Les Lionnes du Cameroun ridiculisées par les Super Falcones, 0-3 à Yaoundé

Les Lionnes de moins de 20 ans ont été domptées au match retour des éliminatoires de la Coupe du Monde de leur catégorie prévue au Chili en novembre et décembre prochains. Nos filles, battues à l’aller à Abuja par un petit but à zéro, sont passées à la correctionnelle au retour, 3–0, le 19 avril à Yaoundé.

Les Camerounaises ont pourtant donné de l’espoir au public sportif, qui croyait à un retournement de situation au stade Ahmadou Ahidjo, après la courte défaite enregistrée à Abuja au Nigeria, 0–1, le 6 avril dernier, mais que de regrets et que de déchets dans le jeu des Lionnes! Manque d’inspiration, manque de cohésion, passes à l’adversaire, aucune pression pour une formation menée au score, aucun mouvement dangereux ni aucune frappe pouvant inquiéter la gardienne nigériane Egwuenu Marbel, qui a passé une après-midi paisible et tranquille au Stade de Mfandena. Un terrain qui a présenté deux visages, un soleil ardent et éclatant au début de la rencontre, puis une pluie battante et cadencée qui a trempé la ville de Yaoundé jusqu’à la fin de la punition infligée aux nôtres par les visiteuses. A la pause, les Nigérianes menaient déjà sur le score de 1–0. Ce score aurait pu être plus lourd si la directrice de la rencontre, la Sénégalaise Dia Fadouma, qu’assistaient ses compatriotes Biagni Florence et Seck Adja, ne refusait pas une autre réalisation peu avant la mi-temps, pour une position de hors-jeu pas vraiment évidente. Malgré les retouches du coach Enow Ngachu et de son adjoint Marie Bahoken, rien ne changera le sort des pouliches du Cameroun. On assistera plutôt à la descente aux enfers de l’équipe camerounaise.

La gardienne des Lionnes, Jumbone Julienne, qui avait fait des merveilles et des miracles à l’aller au Nigeria, s’est retournée trois fois de suite dans ses filets pour constater les dégâts de ses bourreaux attaquantes. Les filles du Cameroun auraient même pu se faire bien écraser après l’expulsion de Njoya Adjara, qui est entrée en seconde mi-temps, suite à un acte d’antijeu sans ballon. En dehors de quelques initiatives isolées durant les 90 minutes de jeu, le Cameroun a largement été dominé sur la possession du ballon, sur le plan technique et tactique. Même au niveau de la maturité des joueuses, les Nigérianes avaient le dessus sur le Cameroun. Occupation rationnelle du terrain, combinaisons enchaînées, jeu des couloirs, transversales, jeu à une balle, accélération, tirs lointains et instantanés, déplacements sur le terrain, les super Falcones ont donné une belle leçon de football féminin aux nôtres, qui ont encore des choses à apprendre en haute compétition. Vers la fin du match, parfois, les Camerounaises cherchaient le ballon pendant deux à trois minutes, entre les jambes des visiteuses. Avec un score de 0–1 à l’aller, 0–3 au retour, les Nigérianes sont tombées sur nos filles dans l’ensemble, sur le score de 4–0.

Le courroux des supporters

Ce n’était qu’une première expérience dans la catégorie des moins de 20 ans, l’élimination de ces juniors doit permettre de tirer des leçons pour les échéances qui viennent, les cadettes entreront également bientôt en compétition pour la Coupe du monde 2008 en Nouvelle Zélande et les seniors disputeront la CAN 2008 en Guinée Equatoriale. Malheureusement, la gifle reçue par nos filles suscitait des commentaires allant dans tous les sens durant la rencontre. Certains pensent déjà que la présidente de la commission nationale de football féminin, la piquante Rose Nyobé, doit être remerciée après cet échec retentissant. D’autres soutiennent que les coaches ont rempli l’équipe avec les joueuses de Douala qui ne sont pas représentatives. D’autres supporters justifient la victoire des Nigérianes par leur bonne organisation, elles ont des championnats en bonne et due forme, et ils ajoutent que leur vieillesse ou expérience y est pour quelque chose. Ce dernier courant pense qu’il fallait aussi tricher dans l’équipe camerounaise pour se tirer d’affaire, mais les dirigeants camerounais comptaient sur la force de leurs pouliches. Malheureusement.

Que peuvent les équipes féminines sans championnats?

Ici le débat divise encore les amoureux du football qui ne sont plus qu’une poignée dans nos stades. Certains disent qu’une victoire des Camerounaises devaient surprendre, quand on sait que depuis le début de la saison, les filles sont toujours sur les starting-blocks, alors que le championnat de D1 masculin en est à sa 20ème journée retour, la super D2 est à sa 10ème journée retour, la D2 provinciale et le football des jeunes se jouent tant bien que mal. D’autres remarquent que les Lionnes seniors se sont qualifiées pour la Coupe d’Afrique des Nations dans les mêmes conditions. Inutile, donc, de spéculer là-dessus et de tirer de long en large. Mais il y a une réalité à ne pas occulter, le championnat n’existe pas, la fédération camerounaise de football qui doit organiser cette discipline a démissionné pour suivre d’autres chats, elle a annoncé un championnat de D1 national, la D2 nationale de football féminin, mais tout cela reste sur du papier, et pendant ce temps, les sélections nationales en pâtissent. Autre réalité à regarder de très près, c’est la direction des trois catégories qui restent confisquée par les mêmes entraîneurs, Enow Ngachu, Marie Bahoken, l’ancienne épouse de l’ancien Lion Paul Bahoken appelé à l’époque «occasion de France», et Joël Afaka pour les gardiennes de buts sont à la fois coaches des seniors, des juniors et des cadettes qui vont démarrer leurs éliminatoires en mai prochain. Comme si personne d’autre ne pouvait faire ce travail. Comment vont-ils faire au moment où les compétitions se chevaucheront ? Il y a là matière à réflexion.


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27/04/08