Le football ivoirien en panne de son public?

Par Jeannot Yao à Abidjan
Telle semble être aujourd’hui la question qui brûle les lèvres de tous les sportifs et amoureux du ballon rond en Côte d’Ivoire. En effet, après 4 journées de championnat de ligue 1, le constat est partout le même : l’absence criante des spectateurs au stade lors des rencontres. Lesdites rencontres de football ne font donc plus recette.
Ce phénomène, né peu avant la crise militaro-politique et qui s’est accentuée par la suite jusqu’aujourd’hui, ne semble pas être prêt de prendre fin. Et les stades de continuer à se désemplir désespérément! Que faire? Semble s’interroger les responsables du sport roi en Côte d’Ivoire. Et jusque-là, aucune lueur d’espoir ne pointe encore à l’horizon. Face à cette situation de panne sèche d’un public qui, hier encore, était fidèle à ces rencontres, la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) reste impuissante et visiblement ennuyée. Ah! Qu’il est loin le temps où les guichets des stades Robert Champroux de Marcory, Parc des sports de Treichville et Félix Houphouët Boigny, encore appelé Bonbonnière du Plateau, étaient, à chaque rencontre programmée, pris d’assaut par des milliers de supporteurs en jaune et noir, vert et rouge, bleu et rouge, vert et blanc, le visage bariolé aux couleurs de leurs formations favorites!
Ils sont vraiment loin, très loin même, ces temps de vaches grasses pour le football ivoirien qui, dans un passé récent, faisait encore recette auprès d’un public friand de beaux spectacles, avec à l’affiche des rencontres et derbies de qualité et à suspense de bout en bout et ce, jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre. Des rencontres à suspense à l’image d’un de ces nombreux derbies: ASEC- AFRICA, il y a une trentaine d’années en arrière, pour s’être déroulé plus exactement un dimanche 31 janvier 1974 et qui, de mémoire de journalistes, ne sera jamais égalé dans les annales, au point de vue de l’affluence monstre autour de cette rencontre de feu entre ces deux baromètres du football ivoirien! Un monde des grands jours, dans un stade plein comme un œuf, où le moindre pouce placé n’était plus visible à la ronde ! Un stade du plateau qui avait été pris d’assaut par les bouillants supporters des deux clubs rivaux, très tôt le matin du match et jusque sur le coup de midi , il n’y avait presque plus de places assises, tant dans les deux tribunes (officielle et latérale) que sur les deux collines ou pelouses adossées au monument des morts et à l’Assemblée Nationale, à telle enseigne que le surplus de spectateurs qui n’avait pas eu de place, fut déversé sur le théâtre même de la rencontre ou dans l’espace réservé aux officiels, médecins, commissaires au match et aux remplaçants des bancs de touche des deux équipes ! Même que les points de corner ne furent pas épargnés!
Tout cela pour dire que hier encore, le public du football ivoirien existait bel et bien et même, en très grand nombre! Mais qu’aujourd’hui, ce public-là a tout simplement disparu de nos stades, et pour combien de temps?  Car même l’ASEC et l’AFRICA de 2008 sont jusque-là (4ème journée du championnat national ligue 1) incapables de faire stade comble à chacune de leur sortie, comme ils réussissaient à le faire à une époque pas trop lointaine encore! Aujourd’hui, il revient donc à chaque responsable au sommet, de se montrer un peu plus imaginatif, afin de trouver le remède ou la potion magique nécessaire pour un retour de plus en plus massif du public dans nos différents stades du pays, en commençant bien sûr par remplir ceux d’Abidjan, avec des spectacles de qualité offerts par des  joueurs de qualité, dans un championnat de qualité qui n’aura rien à envier à ceux des autres pays.

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22/03/08