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Football
Féminin : Bien dans sa peau, bien à sa place
Par Charly Mouna |
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«C’est avec un
réel plaisir que je vais enfin retrouver la coupe du monde féminine,
après l’avoir quitté il y a quatre ans, ici même
aux Etats-Unis». Ces paroles pleines d’émotion
et émanant du président de la FIFA en personne, M. Joseph
Sepp Blatter, démontre à quel point l’homme et l’institution
qu’il dirige sont désormais attachés au football
pratiqué par les femmes. Le moins qu’on puisse dire est
que le chemin qui menait le football féminin vers les sommets
de la reconnaissance a été sinueux, et semé d’embûches.
Longtemps, il a été perçu comme la piètre
caricature d’un jeu conçu exclusivement pour des «machos»
en culottes courtes ! |
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| Vices champions
du monde en 1999, les chinoises sont la fierté des autorités
politiques de leur p ays.
Elles sont considérées à juste titre, comme des
ambassadrices. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, au début
du siècle, les jeunes filles devaient se travestir pour pratiquer
leur sport favori, afin d'échapper aux représailles des
autorités en place. Même l’Angleterre, berceau du
football a longtemps ignoré la pratique du football par les «Ladies».
Elles aussi ont subi la brimade au pays du football. Mais à travers
les ans, ce football tant décrié a su braver interdits
et critiques acerbes, (même de la gente féminine), pour
définitivement s’installer dans le giron international.
Ce n’est que depuis la dernière coupe du monde disputée
en 1999 aux Etats-Unis, qu’il a définitivement acquis ses
lettres de noblesse, et gagné le respect de la presse spécialisée.
Ils étaient des milliers à accourir du monde entier pour
couvrir le tournoi. Un évènement jalonné de succès! |
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A un journali ste
sceptique, qui demandait un jour à Joseph Antoine Bell, gardien
de but de l’Olympique de Marseille au milieu des années
80, «ce que le footballeur africain apportait de plus au football
européen», la réponse du champion camerounais
fût lucide et sans équivoque : «Plutôt
que de raisonner en terme de plus ou de moins, raisonnons en terme de
différence…». La différence. Elle est
là, justement la réponse aux derniers sceptiques, à
ceux qui doutent encore des vertus du football pratiqué par «
ces demoiselles en crampons !» Le football féminin
se pose dorénavant comme une alternative au football masculin,
avec toute sa spécificité, et son originalité.
Il ne vient pas se greffer à ce qui existe déjà.
Non ! Il apporte une touche nouvelle et exquise à notre sport
roi, à tous, en lui donnant par la même, une dimension
encore plus noble! |
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Ceux qui ont eu le bonheu r
d’assister à la dernière finale de la coupe du monde
entre la Chine et les Etats-Unis en 1999 à Pasadena, ou au quart
de finale qui opposait la même année le Nigeria au Brésil
à Washington, ne peuvent qu’abonder dans ce sens. Magiques
! Ces rencontres qui se sont cristallisées dans les mémoires,
font désormais parties des plus beaux moments de l’aventure
humaine et sportive. Mais, en gagnant ses lettres de
noblesse, faut–il craindre que ce football nouveau ne se rapproche
(fatalement) de celui pratiqué par les garçons? Il va
de soit qu’avec l’intérêt grandissant qu’il
suscite, le football des filles est appelé à évoluer,
avec des athlètes autrement mieux préparées, et
produisant un jeu plus physique et de surcroît plus tactique. |
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Doit–on alors craindre le «pire?».
Contrairement à Aimé Jacquet, l’ ancien
patron des "coqs tricolores", l’équipe de France
masculine, et ardent défenseur du football féminin dans
son pays, je ne pense pas un instant que le physique vienne dénaturer
ce jeu au point de lui faire perdre de sa spécificité.
Bien au contraire, le football des femmes va continuer à grandir,
en offrant au grand public un spectacle encore plus attrayant. Non pas
parce qu’il va s’apparenter à celui produit par les
hommes! Mais simplement parce qu’il va s’élever en
gardant toute son originalité. |
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| Charly Mouna |
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