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Lions d'Europe

Par Jean-Philippe Réthacker

 
La 23ème Coupe d'Afrique des Nations n'a fait que confirmer ce qu'on savait déjà. A savoir :
1 - que le Cameroun est bien la meilleure sélection nationale africaine. Cela a été démontré par une domination permanente, un équilibre impressionnant attaque (9 buts marqués) - défense (aucun but concédé), et la victoire en finale, même si elle fut acquise par l'épreuve des tirs au but, puisque la CAF refuse comme tout le monde (sauf les Anglais), de faire rejouer sa finale, ce qui est et reste plus sportif et plus juste.
2 - que le Sénégal-médaille d'argent- est bien aujourd'hui le dauphin du Cameroun et qu'il a sa place dans l'élite, même mondiale, ce qu'on pourra vérifier en Corée et au Japon prochainement.
3 - Que l'Europe est désormais peuplée de Lions rugissants, les "Indomptables" camerounais et ceux de la "Teranga" sénégalais. Car si les deux finalistes étaient ces deux là, c'est bien parce que leurs équipes étaient constituées essentiellement de footballeurs professionnels évoluant dans les meilleurs clubs européens et français. Ce qui leur a permis forcément de progresser et de supplanter les "Locaux" de leurs pays.
4- Qu'a contrario cette évolution s'est manifestée aussi dans le domaine du jeu et sur le plan tactique. Car la plupart des matches que nous avons vus ici, ont démontré l'importance, voire la prépondérance, des systèmes défensifs renforcés, surtout au milieu du terrain, au détriment d'attaques et d'attaquants réduits à deux, voire un seul, élément. En fait, on a vu du vrai football européen, pour le meilleur (une remarquable première période de finale) et pour le moins bon. Les chiffres parlent d'ailleurs d'eux mêmes: 50 buts marqués en 32 matches. Soit une moyenne de 1,562 buts par match. Alors qu'en 1998 et en 2000, en 32 matches également, elle avait été de 2,91 et 2,28. Beaucoup de 1- 0 (dix en tout), beaucoup de matches nuls serrés (dix également).
Le footballeur africain peut être le Brésilien des années 2000. A condition qu'il ne perde pas complètement sa créativité, son habileté diabolique, sa joie de jouer. Ce que son cousin sud américain a d'ailleurs un peu trop perdu…
5- que le Mali enfin s'est éveillé au football. Sa Coupe d'Afrique des Nations a été parfaitement réussie: organisation, accueil, ambiance, engouement populaire. Et son équipe nationale construite avec les "Enfants" de Salif Keita, quatrièmes très surprenants et méritants, a démontré une valeur très prometteuse qu'on devrait retrouver dans les années et les CAN à venir…
Jean-Philippe Réthacker

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