La Fédération Malienne de Football serait-elle dans l'illégalité?

Depuis le retour des Aigles de la CAN Ghana 2008, rien ne va plus entre le sélectionneur national Jean-François Jodar et Malifoot. En effet, après la démission de l'équipementier Malamine Koné, Salif Keita et son bureau veulent se séparer du technicien français, mais ne savent pas comment faire. Pour preuve, Malifoot, qui ne veut pas de Jodar, lui propose le poste de DTN et pour 4 mois, le reste de son mandat à la tête des Aigles.
Pour cela, Malifoot a communiqué à Jodar un planning de développement du football malien. Mais Jodar ne veut pas entendre parler de cette proposition : «Ils peuvent le faire avec un autre technicien», affirme-t-il, avant d'ajouter que cette proposition, loin d'être une solution, est plutôt une manière pour Malifoot de le confronter avec d'autres techniciens, notamment ceux qui viennent d'être choisis à la tête de nos catégories d'âges, à savoir Nouhoum Diané (Cadets), Djibril Dramé et Mamoutou Kané «Murlé» (Juniors) et le duo Cheick Oumar Koné-Issa Kolon Coulibaly chez les Espoirs. Pour remercier Jodar, la tutelle qui paye son salaire avait ordonné à Malifoot de fournir des preuves justificatives, autrement dit les vraies raisons du limogeage de Jodar.
C’est ainsi que Malifoot, son président Salif en tête et les vices présidents, le Colonel Boubacar Diarra et Karounga Keita, multiplient ces derniers temps des rencontres infructueuses avec Jodar. La dernière date de lundi. Des rumeurs circulaient sur le limogeage du technicien français et selon certaines indiscrétions, Salif aurait même envoyé une notification au ministère de la jeunesse et des sports. Dans cette notification, toujours selon nos sources, des noms comme celui de Michel Dessuyer auraient été cités pour remplacer Jodar à la tête des Aigles.
Revenons à la rencontre Malifoot-Jodar. Jodar, dans son contrat, porte deux casquettes. Le sélectionneur  et le poste de DTN. Il lui faut un document officiel signé par deux entités (Ministère de la jeunesse et des sports - Fédération malienne de football) et à ce jour, le département de tutelle, qui suit de près le dossier, n'a pas bougé d'un iota. Selon certaines sources, la tutelle serait favorable à la reconduction de Jodar, d'où son silence total. Par contre, Malifoot, que dirige le premier ballon d'or africain Salif Keita, a signifié par notification son désir de rompre le contrat de Jodar. Elle l’a signifié aux ligues, aux clubs, ainsi qu’aux présidents d'honneur au cours d'une réunion d'information à son siège. Jodar, jusque-là, n'a rien reçu d'officiel. Or, il doit recevoir une notification officielle de son limogeage et non quelques affirmations verbales gratuites, non fondées, à travers certaines presses. Malifoot est dans l'illégalité, comme en témoigne ces propositions faites au technicien français. Comment peut-on dire qu'on ne veut pas travailler avec quelqu'un et lui proposer ensuite une autre fonction?
Selon Jodar, il est hors de question qu'il démissionne. «Ou je reste à mon poste pour continuer, ou il faut qu'on me limoge en payant mes indemnités», déclare-t-il. Malifoot, selon Jodar, prétexte la mauvaise prestation des Aigles à la CAN Ghana 2008 pour remettre en cause tout le travail accompli à la tête des Aigles. Jodar fustige la décision de Malifoot et son attaché de presse dans le débat télévisé. Jodar, que nous avons joint au téléphone, reste serein: «Qu'on me limoge avec un papier officiel, c'est tout ce que j'attends. Sinon, jusque-là, on m’a rien dit», déclare-t-il. Il ajoute que son dossier est dans les mains des avocats du syndicat des entraîneurs français. Il invite également Malifoot à faire appel à ses avocats si jamais Salif Keita et ses collaborateurs étaient décidés à aller au bout de leur mission. Comme on le voit, tout le monde est dans les starting-blocks, et c'est le football malien qui en pâtit, à quelques encablures des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010. Et surtout, de l'engagement le plus proche des Aigles, le match amical du 25 mars prochain contre l'équipe de France A, au stade de Charlety (France).

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4/03/08