistes entrent au stade pour ce match, je ne porterai plus jamais le maillot des Lions», comme pour faire du chantage à notre pays, comme si le seul joueur dont dispose le Cameroun s’appelait Eto’o Fils. D’ailleurs il y a quelques mois, sur les ondes d’une télévision française, le même joueur regrettait d’être Camerounais, pourtant il n’existe pas de magie pour changer de nationalité.

Durant les débats, on apprendra que la fédération camerounaise de football a décidé d’interdire la main courante à la presse, et de supprimer la zone mixte qui existe uniquement le jour des rencontres. Les journalistes, de leur côté, ont décidé de boycotter la rencontre, au cas où la chose s’avérerait vraie. Au journal de 13 heures au poste national, le ministre des Sports, Thierry Augustin Edjoa, le président du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun, le colonel Hamad Kalkaba Malboum, la fédération camerounaise de football, par des communiqués, sollicitent l’apaisement des esprits et des tensions, tous prônent la tolérance des uns et des autres. Mais jusque-là, le concerné par la brouille n’a encore rien dit officiellement, pas de demande d’excuses publiques, au contraire, ses multiples fans clubs approuvent son geste de sauvagerie, d’incivisme et de délinquant, en soutenant que ce sont les journalistes qui ont tort. Le lundi 2 juin 2008, le ministre des Sports, qui a déjà instruit une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé à l’Hôtel Hilton, a demandé une réunion de réconciliation entre les joueurs et la presse froissée, mais aux dernières nouvelles, certaines indiscrétions font état d’une fuite en avant des cadres de l’équipe. Ces mêmes anciens menaceraient aussi les plus jeunes, leur ordonnant de ne plus parler aux journalistes, sinon ils ne seraient plus jamais convoqués.

Au stade Ahmadou Ahidjo

Sur la route de la cuvette de Mfandena, à deux heures de la rencontre, les routes qui mènent au stade sont barrées aux taxis, mais les mototaxis font leurs affaires dans un désordre inexplicable. Sur l’avenue Marc-Vivien Foé, les conducteurs de ces engins roulent à tombeau ouvert. Mais à la fin, la mascarade se soldera par un grave accident entre un véhicule et une moto en chute libre. Le conducteur et son passager seront accompagnés à l’hôpital, la tension du match qui a commencé à monter la veille se poursuit. A l’intérieur de la cuvette, première remarque: la presse est bien présente à la main courante, tout ce qui a été annoncé n’était que provocation. A 15h30, le central togolais Djaoupé Kokou lance la rencontre, il est assisté de ses compatriotes Ayéna Nouwagnon, Djoukéré Biaki et Atsoo Kokou T, le commissaire Akosa Austin est Nigérian. Après 10 minutes de jeu, le Cameroun ouvre le score sur une talonnade du capitaine Rigobert Song, ce sera le score à la mi-temps. Dans l’ensemble, on a l’impression de regarder une séance d’entraînements entre les deux protagonistes, les Lions reçoivent une formation Cap Verdienne sans âme, affaiblie, inexpérimentée et complètement désorientée. Face à cette composition qui laisse percevoir sa peur, les Camerounais peineront eux-mêmes à prendre le dessus. Le jeu des Lions se résume à l’application des consignes du coach à l’entraînement, comme des apprentis d’un centre de formation: longues balles, combinaisons sans progression vers les buts adverses, passes sans précision, manque de finition et maladresse à l’entrée des 18 mètres. Pour inscrire le deuxième but, le bourreau des journalistes a profité d’un penalty très controversé, accordé par le central togolais. Le joueur du Barça, qui n’avait pas de solution devant un jeune défenseur cap-verdien, a dégagé le cuir sur la main de ce dernier, le central Djaoupé Kokou n’a pas eu le temps d’analyser la situation du ballon, qui va vers la main ou de la main qui va vers le ballon. Profitant de ce privilège, le donneur de coup de tête ira vite inscrire le deuxième but de la partie, il savait qu’en sortant du stade sans marquer un but, cela lui aurait coûté d’autres commentaires tendancieux et nerveux. Mais ce n’est que partie remise. Score final : Cameroun 2 – Cap Vert 0, pour cette première journée des éliminatoires couplées CAN et Mondial 2010.


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3/06/08