Bernard Simondi: "Je m'en remets au Président Lansana Conté pour sauver le football guinéen"

A trois jours de l'expiration de l'ultimatum de la FIFA demandant à la Guinée de rétablir le bureau dissout de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), faute de quoi l'organisation internationale exclura ce pays de toutes les compétitions, l'entraîneur français en charge du Syli National de Guinée, après avoir recentré les enjeux, et fait part de la grande frustration des joueurs et du staff technique, en appelle à la plus haute autorité du pays afin d'éviter le pire. Entretien.
Africafoot.com : Vous êtes, Bernard Simondi, le Directeur Technique National et entraîneur sélectionneur du Syli National de Guinée depuis Juillet 2000. Engagé à porter haut l'étendard de ce pays lors des derbies qui l'interpellent pour la saison 2002, à savoir la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) et la Coupe du Monde. Où en étiez-vous lorsque le ministre des sports de ce pays a décidé de dissoudre la Fédération ?
Bernard Simondi : Pour les deux compétitions confondues, la Guinée se comportait bien. Pour les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2002) nous avons joué contre l'Ouganda que nous avons battu à domicile. De même nous avons vaincu la Gambie aller-retour. Toujours en ce qui concerne la CAN, nous avons fait mordre la poussière au Sénégal à Dakar. Pour la Coupe du Monde, nous avons croisé le fer avec le Burkina Faso que nous avons également battu à Ouagadougou…
A-F.COM : En fait l'équipe nationale de Guinée contrairement à ce qu'en pense le ministre des sports remporte des victoires sur le terrain !
B. S : Oui, nos résultats sont positifs dans l'ensemble des deux compétitions dans lesquelles nous sommes engagés. Nous sommes en tête de notre groupe pour les éliminatoires de la Coupe du Monde, et second dans notre poule des éliminatoires de la CAN, à 1point du leader. Comme il y a deux qualifiés pour chaque poule et que nous sommes deuxième position dans le groupe de tête, je crois que nous avons toutes nos chances intactes pour être à Bamako en début de l'année prochaine. Il en est de même de la Coupe du Monde!
A-F.COM : Comment donc expliquer que le ministre Abdelkader Sangaré ait décidé de dissoudre la Fédération Guinéenne de Football sous prétexte entre autre que le Syli National fait de mauvais résultats ?
B. S : Au vu de notre position dans chaque poule des deux compétitions, les termes " mauvais résultats " ne peuvent pas être utilisés. Ceci dit, les deux derniers résultats que nous avons enregistrés chez nous à Conakry sont des résultats nuls. Pour autant qu'ils n'hypothèquent en aucune manière nos chances de participations aux compétitions dont il est question. Voilà pour le résultat sportif. Maintenant, au niveau de la gestion du football en Guinée, je crois percevoir quelques divergences de vue et de fonctionnement entre le ministère et la Fédération. Mais le moment n'était peut-être pas 'idéal pour prendre des décisions que pour l'heure je ne suis pas en mesure ni de m'expliquer, encore moins d'expliquer. Bien que je ne sois pas complètement distant de tout ce qui s'est passé, je ne m'explique toujours pas les raisons d'une décision aussi grave. J'ai par ailleurs pu rencontrer M. Sangaré, comme nous étions tout un groupe, il ne s'est pas étendu sur le sujet. Il trouvait simplement que pour la partie sportive, nous n'avons pas été mis dans les conditions qu'il fallait pour obtenir les résultats que tous les Guinéens espèrent, c'est-à-dire les deux qualifications. C'est ce qui l'a amené à prendre une décision, peut-être brutale, mais qu'il a jugée inévitable.
A-F.COM : Vous avez tantôt parlé de divergences de point de vue entre le ministère et la Fédération. Divergences de quel ordre?
B. S : Je crois savoir que l'essentiel tient aux problème de gestion.
A-F.COM : Mais encore? Vous êtes quand même sur place…
B. S : Oui, mais pour ce qui est de ma fonction sur le plan technique, sur le plan de l'organisation du football, bien entendu qu'il y a encore beaucoup de choses à faire, un long chemin à parcourir, une nette amélioration à apporter. Pour le reste, il y a les propos, et puis il y a les actes qui sont un peu en décalage avec ce que l'on peut être, ce que l'on pourrait obtenir, devenir. En fait il existe trop d'interférences entre le ministère et la Fédération. La Fédération Guinéenne de Football (FGF) a toujours comme tutelle le ministère, et moi je me retrouve entre les deux sans savoir qui est véritablement responsable de quoi. Selon qu'on interpelle une ou l'autre structure, il est souvent arrivé qu'elles se renvoient dos à dos au moment de décider. Lorsque nous rencontrons sur convocation le ministre le 30 janvier, au-lendemain de la dissolution, nous ne sommes pas plus informés sur le devenir de l'équipe nationale. Ce que nous avons retenu de l'entrevue avec M. Sangaré, c'est que le Syli National ne donnait pas les résultats espérés.

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01/03/01