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Jeannot Yao à Abidjan |
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Trois semaines après la 26ème édition de la CAN au Ghana, Africafoot.com a rencontré le DTN adjoint, Responsable des compétitions des jeunes, M. Gbonké Tia Martin qui, sans faux- fuyant, a répondu aux questions brûlantes de l’heure. Entretien. |
Africafoot.com: Vous avez déjà assisté à de grandes compétitions de football, européennes et mondiales. En 2006, vous étiez en Egypte et en Allemagne. Cette année, vous revenez récemment du Ghana. Qu’est-ce qui vous fait courir sur les différents stades du monde? |
Gbonké Tia Martin: J’étais à Accra pendant une vingtaine de jours comme j’ai été à certains grands rendez-vous sportifs. J’ai été dans ces différents endroits au nom de ma profession, parce que ces moments apportent toujours quelque chose à la formation continue d’un expert de haut niveau. |
Africafoot.com: Quel bilan tirez-vous de cette CAN? |
Gbonké Tia Martin: De façon globale, après une telle compétition, on retient toujours beaucoup d’enseignements. La 26ème édition de la CAN a fermé ses portes le 10 février dernier, avec le sacre de l’Egypte, suivie du Cameroun, du Ghana et enfin de la Côte d’Ivoire. Cette CAN nous a démontré la capacité de mobilisation d’un peuple. Aussi, un moyen socio-économique générateur d’emplois pour les jeunes. Cet événement planétaire nous a également démontré que le football est une vitrine pour un pays, ce qui nous permet de dire qu’Accra a tenu ses promesses. L’organisation était de taille, vu le niveau humain et la logistique, quatre stades flambants neufs ont été construits avec des routes qui ont été rechaussées. Tout cela a rendu possible cette CAN, qui était un évènement de premier ordre, où l’on a senti l’implication du pouvoir. Du sommet jusqu’à la base, toute la population était mobilisée pour la réussite de cette grande messe du football africain. |
Africafoot.com: Au terme de cette fête sportive, peut-on dire que le football africain a progressé? |
Gbonké Tia Martin: Le football africain a énormément progressé dans tous les domaines : organisation des équipes, comportement des joueurs sur le terrain. Toutes les équipes avaient une approche tactique, dont le placement, le glissement, la réduction des espaces... Nous avons assisté à une compétition de haut niveau, avec la maturité tactique de l’ensemble des compétiteurs, malgré leur jeune âge. Les entraîneurs avaient des options de 4-4-2, 3-5-2, c’est-à-dire le retour des trois centraux qui faisaient bloc devant le gardien. |
Africafoot.com: Qu’est-ce qui n’a pas marché pour les Eléphants de Côte d’Ivoire? |
Gbonké Tia Martin: La Côte d’Ivoire était parmi les 16 pays qui aspiraient à la conquête de dame coupe. Elle était même l’une des grandes favorites de cette CAN. Je n’arrêterai jamais de dire que la CAN est difficile. Elle n’est pas un décret. On y va, on se bat, on va la chercher où elle se trouve et on est couronné. C’est par l’engagement des joueurs qu’ils peuvent la gagner. Le fait que les gens nous donnaient favoris nous a aussi endormis. Tout en félicitant Gérard Gili, le retrait brutal de Stielike a pu créer la démobilisation au niveau du groupe. |
Africafoot.com: Quelles sont les équipes qui vous ont le plus marqué lors de cette CAN? |
Gbonké Tia Martin: Il y avait un équilibre parfait entre les équipes. Je respecte l’Angola, l’Afrique du Sud, l’Egypte et bien évidemment la Côte d’ivoire, mon pays. |
Africafoot.com: Que pouvez-vous dire aujourd’hui aux Eléphants? |
Gbonké Tia Martin: Je leur demande de ne pas s’arrêter à un échec, de continuer à travailler avec beaucoup de modestie et d’humilité. Reconnaissons nos faiblesses et corrigeons-les. Désormais, il faut penser que toutes les équipes se valent et il faut en tenir compte. On va à une Coupe d’Afrique avec la tête sur les épaules. C’est à ce prix que les Eléphants pourront remporter un deuxième titre continental. |
Africafoot.com: Il existe une grande présence des entraîneurs européens à la tête des équipes nationales africaines lors des CAN. Cette 26ème édition n’a pas échappé à la règle. Qu’en pensez-vous? |
Gbonké Tia Martin: L’apport de nos collègues européens est une bonne chose. Avec la mondialisation du football, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’un expatrié vienne apporter son expertise à nos différentes équipes nationales. Cependant, cela ne veut pas dire qu’en Afrique il n’y a pas de matière grise pour diriger. Ceci est toujours remarquable au niveau du football. Et c’est cette façon haineuse de présenter les cadres nationaux qui fait que nos équipes nationales n’excellent pas lors des grandes compétitions. |
Africafoot.com: Au niveau de votre structure, vous êtes au terme de la sélection pour les équipes nationales -15 ans et -18 ans. Pouvez-vous nous établir un bilan? |
Gbonké Tia Martin: Nous travaillons avec des objectifs bien précis, en accord avec notre tutelle. Notre envie est d’être à la CAN des - 17ans et -20ans en 2009 et permettre à un grand nombre de jeunes de prendre part à beaucoup de matches. Cela permet ainsi une large base de sélection et de promotion. Nous avons commencé le 02 juin 2007 et fini le 23 décembre 2007 par des sélections au niveau de chacune des catégories. Cette sélection a été faite par une Commission technique de la direction technique nationale. Le bilan est satisfaisant. C’est une œuvre humaine, elle a ses imperfections. Mais nous avons atteint notre objectif qui est d’obtenir une sélection des AFAF à ce niveau de la compétition. Sur près de 10 500 jeunes qui ont produit 440 jeunes sélectionnables dans les deux catégories, nous avons retenu 34 joueurs pour l’équipe nationale U15 et une quarantaine en U18. Nous n’avons voulu faire plaisir à personne. Cette sélection a été faite sur la base des critères objectifs, en tenant compte du talent et de l’efficacité des jeunes gens sur le terrain. Nous avons retenu par catégorie les 3 meilleurs gardiens des jeunes pour répondre aux besoins de notre football. Nous continuerons de chercher les meilleurs talents. La Côte d’Ivoire possède de la qualité. |
Africafoot.com: Quels sont aujourd’hui vos projets pour ces jeunes talents? |
Gbonké Tia Martin: Ils vont être regroupés au Centre Technique National de Bingerville pour bénéficier d’une formatio,n sous l’autorité de nos techniciens. Notre philosophie, c’est «La formation et l’esprit doit être dans la formation» . |
Africafoot.com: Avez-vous un appel à lancer? |
Gbonké Tia Martin: Le football, qui est notre passion, parce que ce phénomène passionne plus de 90% de la population (jeunes, personnes âgées, hauts Responsables de la république,…) C’est un vecteur de rassemblement, de mobilisation et de véhicule de message de paix dans une société, un pays. C’est pour cela que tous ensemble nous devons accorder une grande assistance aux jeunes qui ont choisi ce métier. Des entraîneurs, éducateurs et formateurs font tout pour que ce secteur de l’activité nationale puisse être une vitrine. Je n’en dirai pas moins pour les responsables fédéraux et ministériels qui encadrent chaque jour ces jeunes. C’est la symbiose de tout ce monde qui donne la victoire car ne dit on pas souvent que la victoire vient toujours de la maison? Il faut bannir du milieu du football, qui est un milieu sain, tous ceux qui y viennent pour régler des comptes. Ce n’est pas la mission de haine cultivée par certains qui est assignée à la fédération, au ministère, encore moins à l’encadrement technique. |
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20/03/08 |
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