Combien
sont-ils dans les centres de formations à travers l'Europe, de Nantes à
Amsterdam, de Lyon à Munich, les jeunes footballeurs africains en quête
de reconnaissance.
Bien malin qui donnera une réponse satisfaisante et proche de la réalité
!
Pourtant ils
sont de plus en plus nombreux à partir et ils sont de plus en plus jeunes.
Pourquoi un tel phénomène, seront nous tenté de nous demander...
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La
réponse est là, évidente et trône au devant de la vie
socio-économique et politique des pays africains. Le football est devenu
en l'espace de dix ans le chemin par lequel on acquiert un statut social et pas
le moindre. Sur le plan économique, les coups de pieds se payent à
plusieurs millions de francs tandis que les hommes politiques ont fait du sport
roi un instrument de conquête du pouvoir. Mais seulement pour arriver au
sommet de la gloire, les jeunes footballeurs africains passent tous par le grand
rêve américain qui veut qu'on touche le fond avant de voir pointer
à l'horizon son premier contrat professionnel.
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Dans
nos prochaines éditions nous reviendrons sur le sujet en vous présentant
la formation de ces jeunes dans les écoles de football disséminées
à travers le continent africain. Les futurs Salif Keita, Jules
Bocandé, Roger Milla et Thomas Nkono et Joseph Antoine
Bell se recrutent aussi parmi les populations d'immigrées d'origine
Africaine, c'est le cas de Joseph Désiré Job, né à
Vénissieux dans la banlieue Est de Lyon et qui a découvert le Cameroun
grâce au football.
Mais combien suivent le chemin de ce jeune Camerounais ?
Quelles relations entretiennent-ils avec leur pays d'origine ?
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Au
centre de formation de Nantes, Hugues Raffic s'apprête à se
mettre au lit, le cur gros, il vient d'assister à l'élimination
du Cameroun aux 1/8ème de finale de la coupe du monde des moins de 20 ans.
A l'autre bout du Monde, à Djakarta, où voiture de luxe, marques
prestigieuses et ambitions effrénées symbolisaient il y a pas longtemps
le boom de la croissance, c'est un autre virtuose du ballon rond Pie KABEYA,
sociétaire de AL ILLAL de Djakarta et d'origine Congolaise qui s'amuse
loin du théâtre de guerre qu'est devenu KINSHASA, la ville où
ses parents ont vu le jour.
Hugues RAFFIC nous confiait qu'après trois années passées
à l'école des brasseries du Cameroun, avec en prime une participation
au tournoi de Montaigu " les dirigeants du F.C. Nantes sont venus me chercher
et j'ai la sensation que l'on m'a déjà oublié au Cameroun.
ici, " poursuit-il, " je me donne à fond pour mériter
toute la confiance que l'on m'a accordée ". Ils sont trois camerounais
venant de cette école des brasseries du Cameroun.
" Le fait que nous venons tous des Brasseries nous permet d'éviter
d'avoir le mal du pays " nous confie OTTOU. Ils sont tous en sport
- études car pour les dirigeants nantais : " il n'est pas question
de nourrir les jeunes d'illusion ! ils ne réussiront pas tous, très
tôt un accident est survenu et adieux le football. " C'est pourquoi
OTTOU, Atéba et Raffic suivent tous des cours à
l'université.
Tous ces jeunes rêvent déjà de défendre un
jour les couleurs de leur pays mais seulement en Afrique on ne fait pas
des investissements à long terme, l'économie ici est un
vain mot.
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Pour
le jeune Ngatsuissi Cyril sociétaire de Montpellier - Hérault
" la coupe du monde cadette au Nigeria était l'occasion pour les
dirigeants de notre football de nous donner enfin un statut " ce jeune
sait de quoi il parle car beaucoup de ces jeunes footballeurs débarquent
en Europe en ignorant ce qu'est la citoyenneté et la notion d'appartenance
à une nation. Pour ceux qui sont nés en Occident la situation est
encore plus alarmante. Le Cameroun et le Congo démocratique en investissant
sur le long terme auraient sans doute évités à leur sélections
nationales respectives la pertes des talents tel que William Njo léa,
Pascal Nouma, les frères Penza et plus proche de nous Jean-Alain
Boumsong qui a dernièrement répondu présent à
un appel de pied de la sélection française. Tous ces joueurs font
aujourd'hui le bonheur de la France et de la Belgique qui sont les deux pays qui
aspirent tous les talents que l'Afrique n'a pas su exploiter.
Zidane la star du football français a frappé en vain à
la porte de l'équipe nationale d'Algérie avant de se retrouver propulsé
au devant de la scène par son pays d'adoption. Tous ces exemples prouvent
que l'Afrique regorge de plein de talents mal exploités quand ils ne sont
pas tout simplement ignorés.
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Pour
Patrick Suffo, l'un des deux internationaux camerounais du FC Nantes :
" les autorités politiques devraient s'impliquer un peu plus dans
le devenir de leurs enfants qui se trouvent à l'extérieur s'ils
veulent tirer un peu de profit d'eux. C'est à partir des centres de formation
qu'il faut les repérer, les intégrer dans les différentes
équipes nationales avant que les grands pays ne fassent des propositions
mirobolantes. " Patrick Suffo sait de quoi il parle. LE jeune
nantais est arrivé chez les Canaries en 1995 en provenance du Tonnerre
Kalara de Yaoundé. Aujourd'hui il est heureux de jouer avec la sélection
nationale du Cameroun qu'il a connu bien avant son arrivée en France. Ce
n'est pas le cas d'Eric Kanouté le jeune espoir français.
" Ils m'ont tendu la main alors que mon pays ignorait mon existence. Je
ne pouvais pas refuser une telle offre sans aucune garantie de jouer un jour avec
les congolais. Le rêve de tout footballeur est de jouer dans une équipe
nationale, la mienne aujourd'hui c'est celle de France ! "
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Une
chose est certaine, en écoutant ces jeunes espoirs du football africain,
celui ci a besoin de se discipliner dans tous ses compartiments s'il veut survivre
dans " la cour des grands ", qui loin d'être une banale expression
est le titre que Youssou N'dour a donné à l'hymne officiel
de la coupe du monde 1998.
Au niveau des fédérations nationales, les présidents devraient
sans cesse être à l'écoute de l'extérieur afin de dénicher
les artistes en herbe, les intégrer dans les équipes nationales
correspondant à leur âge de manière à mieux les préparer
à évoluer avec les seniors. Pour l'ivoirien Basile BOLI ancien
de l'équipe nationale de France, cette politique éviterait "
la fuite des jeunes talents mais aussi permettra d'éviter les ratés
tels que ceux des frères Ndioro avec les Lions Indomptables du Cameroun.
" On se souvient alors que ces deux footballeurs d'origine camerounaise né
en France n'ont véritablement jamais pu bien évoluer avec l'équipe
de leur pays qu'ils ne demandaient pourtant qu'à servir. Lors de la dernière
Coupe du Monde en France Bertin TOKENE n'a pu évoluer avec la sélection
camerounaise pour la simple raison qu'il n'avait pas l'esprit " Lion Indomptable
" ! Peut-être que les présidents des fédérations
nationales devraient à leur tour bénéficier du secours et
de l'assistance des autorités consulaires en poste dans les pays concernés
de manière à éviter des erreurs impressionnantes telles que
des confusions de nationalité, nous avons encore tous à l'esprit
que les dirigeants du football camerounais en pleine préparation de France
98 prirent Kenneth MONKOU le libéro de Southampton club de
première division anglaise et originaire du Surinam, pour un camerounais
au même titre que Didier Angibeaud, Pierre Wome Nlend et les
autres.
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Comme
le fait remarquer Roger Milla, " le football africain a besoin
de l'implication des hautes autorités du continent, les chefs d'état,
la Confédération africaine de football, car les autres nations ne
nous font pas de cadeaux. "
Au regard de tout ce qui est en jeux aujourd'hui dans le monde, le football dépasse
de loin les temples dans lesquels il se joue. C'est une affaire qui touche au
plus haut point tous les secteurs d'activité. Les grands hommes de la finances
ne lésinent plus sur les moyens pour se payer les services d'une vedette
du ballon rond. Cela n'étant plus un secret pour personne, l'Afrique se
doit de trouver d'autres moyens que financier pour garder ses fils sur son sol,
il nous semble que la fibre patriotique pourrait être utile même si
elle ne suffit pas. Pour Eugène Njo Léa qui se définit
comme un footballeur professionnel " par accident " mais diplomate de
formation, le football en Afrique est loin d'être d'abord un divertissement,
il joue avant tout un rôle politique : " dans nos pays créés
artificiellement par le congrès de Berlin, l'état a précédé
la nation, rappelle-t-il. Pour développer une conscience nationale dans
ces mosaïques, il faut vivre des émotions communes. " Eugène
Njo Léa sait mieux que quiconque de quoi il parle, après avoir gagné
le titre de champion de France en 1957, il est le fondateur en France en 1962
de l'union nationale des footballeurs professionnels. (UNFP). Le patriotisme semble
donc être très fort chez les sportifs, ceux-ci ont tout simplement
besoin d'être encourager et d'être inviter à défendre
les couleurs de leur pays.
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Mister
Georges le goleador libérien du Milan AC ne cache pas sa confiance
à ces jeunes disséminés dans les différents centres
de formation en Europe. " Ces jeunes sont l'avenir du football mais aussi
de la vie économique du pays. Nous ne devons pas les abandonner à
leur sort, les hommes politiques, les footballeurs professionnels africains doivent
se mobiliser afin d'éviter que ces enfants ne mettent leurs talents au
service des nations qui n'ont plus rien à prouver. "
Au regard de ce que nous avons pu découvrir dans les centres de
formation, les responsables africains tout secteurs confondu se doivent
de s'intéresser à ces jeunes qui sont dans les centres de
formation. Au-delà de l'aspect purement sportif et des objectifs
d'être la reserves des équipes nationales des différents
pays africains, les responsables africains par cet acte éviteraient
qu'après l'esclavage, la fuite des cerveaux on assiste à
la fuite des talents pourtant utile et nécessaire pour la construction
du continent.
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Le
président de la CAF Issa HAYATOU partage largement cet avis c'est
pourquoi il encourage partout en Europe les initiatives qui sont prises par les
différentes associations des footballeurs africains afin d'intégrer
très tôt les jeunes virtuoses du ballon rond dans les différentes
équipes nationales. Mais de telles initiatives restent encore comme une
goûte d'eau à la mer au regard de la profondeur de la blessure. Dernièrement
l'équipe nationale du Mali des moins de 20 ans en perdant la finale de
la Coupe du Monde de cette catégorie, face à son homologue espagnole
a surtout péché par son manque d'expérience de la haute compétition.
Pour Thomas NKONO l'ancien gardien et capitaine des Lions Indomptables
du Cameroun, les jeunes maliens " auraient pu garder ce trophée en
Afrique s'ils avaient pu bénéficier de l'apport des jeunes des différents
centres de formation. " En attendant que ce vux devienne réalité
SACKO le jeune sénégalais de Lens frappe à la porte
des Espoirs français sous l'il indifférent des autorités
sénégalaises, MAMOUN le jeune camerounais de Saint-Etienne
évolue sous l'indifférence totale du sélectionneur des Lionceaux.
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à
suivre...
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