Tata Avléssi Adaglo, coupable d'une conspiration? |
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Le président de la Fédération togolaise de football (FTF), Tata Avléssi Adaglo, se dirigerait-il vers un non-lieu dans l’affaire de corruption qui secoue en ce moment le football togolais et africain? En effet, reconnu coupable par la CAF au seul dire et écrit de l’arbitre togolais Attivi Cessi et selon nos informations, des documents envoyés à la CAF par Espoir Asogbavi l’ancien secrétaire général de la FTF, Tata Avlessi n’a jamais reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a fait appel de cette décision et devra se présenter mardi prochain, 31 juillet 2007, au Caire. |
Pour certains détracteurs du président Avlessi, rien ne changera la décision prise par la CAF, car tout est fixé d’avance pour l’homme de Masseda City, localité située à 90km de Lomé. Mais Monsieur Avlessi Adaglo sera lavé de tout soupçon si une justice existe encore au sein de la famille du football. Il est utile de rappeler que l’arbitre Pa Abdou Sarr (suspendu à vie par la CAF), qui vient de faire une déclaration fracassante aux médias togolais par le biais d’une radio locale, Sport FM, et avant cela sur les antennes de la BBC à Londres, a avoué n’avoir jamais rencontré le président Tata Avlassi. «Je ne connais pas cet homme, je ne l’ai jamais vu, Tata est victime de ceux qui veulent le voir disparaître… c’est une affaire qui n’a rien à voir avec le football, je crois que l’on m’a sanctionné parce que je n’ai pas fait ce que l’on m’a demandé de faire». Pa Abdou Sarr déclare encore, «Attivi m’a dit que ce président est trop compliqué, il est nouveau dans le système… je jure sur le Coran, que Tata ne m’a jamais rien remis car je ne l’ai jamais vu de ma vie, cette histoire est liée à l’affaire de l’UFOA, parce que Tata était du camp de Jacques Anouma, je suis prêt à faire d’autres déclarations… Que l’on me suspende, je peux encore comprendre, mais ce monsieur, Tata, non!» |
Voilà une affaire qui pourrait bien faire davantage de bruit, car l’arbitre gambien a aussi laissé entendre que l’argent qui a servi à démontrer la tentative de corruption ne vient pas de Tata Avlessi Adaglo, mais d’une autre source. Pourtant, Monsieur Avlessi a été suspendu pour une durée de huit ans ! Comble de l’étrangeté, l’appel n’est pas suspensif à la peine, comme habituellement dans tous les tribunaux sportifs du monde. Allons-nous vers une jurisprudence qui portera le nom de Tata Avlessi, comme l’arrêt Bosman? Wait and see! Rappelons les faits: |
Une suspension de huit ans a été infligée il y a environ quatre semaines à Tata Avléssi, accusé d'avoir voulu acheter la rencontre Tunisie/Togo (3-0) en remettant la somme d’un million de francs et demi de CFA (1,5 Millions de CFA). Cette somme d’argent est passée par les mains d’un arbitre togolais, Monsieur Attivi Cessi, qui devait remettre cet argent à l’arbitre gambien, Pa Abdou Sarr. Tout ceci se passait pendant la Coupe d'Afrique des Nations des moins de 17 ans, organisée dans la capitale togolaise. Mais qui pourrait croire que le président de la Fédération Togolaise aurait acheté un match, afin que les adversaires de son propre pays le remportent? On peut certes parler là d’échec de l’opération, mais si conspiration il y a, elle aurait sans nul doute pu être orchestrée de manière bien plus crédible… |
Plusieurs sources concordantes à Lomé parlent donc d'une conspiration menée contre le président de la FTF par ses adversaires du bureau exécutif de la fédération. Depuis la mise en place de ce bureau en janvier dernier, le torchon n'a cessé de brûler entre M. Avlessi et ses premiers collaborateurs, notamment son 1er vice-président, Gabriel Améyi (photo ci-contre), qui a été rejoint récemment par le secrétaire général Espoir Assogbavi - qui n'a pas manqué d'envoyer une lettre de remerciements à la CAF, pour avoir suspendu Avlessi - et son adjoint Amavi. M. Avléssi, qui a été sanctionné en première instance par le Conseil disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), n'a jamais reconnu les faits qui lui sont reprochés et a fait appel de la décision, un appel sur lequel le Conseil se prononcera après l’audition de mardi prochain au Caire (31/07/07). Le gouvernement togolais a provisoirement interdit toute activité à la FTF, de même que l'accès de tous les membres du bureau exécutif à leurs locaux. Cela ne semble d’ailleurs pas être une bonne solution, les instances du football mondial (FIFA) jugeant visiblement cette interdiction malvenue. |
En tout cas, nous venons d’assister à un retournement de la situation de ce que l’on est en droit d’appeler aujourd’hui, «l’affaire Tata Avlessi». Il existe un tel flou artistique dans cette affaire, que nous sommes libres de croire que tout ceci fait état d’une conspiration bien menée par certains membres du football togolais, aidés par certains membres de la famille du football africain. Si tout ce que l’arbitre gambien affirme est pris en compte, le président de la CAF, Issa Hayatou, se verra peut-être obligé de se séparer de certaines têtes qui semblent être impliquées dans cette sombre affaire de corruption. La décision de la commission repose sur la parole d’un homme contre celle d’un autre. Aucune preuve tangible n’a été établie ni présentée. Un jugement ne doit-il pas reposer sur des fondements avérés et sérieux? De simples présomptions ou intérêts personnels sont-ils aujourd’hui à l’ordre du jour de la commission de la CAF, au vu et au su de tout le monde? |
Car, fait ahurissant, lors du déroulement de la session de la commission de la CAF, seul Monsieur Avlessi était présent. Aucun des autres acteurs n’avaient été convoqués. Messieurs Attivi et Saar ont brillé par leur absence. Non qu’ils aient refusé de se présenter à l’audience, mais parce qu’ils n’y avaient pas été convoqués. Qu’est-ce donc que cette parodie de tribunal où une seule et unique partie est représentée, alors que l’affaire elle-même en présente plusieurs? Nous avons d’ailleurs ouï dire que le 31 juillet prochain, lors de la session d’appel demandée par Monsieur Avlessi, il sera à nouveau la seule partie présente… Jugez donc par vous-même de l’utilité et de l’équité de cette commission… Cessons cette indigne comédie qui se veut, de surcroît, officielle et exemplaire, et espérons que tout ceci trouvera une issue honorable, pour le bien de notre football. Nous souhaitons tous que la justice fera proprement son travail. Il est aussi important de souligner que certaines lois ou textes doivent être revus par les membres de la commission de discipline, afin que la justice y retrouve sa place. |
Le football africain a connu maintes affaires de corruption. Des arbitres, des présidents de fédération, des clubs, des sélections nationales… Mais aujourd’hui, ce sont l’honneur et la crédibilité de la plus haute instance du football africain qui sont en jeu. Le président de cette institution, Monsieur Issa Hayatou, a-t-il son mot à dire dans ce genre d’affaires? A-t-il un droit de regard sur les jugements rendus par la commission de la CAF? Si oui, il est temps pour lui de faire valoir son droit. Si non, il est grand temps de modifier certains règlements absurdes et arbitraires. Cela pourrait bien éviter à la CAF et le football africain d’être la risée du monde sportif. |
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26/07/07 |
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