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Badou Zaki, légende vivante du football marocain ou mythe du football africain? |
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De mémoire de Marocain, aucun footballeur et surtout pas un gardien de but n’auraaussi longtemps marqué les esprits des sujets du roi Mohamed VI. Badou Zaki a un vécu de sportif qui fait rêver bon nombre de jeunes sur le continent africain. L’enfant de Salé (ville marocaine), comme certains le désignent, n’était pourtant pas destiné à jouer au football, car son père l’initia au maniement des armes, voulant en faire un chasseur. Mais tous les enfants de Sidi Kacem, où Zaki retrouvait ses camarades de jeu, pratiquaient le football et pour ne pas rester en marge, le jeune Badou (né le 02 Avril 1958) les imita. Ce jeu, avec ses camarades, portera ses fruits au moment de l’arrivée de la famille Badou dans la ville de Salé, car il fut sollicité par le club local, l’Association Sportive de Salé (A.S.S), qui l’avait repéré. Et pourtant, tout se compliquera pour le jeune Zaki : il souffrira de la concurrence face à un autre grand gardien marocain du moment, Abdellatif Laâlou, qui était titulaire dans le club et en sélection nationale. Ne voulant point faire carrière sur le banc de touche en attendant une hypothétique blessure de son concurrent, Badou Zaki répondra aux appels du Wydad Athlétique club de Casablanca (WAC), où il entamera sa marche vers le sommet du football national et international. |
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Suite à cette carrière glorieuse, c’est très logiquement que l’international marocain endossera l’habit de manager ou d’entraîneur. Depuis son départ, la succession au poste de gardien de but des Lions de l’Atlas (poste qu’il occupa pendant douze années consécutives) s’avère difficile, car l’homme a placé la barre très haut et le Maroc n’a jamais retrouvé un gardien de but de sa classe. Il fut l’un des grands artisans de la première qualification d’un pays au deuxième tour d’une Coupe du Monde (Mexique 1986). Le Ballon d’Or africain de 1986 figure parmi les gardiens de buts à avoir obtenu cette distinction généralement décernée aux attaquants. Zaki a débuté une carrière prodigieuse au Maroc, du côté du WAC, en 1978, qui s’achèvera en professionnel au cours de l’année 1992. Ce gardien d’exception, du haut de son 1m88, posé sur 85Kg, fera admirer toute sa classe au cours de sa carrière, éclaboussant adversaires et… partenaires. Son CV s’ étoffera au fil des années et sa carrure nonchalante imposera le respect des adversaires et des observateurs avertis du football africain et mondial. Tenez : |
Il remportera la coupe Mohamed V à Marrakech en 1979, il sera aussi double vainqueur du championnat marocain (1979/1986), toujours au Maroc, il gagnera par deux fois la coupe du Trône (1979/1981). Son excellente carrière de joueur au sein des Lions de l’Atlas lui aura permis de participer à quatre phases finales de Coupe d’Afrique des Nations (CAN) : 3ème place au Nigeria (1980), 4ème place en Egypte (1986), 4ème place encore lors de la CAN organisée par son pays (1988) et au Sénégal en 1992, Badou Zaki se blessera et son pays ne fera pas mieux qu’en 1988 et 1986 (4ème place). |
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Carrière professionnelle: |
De retour de la Coupe du Monde au Mexique en 1986, où Badou Zaki fut l’un des meil leurs gardiens du tournoi, il déposera ses valises à Majorque (Espagne) et gardera les buts du Réal Deportivo jusqu’en 1992. Il sera élu meilleur joueur étranger de la Liga l’année suivante (1987) et obtiendra dans la foulée le titre de meilleur gardien d’Espagne pendant deux saisons (88/89 et 89/90). Devenu capitaine du Réal Deportivo de Majorque, Badou Zaki emmènera son club jusqu’en finale de la coupe du Roi en 1991, mais s’inclinera face à l’Atletico de Madrid (1-2). Vous l’aurez sans doute compris, le remarquable gardien de but marocain, n’a jamais remporté de Coupe d’Afrique, en club comme en sélection nationale et… encore moins un titre de champion d’Espagne, ni de coupe du même pays où il fit toute sa carrière professionnelle, ce qui n’enlève en rien toute la classe qui était la sienne. |
Zaki le manager ou Badou l’entraîneur?
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Après douze années de bons et loyaux services (1980/1992), Badou Zaki décide de tirer sa révérence et de se diriger vers une autre carrière. Il restera tout de même dans le milieu du football, puisqu’il entamera des cours de management du côté de l’Angleterre. Suite à cet apprentissage, il reviendra au pays pour y exercer son métier et il prendra la direction de plusieurs équipes locales, dont le FUS de Casablanca (1993/1994), avec lequel il arrivera en ½ finale de la coupe du Trône. En 1998, il disputera les ¼ de finale de la CAF avec le SCCM et en 1999, il obtiendra son premier succès local, en remportant la coupe du Trône avec le WYDAD de Casablanca. En outre, avec le même club, il sera finaliste de la coupe de la CAF en l’an 2000. Il sera par la suite sollicité par la Fédération Royale Marocaine (F.R.M.F) pour succéder au Portugais Humberto Cuelho à la tête de la sélection nationale.
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Très critiqué par la presse locale sur les choix qui seront les siens, Zaki** tiendra bon jusqu’à la CAN 2004 en Tunisie, en se qualifiant avec 5 victoires, un match nul, 10 buts marqués et zéro encaissé. Lors de la CAN tunisienne, il marquera 14 buts, en encaissera 4, avec une meilleure attaque et une meilleure défense. Il échouera en finale face au pays organisateur, dans une ambiance assez électrique qui clouera les joueurs marocains sur le gazon du grand stade de Tunis. De retour au pays, Zaki, qui ne parlait plus à la presse depuis des mois, décida de rendre son tablier, car ses relations avec la F.R.M.F s’effritaient de jour en jour. Certains joueurs comme Nouredine Naybet, le capitaine de la sélection nationale, contestaient l’autorité du manager des Lions de l’Atlas, et sa mise à l’écart par Badou Zaki souleva un débat national qui fit couler beaucoup d’encre et de salive au royaume de Mohamed V.
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** Au moment où nous mettons en ligne cet article, Zaki est l’entraîneur de KACM au Maroc. |