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Jean-Claude Pagal frappe à la porte des Lions Indomptables |
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L’ancien Lion a donné une conférence de presse le 18 avril 2008 à Yaoundé, pour présenter ses projets au public camerounais. Non seulement il veut reprendre sa place au sein de l’équipe nationale, mais aussi, il entend créer des centres de formation qui permettront de limiter l’immigration gratuite ou malheureuse de nos joueurs. Des missions suicidaires.
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L’ancien international camerounais Jean-Claude Pagal (Photo ci-contre), qui avait quitté les Lions Indomptables après la Coupe du Monde 94 aux Etats-Unis, a joué plusieurs championnats de par le monde, notamment à Malte, en Chine, au Mexique, en Grèce et en France, où il a passé 9 ans au Racing club de Lens. L’ancien Lion rappelle même d’ailleurs qu’à son époque, il était déjà contre les pratiques mafieuses qui se déroulaient dans l’équipe nationale, mais le joueur n’a jamais été compris, comme Lauren Etamé Mayer, qui est parti de la sélection camerounaise en raison des mêmes pratiques occultes et de la mauvaise gestion des affaires. L’ancien défenseur camerounais, qui a eu un passage à vide depuis la fin de sa carrière professionnelle, est sur le point aujourd’hui de revenir aux affaires, grâce aux conseils d’un certain Benoît Mboudou, qui ferait apparemment le tour du monde pour des affaires sans nom. A 43 ans, le vieux Lion met actuellement sur pied un concept visant à tenter de redorer le blason du football camerounais. Son projet commencera par son retour sur les terrains poussiéreux du pays et s’achèvera avec la construction d’un premier centre de formation pour jeunes footballeurs. Grâce à ce centre, il sera question de créer environ 500 emplois, selon les initiateurs de cette entreprise. De plus, Pagal et son bataillon de conseillers voudraient tordre le cou au phénomène de l’immigration clandestine.
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L’idée est partie d’un constat simple: beaucoup d’anciens joueurs camerounais campent aujourd’hui devant des métros en Europe, cherchant qui coiffer pour un euro par tête, ce qui n’est même pas toujours évident. D’autres sont obligés de faire des choses contre nature pour survivre et parce qu’ils ont honte de rentrer au pays bredouilles. Mais malgré ce sombre tableau, d’autres jeunes, plus nombreux encore, quittent le pays chaque jour pour tenter une aventure en Iran, en Israël ou en Afghanistan. C’est ce qui choque l’ancien Lion, qui ne voit pas comment un jeune camerounais, peut-être talentueux, peut se rendre en Afghanistan, pays qui n’est pas compté parmi les nations de football. Par ailleurs, la baisse du niveau du football camerounais demande à prendre d’autres mesures qui permettront, non seulement de relever la qualité du jeu, mais aussi de favoriser le retour du public dans les stades. A ce qu’il semble, d’autres anciens Lions seraient déjà d’accord de revenir aux sources pour animer ce championnat camerounais qui est devenu la risée d’un peuple déjà suffisamment frustré en tous points de vue. Jean-Claude Pagal dit d’ailleurs qu’à terme, il est question de redonner la possibilité aux joueurs locaux de repartir en grand nombre dans l’équipe nationale. Il y a quelques années, c’était les joueurs locaux qui faisaient cette équipe, mais depuis que le chemin de l’extérieur s’est ouvert, l’amateur n’a plus de valeur au sein des Lions Indomptables. |
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Le retour du Lion au pays natal. |
Alors qu’on le voyait vadrouiller à longueur de journées dans les rues de la capitale, un jour, Jean-Claude Pagal sort de sa réserve, dans un journal people de la place, en déclarant qu’il vend des pierres précieuses. On imagine alors que le football, pour lui, c’est fini. Pourtant, le Lion réservera le meilleur pour plus tard, lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Ghana. Alors que je lui tendais mon micro pour recueillir ses sentiments après notre qualification pour la finale, il me dit que son souhait était de revenir au sein des Lions pour les grandes échéances de 2010. Comme une plaisanterie. Mais apparemment, le vieux Lion était sérieux dans ce qu’il disait en février dernier. Puis, de retour au pays, il annonce son grand retour sur les terrains de la première division. Il jouera pour le compte de Tiko United, ce club du Sud-Ouest qui a accédé en D1 au terme du dernier tournoi inter poules de l’histoire, qui s’est joué à Yaoundé et Ebolowa en fin d’année 2007. Pagal avoue que les conditions dans lesquelles les amateurs évoluent sont inadmissibles, mais il est obligé d’aller jusqu’au bout de son projet pour redonner une âme à ce football mort et enterré. Il dit qu’il a accepté de jouer sans percevoir de salaire, même les mille francs CFA prévus pour la prime d’entraînements sont insultants, mais il se passe de toutes ces insuffisances qui poussent les joueurs camerounais à l’immigration massive.
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Le 10 mai prochain, ce sera le jour du premier match de l’ancien Lion avec son premier club camerounais, il s’entraîne avec beaucoup d’ardeur pour que ce moment soit inoubliable. A la question de savoir comment il réagirait s’il passait à côté de son sujet, l’ancien professionnel devenu amateur écarte cette hypothèse en rassurant qu’il est encore capable de jouer 120 minutes. Il évoque le cas de l’officier de réserve Albert Roger Milla, qui a joué sa dernière Coupe du Monde à 48 ans, âge déclaré officiellement. Pour lui, le football est un état d’esprit, c’est une question de répétition, c’est de la passion. Sur son éventuel retour au sein des Lions Indomptables, le footballeur embrouille l’opinion sans être clair, mais il soutient que s’il faut que les amateurs reprennent vraiment le chemin de l’équipe, il faut une force que les anciens veulent constituer. Il dit par ailleurs qu’il faut commencer à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui pensent qu’ils ont des titres fonciers dans l’équipe nationale du Cameroun. Il faut qu’ils sentent une certaine concurrence parce qu’il n’est pas normal que ceux qui doivent servir d’exemple, comme Samuel Eto’o Fils, soient les premiers à instaurer l’indiscipline dans l’équipe. C’est inadmissible, pense Jean-Claude Pagal, qui renchérit en disant que c’est pourtant ces Lions qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui et que sans les Lions, ils ne seraient rien du tout.
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L’immigration clandestine, un serpent de mer.
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L’initiative du vieux Lion est certes louable, parce qu’elle vise à réduire la misère et la précarité des joueurs camerounais, mais beaucoup d’observateurs veulent savoir comment Pagal compte s’y prendre pour redorer un système déchiré et mafieux. A-t-il l’agrément de la fédération pour ouvrir un centre, quand on sait que la Fécafoot ne joue pas avec l’argent? Il a répondu qu’il avait l’aval du ministère des Sports. Un autre bras de fer commence donc entre les deux ennemis naturels. D’autres disent que l’ancien Lion ne peut rien faire contre l’immigration clandestine qui est souhaitée par certains dirigeants africains. Pour eux, s’il faut lutter contre le phénomène, il faudrait aborder tous les aspects, parce que ce n’est pas seulement à cause du football que les jeunes quittent les pays africains. La question est très complexe et bien plus compliquée. Pour empêcher les jeunes de quitter le pays, il faut leur proposer des solutions de rechange alléchantes sur place, ce qui est une autre paire de manche. Et pour commencer cette lutte visiblement utopique, heureusement, Jean-Claude Pagal a déjà une compagne de route pour prendre son bâton de pèlerin, c’est Miss Cameroun 2008, Joëlle Audrey Ambague (Photo ci-dessus), qui dit vouloir apporter tout son soutien au vieux Lion qui veut rugir dans le désert.
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