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| Carton Rouge - Madame Ouédraogo : Mobilisons-nous pour sauver nos enfants de cette pratique ignoble. | |||
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CARTON ROUGE AU TRAVAIL DES ENFANTS
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Aujourd'hui, dans toute l'Afrique,
des millions d'enfants travaillent au lieu d'aller à l'école.
Bon nombre de footballeurs qui participent à la Coupe d'Afrique
des Nations,
Mali 2002 ont échappé à des conditions analogues
d'extrême pauvreté pour devenir les champions qu'ils sont
aujourd'hui... Et nous leur rendons hommage. Inspiré et encouragé
par le modèle que représentent ces sportifs, le Bureau
International du Travail (BIT) a entrepris de lancer, en partenariat
avec la Confédération Africaine de Football (CAF)
et le Comité d'Organisation de la Coupe d'Afrique des Nations
(COCAN) - Mali 2002, une campagne de mobilisation et d'information
sous le slogan "Carton Rouge au travail des enfants".
Durant les trois semaines de la compétition, des milliards de personnes
en Afrique et partout dans le monde recevront un message qui en
appelle à l'élimination des pires formes de travail des
enfants. Africafoot.com a décidé de participer à
cette campagne de sensibilisation et de rendre compte de l'action menée.
Après le match d'ouverture Mali - Libéria, nous avons
rencontré au Stade du 26 mars, madame Ouédraogo
( ) que les chaînes de télévision semblaient ignorer,
intéressées seulement par les déclarations des joueurs
et des entraîneurs: il faut vendre. Et la maltraitance des enfants
n'est pas un sujet qu'ils doivent considérer d'actualité
ou d'importance dans ce moment de CAN 2002. Et pourtant le slogan
est trop fort et connu de tous les footballeurs et entraîneurs:
"Carton Rouge". Mais cette fois l'arbitre le brandit contre
le travail des enfants et Africafoot.com adhère complètement
à cette initiative car ne l'oublions pas, les enfants c'est tout
simplement l'avenir et si nous les sacrifions, c'est l'avenir de notre
société que nous hypothéquons. Le livre d'or d'Africafoot.Com
est à votre disposition pour la signature d'une motion de soutien
au BIT, et nous espérons que vous serez nombreux à
manifester votre soutien à cet organisme qui a engagé un
combat louable. C'est aussi cela, l'esprit du Diatijya. Nous vous
proposons l'entretien que nous avons eu avec Madame Ouédraogo
à Bamako. |
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| Africafoot.Com : Pourquoi avoir appelé l'opération " Carton rouge " ? | |||
Ouédraogo : Au football,
lorsqu'il y a des violations graves aux règles du jeu, on sort
le carton rouge. Par analogie, nous avons considéré que
"Carton Rouge" au travail des enfants c'était
les valeurs du football, et aussi les valeurs que nous étions en
train de promouvoir contre le travail des enfants. Nous devons mobiliser
tous les pays de ce continent contre cette pratique ignoble qui nous dévalorise.
Les enfants ne doivent plus subir cet esclavage masqué, nous devons
penser à leur scolarisation. Il est vrai que la pauvreté
est un facteur déterminant dans ce processus mais cela ne doit
pas être une raison pour abandonner nos enfants aux "Négriers"
des temps modernes. La lutte sera longue mais notre devoir est de ne pas
baisser les bras, certains chefs d'Etat de pays africains l'ont compris
et nous soutiennent dans ce combat qui ne fait que commencer. L'OIT ne
s'arrêtera pas en si bon chemin
avec le soutien de la CAF
et du Monde du Football, nous comptons faire passer un message fort pendant
cette Coupe d'Afrique des Nations au Mali. Nous espérons
que les médias présents à cette compétition
seront le meilleur relais pour faire passer notre message qui est aussi
le leur car nous sommes tous des parents d'enfants et les notre pourront
aussi se retrouver dans cette situation d'enfants esclaves. En tout cas,
je prie le monde du football de nous donner un coup de main pour sensibiliser
les parents et surtout pour condamner cette pratique. J'en profite pour
remercier Monsieur Issa Hayatou, le Président de
la Confédération Africaine de Football, qui nous
a apporté tout son soutien et il a demandé que notre pancarte
soit visible sur les stades de la compétition. |
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| Africafoot.Com : Quelles sont les actions que vous engagez dans le cadre de la CAN 2002? | |||
Ouédraogo : Notre ve nue
à la CAN n'est qu'une activité parmi tant d'autres.
Nous avons un programme international pour l'élimination du travail
des enfants qui opère en ce moment dans soixante-quinze pays du
monde avec plus de vingt-cinq donateurs. Ces programmes, nous les réalisons
avec l'aide des pays, dans le but de trouver des alternatives pour les
enfants et pour leurs parents, et aussi pour sensibiliser l'opinion internationale
sur ce grave problème. "Le travail des enfants, c'est tout
sauf un sport ou un passe-temps." |
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| Africafoot.com : Votre intervention à cette CAN 2002 est une opération ponctuelle ou vous envisagez une longue alliance avec la CAF ? | |||
M.Ouédraogo : Nous espérons
une longue alliance avec la Confé dération
Africaine de Football (CAF). Nous avons signé un accord de
partenariat avec eux, qui consiste à inviter les différentes
fédérations sportives nationales à s'engager dans
cette lutte. Et nous demandons aux gouvernements, aux employeurs et aux
travailleurs dans les différents pays d'entreprendre une action
concrète avec le support des joueurs de football. Je pense que
ces garçons qui sont des stars en Afrique peuvent mieux quiconque
tranmettre un message positif qui sera bien écouté. N'oublions
pas que, presque tous viennent de milieux défavorisés et
qu'ils ont eu à connaître les dures lois de la pauvreté
de notre continent. Je suis Burkinabè et je sais de quoi je parle.
Je profite donc du fait que vous me donniez la parole pour lancer un cri
de secours, celui d'une femme, d'une mère. J'implore tout footballeur
africain à s'engager dans ce "combat" qui doit
aussi être le sien. |
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| Africafoot.com : Quels sont les footballeurs africains que vous avez contacté ? | |||
M.Ouédrao go
: Nous avons un clip vidéo qui passe sur presque toutes
les chaînes de télévision, dans lequel ont participés
Roger Milla, Merry Krimau, Salif Keita et d'autres qui clament
leur indignation face au travail des enfants. Nous avons associés
à des vedettes comme Alpha Blondy. Le BIT compte
rencontrer plusieurs footballeurs de ce continent qui sont en activité
afin de les sensibiliser sur la question. Nous comptons aussi sur Africafoot.Com
et les autres médias pour une large diffusion de cette campagne. |
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| Africafoot.com : Avez vous un pays particulièrement condamnable ? | |||
M.Ouédraogo : Malheureusement,
le travail des enfants existe da ns
pratiquement tous les pays et dans tous les pays africains. Il y a 80
millions d'enfants qui travaillent en Afrique et aussi énormément
sur les autres continents, c'est vraiment un travail international. Je
me demande encore comment nous en sommes arrivés là, mais
l'heure n'est plus à se poser des questions, nous devons apporter
des solutions à ce fléau que je compare à
un virus que nous connaissons tous. Mobilisons-nous pour sauver nos enfants
de cette pratique ignoble. |
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| Africafoot.com : Vous savez quand on commence une action comme la votre, en général on cible certains pays, le Mali est-il concerné par cette pratique ? | |||
M.Ouédrao go
: Je ne peux pas répondre à cette question, car à
l'heure actuelle nous menons des actions dans 37 pays africains. Si je
devais vous donner une liste je commencerais par ces 37 pays africains.
En fait, tous les pays africains sont demandeurs d'assistance car il y
a partout ce problème du travail des enfants. Nous souhaitons que
l'Afrique fasse un constat clair de cette situation et que les gouvernements
respectifs puissent s'engager pour mener des actions avec nous. Vous savez,
ces enfants n'ont pas demander à venir au monde, ils ne méritent
pas ce genre de traîtement. Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai
pû voir depuis que je mène cette lutte au sein du BIT.
Il m'arrive d'avoir des frissons qui me traversent le dos car personne
ne peut rester insensible à cela, sauf bien sûr ceux qui
pratiquent ce commerce. |
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| Africafoot.com : Madame Ouedraogo, ce problème nous touche et j'aimerai vraiment que vous montriez du doigt les pays ou les enfants sont le plus victimes de ce fléau. | |||
M.Ouédraogo : Je crois
que je vais refuser de vous citer un seul pay s
car nous parlons d'un phénomène qui dépasse le cadre
d'un seul pays. En Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest il y a des
enfants qui sont victimes de trafic diverses. Il y a des pays qui sont
fournisseurs d'enfants, il y a des pays qui sont acheteurs d'enfants,
il y a des pays qui font du transit d'enfants. Vous comprenez, monsieur
ROUX, il ne s'agit pas de s'attaquer à un seul pays mais
à un comportement ignoble, et tout le monde le comprendra car les
enfants sont sacrés et c'est l'avenir que l'on massacre en utilisant
notre progéniture. |
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| Africafoot.com : Ne tournez pas en rond, madame, citez-nous au moins un pays. | |||
| M.Ouédraogo : C'est tout le monde, bref, tous les pays africains sans exception. | |||
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Jacques Roux à Bamako
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