Les «magouilles» du ministre Antoine Folly.

Tel un conte, le recrutement de l’entraîneur national pour les Eperviers du Togo paraît épique et famélique. Annoncé depuis début mai comme probable sélectionneur national, le Français Henri Stambouli n’est jamais parvenu à signer ce fameux contrat. Reporté à maintes reprises, il a fallu la réunion du mercredi 21 mai dernier entre les membres du Bureau Exécutif de la Fédération Togolaise de Football et le Comité de suivi moral pour découvrir le pot aux roses.

Le Français râlait a dénoncé l’inorganisation de la FTF à travers la convocation des joueurs, le choix de son adjoint, notamment Tchanilé Tchakala, qu’on lui aurai «imposé», aux dépens de Mawuéna Kodjovi : « Au Togo, je ne sais pas pourquoi, on ne veut pas tenir compte des compétitions et on en vient à adopter pour l’adjoint de l’adjoint pour faire l’adjoint », a-t-il pesté, avant d’annoncer son retour en France en attendant que les conditions de travail s’améliorent pour la signature. La sortie tonitruante du Français en a fait réfléchir plus d’un et a une fois de plus empoisonné les débats et pourri l’atmosphère. C’est à se demander si le Togo du Football est maudit. Mais d’après nos investigations, c’est bien le ministre de la jeunesse, des sports et des Loisirs, qui est à l’origine de cette pagaille décriée par le Français. Antoine Folly, c’est lui qui avait enclenché le processus de recrutement de l’entraîneur, en invitant des « chômeurs blancs », comme Michel Hidalgo et Gérard Solaire, pour rédiger un cahier des charges à ce propos.

Le ministre Folly a ensuite rédigé tout seul le contrat, sans la collaboration de la fédération. Il aurait ensuite soigneusement caché ledit contrat  à tout le monde. Sommé de le sortir au cours de la réunion du 21 mai, on découvre que c’est une magouille, une complaisance, bien plus qu’un contrat d’entraîneur. A titre indicatif, on y lit que Stambouli est « sélectionneur national de la FTF, Directeur des sélections nationales du football du Togo, recruté par le ministre de la Jeunesse des Sports et des Loisirs et sous son contrôle ». A ce niveau, tout porte à croire que le Français est tout à la fois Directeur Technique et entraîneur des cadets Juniors Olympiques et ne collabore qu’avec le ministère, puisqu’au nombre des signataires de ce contrat, la Fédération ne figure nulle part. Ce technicien, qui devrait être sous contrat jusqu’en 2010, n’a aucune mission principale définie, ainsi que des clauses contraignantes pouvant conduire à la réalisation ou rupture du contrat.

Plus grave, aucune prime n’est définie pour les voyages de l’entraîneur, qui ne pourra rien se faire rembourser sans pièces justificatives. Ainsi, pour tout déplacement du Français, il suffit qu’il arrive à produire une facture pour se faire payer. Stambouli, selon les termes de ce projet de contrat, devrait gagner environ 7 millions de francs CFA par mois et voyager pour ses matches en classes affaires. La liste des anomalies n’est pas exhaustive. En effet, la colère saine d’Henri Stambouli s’explique par certains amendements apportés à son contrat au vu de toutes ces anomalies et qui ne sont pas à son goût, mais le Ministre Folly aurait refusé qu’on fasse des retouches à son contrat magouillé. Tous les éléments cités montrent bien que le Ministre Antoine Folly n’a toujours pas changé. Il continue d’enfoncer dans les profondeurs abyssales le Football Togolais pour ses propres intérêts.

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3/06/08