Affaire de corruption: Tata Avlessi, Pa Abdou Sarr, la CAF et Attivi Cessi à Lausanne

Dans l’affaire de corruption qui a secoué le football togolais et africain lors de la CAN des cadets à Lomé (13 mars 2007), le président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Avlessi et deux arbitres (togolais et gambien) ont écopé d’une suspension à vie et sont désormais tenus éloignés des stades de football par la Confédération Africaine de Football (CAF). En effet, lors de la rencontre (match de poule) Togo/Tunisie (0-3), comptant pour une qualification à la Coupe du Monde en Corée du Sud (18/08/07), un des arbitres assistants, le Soudanais Abdallah Mohamed, aurait indiqué à un membre de la commission des arbitres de la CAF, le Tunisien Néji Jouini, qu’une enveloppe aurait été remise au gambien Pa Abdou Sarr par l’entremise d’un confrère togolais, Attivi Cessi. Le Tunisien Neji Jouini en informe la CAF, qui tenait son siège à l’hôtel Sarakawa de Lomé. Puis, Jouini, estimant que son rôle était d’en informer également la FIFA, transmit illico un rapport de cette affaire au siège de la FIFA à Zurich. L’affaire Tata Avlessi est née. Elle déclenchera tant de passion au sein de la famille du football togolais et africain que certains observateurs ne sauront plus du tout où se trouve la réalité. Les journaux togolais ont bien évidemment diffusé très largement cette affaire et se divisèrent en deux camps: celui de l’homme de Masseda (ville située à 80 km de Lomé) et celui de Gabriel Ameyi, qui voit là une bonne occasion de ravir le poste de président de la FTF à son grand rival, Tata Avlessi. Les supporters togolais, ont pris en grippe les arbitres et les joueurs tunisiens en les gratifiant de projectiles (Photo ci-dessus).
Dans cette affaire, qui s’est déroulée à Lomé, seuls les arbitres ont été entendus et le président de la FTF, lui, ne fut convoqué que deux mois plus tard, au mois de mai au… Caire, en Egypte (voir les articles concernant cette affaire). Tout a été écrit et dit dans cette affaire, qui a longuement alimenté les conversations à Lomé, Abidjan, Banjul, Cotonou, Accra, Dakar, Durban et au Caire. Certains parlent d’un règlement de comptes dans le milieu du football africain, d’autres confirment la corruption du sieur Avlessi (Photo ci-contre) et traitent l’un des grands mécènes du football togolais de voyou, dixit le président de la fédération béninoise de football (FBF), Anjorin Moucharaf (Photo ci-dessous). Dans cette avalanche d’accusations et de haine, le football togolais et africain en perd tout son crédit. Toujours est-il que la gestion de ce scandale, lié à la corruption dans le corps arbitral africain, n’est pas faite dans les règles. «En effet, sur la forme et surtout sur le fond, rien n’a été fait pour assurer une bonne défense des accusées et l’enquête fut bâclée sans que l’on puisse retrouver une forme juridique digne des instances d’une cour de justice», déclare le conseil d'Avlessi. Certains avocats des parties incriminées, à savoir Maître Coffi Akéréburu, qui défend la cause de Monsieur Avlessi, parle même d’une gestion paternaliste du dossier et estime que rien ne permet aux accusateurs d’incriminer son client. Il a, en outre, estimé les sanctions infligées assez lourdes de conséquences et inappropriées, au vu des éléments versés au dossier par la partie accusatrice.

Pour se faire une idée de ce qu’est devenue cette triste affaire de corruption du football africain, voici quelques documents qui évoquent la gestion calamiteuse de la commission de discipline de la CAF. Et pourtant, les exemples ne manquent pas dans le milieu du football mondial. Rappelez-vous l’affaire VA/OM qui permit de condamner Monsieur Bernard Tapie (Photo ci-contre). La Fédération Française de Football (FFF) avait du attendre la décision de justice pour sanctionner définitivement le président de Marseille et pas avant, comme cela s’est pourtant fait pour le sieur Avlessi De Mass. Cette affaire de corruption d’arbitres semble prendre le chemin du tribunal civil, car elle relève de l’ordre du pénal, comme ce fut le cas pour Bernard Tapie. Du côté de Maître Coffi Akéréburu, l’on insiste sur l’expertise des enveloppes transportées par l’arbitre togolais, Attivi Cessi, et qui contenait les sommes de 600.000 francs CFA et 500.000 francs CFA  (1.100.000 francs CFA), afin d’y relever les empreintes de ceux qui ont vu transiter cette «énorme somme d’argent»… Le magistrat et arbitre togolais, Attivi Cessi, s’emmêle les pinceaux en revenant deux, voire trois fois sur ses déclarations, et en envoyant des lettres qui annulent les premières, il accuse et innocente monsieur Avlessi. Il déclare avoir remis de l’argent à l’arbitre gambien, Pa Abdou Sarr (Photo ci-contre), et téléphone pour s’excuser auprès de son collègue, après la condamnation de ce dernier.

Au moment où nous mettons cet article en ligne, Monsieur Attivi aurait déclaré qu’il ne répondra point à la convocation du tribunal arbitral du sport à Lausanne en Suisse, comme d’ailleurs il refuse de se plier aux convocations de sa hiérarchie au Togo. Bref, l’homme est insaisissable et imprévisible, il aurait peur de se faire interpeller par la justice suisse, après l’audience au château de Béthusy (photo ci-contre), selon nos informations. Lors de cette audience à Lausanne, comparaîtront donc Tata Avlessi, Pa Abdou Sarr, la CAF, Amessi Koku, Espoir Komlan Assogbavi (ancien secrétaire général de la FTF) et Attivi Cessi.  Il est important de remarquer qu’Attivi Cessi a, depuis le 10/09/2007 - date de dépôt de recours devant le tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne par Maître Coffi Aquereburu - disparu de la circulation. Il ne répond point aux injonctions d’huissiers et ignore les convocations du conseil supérieur de la magistrature du Togo. L’on parle de radiation de l’homme de loi dans le milieu de la magistrature de ce pays, mais rien ne bouge pourtant à Lomé dans une affaire aussi grave car, ne l’oublions pas, il s’agit bel et bien de corruption reconnue par un magistrat.
Aurons-nous enfin le fin mot de l’histoire, à Lausanne, le 18 janvier prochain? C’est ce que toute la famille du football togolais et africain attend. Du côté de la fédération nationale du Togo, les yeux et les oreilles seront orientés vers Lausanne. Certains attendent la condamnation de l'homme de Masseda pour engager définitivement leur candidature à la tête de la FTF et les partisans de Tata Avlessi De Mass attendent le «BOSS» pour fêter son innocence et onze longs mois de bataille. Ce qui est certain, c’est que Raymond Ranjeva (juge malgache, ci-contre), le président du tribunal arbitral du sport, sera intransigeant dans cette affaire, le 18 janvier prochain, au château de Béthusy, situé au numéro 2 de l'avenue de Beaumont à Lausanne.

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14/01/08