Cette rubrique sera animée par Jacques ROUX qui commentera la composition des équipes, le choix des sélectionneurs, l'évolution du jeu avec les avis des spécialistes (entraîneurs - managers - sportifs - journalistes - etc.), les blessures, les organisations, bref, un regard critique sur le football africain avec une ouverture sur le forum où tout le monde pourra donner son avis en réagissant sur le sujet. Le débat sera donc très ouvert et cela ne manquera pas de susciter du mécontentement et des susceptibilités. Nous ne serons pas des amours pour tout le monde et nous nous en excusons, nous voulons tout simplement faire avancer le football de ce continent. archives...


Football Camerounais: entre malaise et tourmente. Une affaire de gros sous!

Depuis deux décennies, le football camerounais se maintient, malgré son inorganisation endémique, sur la plus haute marche du podium et les footballeurs de ce pays tiennent la dragée haute sur le marché des transferts. Le Cameroun a toujours produit un football respectable, sur le plan compétitif, nul ne le conteste. Ce football peut se prévaloir d'une respectabilité toute légitime à travers la planète. Après leur victoire à la CAN 2002 au Mali, tous les observateurs étaient unanimes: les Lions Indomptables sont imprenables! Mais, c'était oublier un paramètre incontournable: SES DIRIGEANTS… qui ne cessent d'étaler leur incompétence à chaque sortie de la sélection nationale. Des cris se sont élevés ici et là, et au sein même de la direction pour dénoncer les non sens et les incompétences récurrentes de certains hauts responsables. Les langues commencent à se délier pour dénoncer ce qu'on qualifie de "hold up permanent"! Aux réactions assez timides, du début, se sont substituées des mises en cause plus virulentes. On peut citer les cas de Louis Marie Ondoa, hier, sur Africafoot.com, "Les échecs ne nous font pas tirer de leçons, les contre performances ne semblent préoccuper personne, ou alors pas grand monde." et de Eugène Ekékè aujourd’hui chez notre confrère le Messager "On veut récolter sans semer" pour ne citer que ces deux exemples!
Oui, le bateau du football camerounais prend de l’eau et certains rats quittent le navire. Les dérives semblent avoir trop longtemps duré. Les amoureux de ce sport dans ce pays et les millions de supporters des Lions Indomptables ont le sentiment légitime qu'on se moque d'eux. Des hommes "véreux" et "incompétents" pourrissent la sélection nationale qu'ils dirigent comme une affaire personnelle. "Si les instances chargées d’organiser les compétitions des jeunes sont incompétentes, qu’on nous le dise, et nous organiserons des inter - quartiers pour nos jeunes," déclare Eugène Ekékè aujourd'hui! Cela n’est pas nouveau dans ce pays, tout le monde le sait! Le doyen de la musique camerounaise, Salè John ne dit-il pas, "Le soleil rayonne sur le ciel du village des loups affamés…" François Penaud, journaliste au journal L’Equipe sur les colonnes du journal Africa Internationale (Après le mondial asiatique), a parlé de "l’incompétence du ministre des Sports Pierre Bidoung Kpatt et de son entourage sur la gestion de la sélection nationale". Plusieurs journaux locaux et étrangers ont fait état de la mauvaise gestion du groupe. Certains joueurs, à l'image de Lauren Etamé, ont quitté le groupe. Le peuple camerounais qui est très attaché à sa sélection nationale critique fortement et régulièrement ceux qui la dirigent, sans que cela n'émeuve quiconque au sein des instances supérieures. Nous avons l’impression, que, plus on est médiocre dans ce pays, plus on dure. La médiocrité s'est-elle transformée en excellence? Beaucoup le pensent depuis longtemps! Comment, après une déconfiture comme celle du mondial asiatique, tous les responsables du football camerounais ont-ils réussi à garder leurs postes alors que dans tous les pays qui ont subi le même parcours, le nettoyage fut de mise ?
Les choses sont claires : au sein de la "mafia du football camerounais" - puisqu'il faut appeler les choses par leur nom- les erreurs sont rédhibitoires et mériteraient désormais sanctions. La situation d'impunité manifeste de certains responsables pousse à penser qu’ils sont intouchables! Des noms circulent dans le milieu et des hommes comme David Mayebi, le "très honorable" vice-président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) sont pointés du doigt. Selon des sources bien introduites, c’est lui, l’homme fort de la FECAFOOT à ce jour, car l’actuel président de la fédération nationale, Iya Mohamed, a instauré une politique de non gouvernance avec une devise : "ne pas gouverner, c’est diriger, c'est durer…" Ce dernier laisse le soin à ses collaborateurs la mainmise complète sur les structures du football camerounais. Iya, quant à lui, ne prend aucun risque! Prenons un exemple. Comment expliquer, qu'après avoir déclaré dans le quotidien Cameroon Tribune, que le contrat avec ICM Sport (organe chargé d’organiser la préparation des Lions Indomptables) était en voie de rupture, il revient relancer ladite société à Paris pour une reprise en main des affaires ? Tout laisse à penser que la déroute de Châteuroux (3-0 face à la Côte d'Ivoire) y est pour beaucoup!
Tout le monde sait aujourd’hui ce qui s’est déroulée lors de cette rencontre quant à son organisation. On se demande encore aujourd'hui, quelle est la somme versée par l’organisateur Jean Garcia à la fédération camerounaise! Des rumeurs les plus folles circulent sur les pots de vin encaissés par certains responsables de la FECAFOOT qui ont un appétit sans fin. Faut-il rappeler que c’est le même personnage qui a organisé la rencontre Cameroun / Argentine en Suisse ? Il était question d’un versement de 50.000$. Joint au téléphone, Monsieur Garcia a déclaré avoir finalement donné la somme de 30.000$, alors que du côté d' ICM SPORT qui avait engagé les négociations de cette rencontre, l’on parle d’un montant de 100.000$ minimum lors des négociations avec la Fédération Argentine de Football. N’oublions pas que ce dossier est suivit depuis 1997 par la dite société au temps de Vincent Onana. Ce match fut annulé purement et simplement par le ministre de l’époque, Joseph Owona, "l’Argentine se trouve trop loin et cela risque de fatiguer nos joueurs,avant la coupe du monde" avait-il déclaré. Ce qui avait généré un manque à gagner d’un minimum de 500.000$ pour les organisateurs.
Revenons à la rencontre «mystérieuse» de Châteauroux, plusieurs personnes se demandent, où se trouve la vérité dans cette nébuleuse histoire, dont seul le Cameroun a le secret? Où est passé le reste de la somme versée? Certains n'hésitent pas à répondre : "dans la poche de certains hommes forts de la FECAFOOT". Dans toute cette nébuleuse, un nom revient constamment dans nos investigations, celui d’un certain "Roi du Pétrole… du Pétrole Brut", comme le proclame l'annonce d'accueil du répondeur de son téléphone portable. C’est lui, le seul habileté a négocier au nom de la FECAFOOT, oubliant manifestement les règles qui régissent le respect d’un contrat. La fédération écossaise de football a d’ailleurs adressé une correspondance dans ce sens à la société ICM SPORT, mandataire contractuel, qui était en négociation pour une rencontre avec le Cameroun: "la FECAFOOT ne souhaite avoir aucun intermédiaire dans une négociation quelconque sur la rencontre amicale qui pourrait se jouer avec l’Ecosse…" Il se trouve effectivement que certains responsables de la FECAFOOT utilisent des méthodes peu avouables pour se substituer à l'organiseur attitré afin de se remplir les poches.
A la lumière de tous ces évènements, le but recherché par certains responsables de la FECAFOOT, ne serait-il pas de conjuguer le verbe manger au présent ? "Je mange, tu manges et… nous mangeons". Les autres pronoms personnels étant soigneusement écartés. Oui, "manger, manger et toujours… manger?" L’un d’eux déclarait un jour, "venez au pays voir comment cela fonctionne et vous comprendrez. Arrêtez de faire votre politique sur les bords de Seine. Il serait temps que vous compreniez que ce n’est pas la même chose et que vous ne pouvez rien changer à cela avec vos écrits. Il faut ratisser large car l’on ne sait pas de quoi demain est fait. On s’en fout du lendemain, à quoi cela sert-il de savoir de quoi demain sera fait ?Pour l’instant, nous maîtrisons le système, nous sommes aux commandes aujourd’hui. Attendez votre tour…" Cette déclaration fait froid dans le dos ! Et nous le constatons aujourd’hui, les jeunes n’ont pas de championnat et personne ne s’en occupe au sein de la FECAFOOT, malgré les cris de Ondoa Louis Marie, le président de cette section, totalement désespéré de ne pas trouver écho à son projet qui se trouve sur le bureau du président Iya Mohamed.
Si les choses restent en l’état, le football camerounais se retrouvera au fond de l’abîme dans les années à venir. L’urgence, c’est de faire le ménage et de se débarrasser de certains dirigeants peu scrupuleux. Il serait temps que les hautes instances dirigeantes prennent les devants afin d’éradiquer ce système qui est dominé par des oiseaux de proie insatiables. Le Cameroun est-il toujours le Cameroun ? De toutes les façons la Fédération internationale de Football Association (FIFA) par la voix de son président, Monsieur Joseph Sepp Blatter, a décidé de sévir à l'encontre des responsables sportifs qui se serviront du football pour se remplir les poches (le 26 janvier 2003).
Jacques Roux




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04/03/03