Messe de requiem pour les trois arbitres, Patrice Bongani Doda, Martin Ombga Zing et Effa Engelbert.

Il y a un an, disparaissaient trois arbitres internationaux camerounais dans un crash d’avion à Mbanga Pongo, à la sortie de la ville de Douala. Ce triste souvenir a été commémoré le 19 mai 2008 à Yaoundé, dans une paroisse vide.
Prévue à 12h30, c’est finalement autour de 13h30 que la cérémonie de commémoration des regrettés Thaddée Effa Engelbert, Patrice Bongani Doda et Martin Omgba Zing a démarré dans une indifférence totale des amis, collègues, frères, parents et du public sportif de la capitale. La paroisse Sainte Famille de Nkoayos, du côté d’Ekounou, qui a abrité cette messe de requiem aux allures d’une cérémonie œcuménique, a enregistré à peine une quarantaine de fidèles et spectateurs. Malgré la démission du public, tout s’est déroulé comme prévu. Le Pasteur Henri Bertrand Mballa Owono, par ailleurs arbitre de football et l’Abbé Omgba Essomba Sylvestre de la paroisse Sainte Famille, ont réconforté l’assistance, avec des exhortations qui poussent à une fervente croyance, quant au sort des hommes après la mort.

Sous le soleil ardent qui plombe la ville de Yaoundé ce 19 mai, on entend au loin les bruits assourdissants des chasseurs, des C 103 et hélicoptères qui préparent le défilé du 20 mai, jour de la fête de l’Unité nationale du Cameroun. Apparemment, c’est cet événement qui mobilise l’attention de tous ceux qui ont boudé cette cérémonie de triste mémoire, mais à y voir de près, cela ressemble à un boycott actif. On se rappelle d’ailleurs que l’an dernier, lors des messes de requiem qui ont suivi l’annonce du crash aérien qui avait emporté les trois internationaux camerounais qui se rendaient en RDC, on avait constaté la timidité de certaines personnes, des éclats de voix et des clans qui ont confirmé que le mort est mort, quoi qu’on dise ça et là. Les trois arbitres tués à Mbanga Pongo, aux côtés d’une centaine d’autres passagers, se rendaient à Kinshasa pour officier une rencontre de coupe d’Afrique des clubs, mais leur voyage s’est achevé au décollage de l’avion de la Kenya Airways à proximité de Douala. Jusqu’à ce jour, aucun résultat des enquêtes n’a pu être fourni pour établir les causes exactes du crash, tout ce que nous savons de l’accident du 5 mai 2007, c’est que de jeunes pilotes trop zélés de la Kenya Airways avaient décidé défier les mauvaises conditions climatiques de l’époque. Il pleuvait beaucoup à Douala, lieu de départ du vol en question. Certaines sources ont affirmé que beaucoup de compagnies étaient volontairement restées clouées au sol en raison de la météo, mais les Kenyans avaient tenté une mission impossible. Résultat, une minute après le vol, l’avion avait disparu des écrans de contrôle.

Les services de recherche sont allés vers le Sud du Cameroun, vers l’Est et l’Ouest pour les premières fouilles, avant de revenir découvrir près de la capitale économique l’horreur, la consternation et cette page inoubliable deux jours plus tard. Après les pensées pieuses à la paroisse, les arbitres présents se sont rendus au stade Abéga à Nkomo, une banlieue de la ville, pour un match de gala. L’ACAF, l’Association camerounaise des arbitres du Centre, qui organisait la cérémonie sous la conduite de son président d’arbitres de D2, Jean Martin Owona, rencontrait l’ACD2, l’Association des Clubs de D2 du Centre, constituée des président de clubs. A titre de rappel, c’est le président Jean Martin Owona qui avait battu le défunt arbitre international Omgba Zing Martin, lors des élections 2007 de l’ACAF dans la province du Centre. Au coup de sifflet final du journaliste sportif Valérie Fotso de radio Siantou, les présidents de clubs ont écrasé les hommes en noir touchés par le deuil de leurs collègues, sur le score sans appel de 3 – 1. Il faut seulement relever que la commémoration devait avoir lieu le 5 mai 2008, mais à cause de plusieurs impératifs, l’ACAF du Centre a programmé l’événement deux semaines plus tard dans une indifférence très suspecte.


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3/06/08