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Dominique Colonna : Dans un
Bon Centre de Formation si vous Mettez un âne il en Sortira un
âne.
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| Africafoot.com : Vous aviez émis quelques réserves,
lors des premières rencontres de cette CAN 2002, concernant le
nombre de buts marqués, et aussi le fait que le jeu laisse un peu
à désirer. Votre avis a-t-il changé après
cette première partie ? |
Dominique Colonna : J'avais observé
quelques réserves mais elles étaient plutôt de type
"matériel". Elles concerna ient:
le terrain sec, un ballon léger, beaucoup de vent et des matchs
qui se déroulent dans l'après midi. Il est certain que ce
n'est pas des conditions idéales pour le beau jeu. On constate
que les 3 parties qui étaient au-dessus du lot se sont jouées
à la nuit tombée. On a vu, par exemple, Algérie-Libéria
qui était un très beau match avec des buts. Il faut préciser
aussi que le stade du 26 mars avait été arrosé et
qu'il était ainsi plus accessible aux joueurs qui peuvent pratiquer
le football qui est le leur. Les matchs en nocturne sont beaucoup plus
favorables au jeu que les matchs en journée qui sont imposés
par les télévisions pour des questions de retransmission. |
| Africafoot.Com : Beaucoup de joueurs participants à
cette compétition évoluent en Europe dans des conditions
climatiques différentes. Ici, il fait très chaud et les
organismes souffrent. Que pensez-vous du fait que l'on programme des matchs
en pleine après-midi plutôt qu'en soirée ? |
Dominique Colonna : Je crois que le football,
partout dans le
monde, et pas seulement en Afrique, a besoin de la télévision
et des sponsors pour vivre. Et cela nécessite quelques contraintes
qu'il faut bien accepter. Quand on programme plusieurs matchs dans la
même journée, on est obligé d'avoir des rencontres
à 15H30? Et on l'a vu que ce sont de piètres rencontres,
avec des joueurs qui souffrent sous cette chaleur. Heureusement que nous,
spectateurs, avons de quoi nous désaltérer. C'est comme
çà, c'est la compétition qui veut que ces rencontres
se déroulent l'après-midi et on attend les matchs du soir
pour voir du bon football. On a vu 3 rencontres d'un niveau assez élevé
qui se sont toutes déroulées le soir. |
| Africafoot.com : Dans une compétition
comme celle-ci, les télévisions sont exigeantes sur les
horaires des matchs, pour avoir le plus de téléspectateurs.
Ces contraintes ne détériorent-elles pas le beau jeu ? |
Dominique Colonna : Et oui, mais
que voulez-vous, on n'y peut rien. De toutes les façons, il y a
16 équipes en compétition, et il faut bien programmer toutes
les rencontres dans le temps imparti. Mais je pense qu'à partir
des ¼ de finale on trouvera des horaires plus favorables à
la condition physique des joueurs. Vous savez, ce sont les télévisions
et les sponsors qui commandent le football de nos jours. Ce sont les payeurs
et ils sont exigeants sur ce plan, malheuresement, ce sont les acteurs
qui trinquent. Nous sommes à l'heure du football/Business et l'amateurisme
n'a plus sa place. |
| Africafoot.com : Vous nous avez donné
votre impression sur le poste de gardien de but, lors de notre première
interview. Nous aimerions avoir votre avis cette fois-ci sur le poste
d'avant centre. Y a-t-il aujourd'hui un garçon qui vous a impressionné? |
Dominique Colonna : Non! Je n'en vois
pas. Pourtant, cet Algérie-Libéria était de
très bonne facture. Les équipes ont attaqué, ont
tiré au but et les gardiens sont intervenus. Et que demande le
peuple, c'est des buts et des tirs au but. Nigeria-Mali était
aussi un très beau match. Il s'est terminé par un nul (0-0),
mais il y a eu des actions dangereuses devant les buts. On verra, au cours
de cette compétition, si un attaquant sort vraiment du lot. Mais,
pour le moment, personne ne s'est vraiment distingué. Ceci dit,
je déplore la détérioration du jeu qui rejoint les
consignes des entraîneurs qui ne veulent pas perdre. Ces derniers
tuent la créativité des joueurs africains qui se sont toujours
illustrés par leur jeu instinctif. Il faut arrêter d'européaniser
le football africain, ils l'ont déjà fait avec le football
Sud-Américain, de grâce, laissons le football africain là
où il est... Je viens en Afrique voir un beau football, de beaux
gestes. Nous allons bientôt nous ennuyer dans les stades si les
gestes techniques disparaissent. |
| Africafoot.com : Vous venez de parler de ce match Nigeria-Mali,
qui selon vous était de qualité. Que pensez-vous de cette
équipe des "Aigles" du Mali ? |
Dominique Colonna : Les joueurs maliens
avaient été paralysés lors du premier match contre
le Libéria. L'enjeu et
la pression étaient trop fort. C'était mieux en 2ème
mi-temps, mais il ne se sont pas libérés totalement. Ensuite,
contre le Nigeria, une des meilleures équipes du tournoi,
il faut reconnaître qu'ils méritaient de gagner. Ils ont
eu la maîtrise du jeu pendant au moins 80 minutes. Et pour
le troisième match, vous l'avez vu comme moi, il ont explosé
et le score aurait pu être plus lourd encore pour les Algériens.
Je crois que cette sélection du Mali est sur une courbe ascendante,
et cela est tout à leur avantage. Je tiens ici à louer le
travail de Kasperczak qui a totalement changé le visage
de cette équipe en très peu de temps. Il va falloir compter
avec le Mali pour la suite de la compétition, ils ont les
moyens d'atteindre la finale et pourquoi pas remporter le trophée...C'est
tout le mal que je leur souhaite. |
| Africafoot.com : Vous ressembler à l'entraîneur
du Mali Henri Kasperczak. N'avez vous pas peur de ce qui pourrait vous
arriver si le Mali, maintenant qu'il est qualifié, perdait son
quart de finale? |
Dominique Colonna : Grâce à
Dieu ils se sont qualifiés. C'est bien pour le Mali et c' est
bien pour l'ambiance de la compétition. C'est vrai que je ressemble
à Henri Kasperczak, que je connais bien et que je
salue, mais c'est surtout dû au fait que nous avons tous les deux
une crinière blanche plutôt qu'à une réelleressemblance.
Je dois dire que c'est un très bon entraîneur qui a déjà
réussi une partie de son pari, en prenant en main cette équipe.
Je lui souhaite bonne chance. Pourvu que le Mali aille le plus
loin possible, parce que sans quoi je risque d'avoir des problèmes
avec les supporters des "Aigles". En tout cas, nous sommes
entrain de vivre une belle Coupe d'Afrique des Nations et puis,
il y a une belle brochette à l'affiche. C'est la première
fois que la CAN rassemble de si fortes équipes, et ce ne
sera forcément pas toujours les mêmes qui seront les gagnants
comme par le passé. |
| Africafoot.com : Justement, comment trouvez-vous le public
africain et Malien en particulier? |
Dominique Colonna : Je trouve ce public
vraiment extraordinaire. C'est un peu un public à la Marseillaise.
Il est certain que tous les publics encouragent leurs équipes et
c'est tout à fait normal, mais il y a au Mali un enthousiasme
vraiment particulier. Les supporters attendaient la première victoire
des "Aigles" pour exploser
et c'est ce qui s'est passé. Le Mali
se produira à Kayes et comme vous le savez, ils seront difficiles
à battre car la population Kayesienne voudra absolument porter
son équipe à la victoire. Il ne faut non plus oublier que
90% de la communauté malienne en France vient de cette région,
et que c'est un match qui sera suivi de bout en bout par les Maliens de
Montreuil, Clichy et Clignancourt (18ème). Nous attendons
du beau spectacle et de l'ambiance dans les tribunes du stade de Kayes. |
| Africafoot.com : Pouvez vous nous donner un pronostic
pour la suite de la compétition ? |
Dominique Colonna : J'ai déjà
dit que si je devais mettre un
peu d'argent au Loto sportif je le mettrai sur le Nigeria parce
que c'est une équipe solide, assez bien dosée et qui sait
gérer un match dans les moments complqués. Ce qui est dommage
c'est que Jay-Jay Okocha, qui est le meneur de cette équipe,
ne répond pas vraiment aux besoins de ses partenaires. Il est en
dessous de sa forme et cela ne m'étonne guère car c'est
un joueur qui ressemble à une étoile filante, il apparaît
et disparait aussitôt en laissant une trace de lumière. Je
pense que l'entraîneur nigérian devrait plus miser sur Kanu
pour développer son jeu. Mais ils peuvent aller plus loin.
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| Africafoot.com : Et le Cameroun, l'ancien amour de Dominique
Colonna? |
Dominique Colonna : Ils sont à
Sikasso et je suis à Ba mako,
donc j'ai dû les voir à la télé, mais c'est
toujours avec plaisir et émotion que je retrouve les "Lions
Indomptables". C'est une équipe qui peut-être brillante
mais pour le moment elle a juste fait ce qu'il faut pour se qualifier.
Ils ont des réserves pour faire un peu plus, et à partir
des ¼ de finale je suis sur qu'ils vont monter en puissance. Le
Cameroun n'étonne plus personne, il est égal à
lui-même, comme un Lion qui se promène en surveillant
son royaume, la crinière au vent. Je crois que ce sera difficile
pour les autres prétendants de le détroner. |
| Africafoot.com : Quel est pour vous l'entraîneur
qui manage le mieux son équipe ? |
Dominique C olonna
: C'est assez difficile de porter un jugement parce que dans un premier
temps on cherche surtout à ne pas perdre. Il faut se qualifier
quelle que soit la manière. L'heure était beacoup plus axée
sur la qualification et seuls les points étaient importants. Pour
l'instant on parle de coaching, mais c'est surtout ne pas prendre de buts
et ne pas perdre le match... Alors attendons les ¼ de finales pour
voir véritablement les choix réels des entraîneurs
et à ce moment là, nous pourrons apporter un jugement sur
les choix des uns et des autres. |
| Africafoot.com : A votre avis, est-ce que l'Afrique aujourd'hui
n'a pas perdu le football qui était le sien ? |
| Dominique Colonna : Ce n'est pas un fait
seulement africain car je vois que tous les continents perdent leur football.
Les brésiliens ne jouent plus à la brésilienne parce
qu'ils voient que ce sont les clubs européens qui gagnent les grandes
compétitions. Ils ont tord. Les joueurs africains ne jouent plus
à l'africaine non plus. Il n'y a plus cet enthousiasme que j'admirais
naguère. Les spécialistes du football africains vous le
diront, le jeu se dégrade. Les Africains jouent comme les Européens,
donc ils jouent mal parce qu'ils ne jouent pas sur leurs qualités.
J'espère que la 2ème phase de cette CAN 2002
verra les équipes qualifiées pratiquer le football que nous
aimons tous, celui de l'Afrique créatrice. |
| Africafoot.com : Donc pour vous, le football africain
s'inspire trop du jeu européen à son détriment. Mais
n'est ce pas pour se vendre... |
| Dominique Colonna : Non, il faut surtout gagner;
alors évidemment les joueurs qui évoluent en Europe sont
obligés de se conformer aux consignes des responsables techniques.
Ce qui est important c'est gagner, la manière est secondaire. C'est
pour cela, je le répète, que le football brésilien
a perdu son identité. Il faudrait quand même que le football
africain conserve le sien... Et qu'il y ait une équipe qui gagne
enfin une Coupe du Monde en jouant à l'Africaine. C'est
mon vu le plus cher. |
| Africafoot.com : Coyez-vous que les équipes africaines
qualifiées pour le mondial ont les moyens de faire un bon parcours
? |
Dominique Colonna : Pour moi, sur les
équipes qualifiées, les seu les
qui peuvent espérer faire un bon parcours sont le Cameroun
et le Nigeria, car ce sont des équipes solides et expérimentées.
Ce qui va manquer au spectacle, ce sont leurs supporters car le prix du
voyage est tellement cher que les fans africains ne seront pas nombreux
dans les stades asiatiques. |
| Africafoot.com : Vous ne pensez pas quelles sont un peu
vieillissantes tout de même ? |
Dominique Colonna : C'est effectivement
leur principal handicap pour Séoul. Mais regardez
l'équipe de Fr ance.
Je suis sûr que les 22 joueurs de l'équipe de France
sélectionnés seront en bonne partie les mêmes que
ceux qui ont gagné la Coupe du Monde en 1998. Est-ce qu'il
n'y a pas eu de nouveau talents ces derniers temps, moi je pense que oui.
Mais peut-être qu'au niveau des instances du football français
on pense que non. Et je crois que l'erreur que peut faire le Nigeria
et le Cameroun, et peut-être l'équipe de France,
c'est d'aller à la Coupe du Monde avec une équipe
qui ne s'est pas renouvelée depuis longtemps. Nous aurons beau
le crier, cela ne changera rien car ceux qui dirigent ces sélections
n'y pensent pas eux-mêmes, alors à quoi bon? |
| Africafoot.com : En France, mais aussi dans les autres
pays européens, on trouve de plus en plus de joueurs d'origine
africaine. Que pensez-vous de ce phénomène? |
| Dominique Colonna : Un joueur africain est sollicité
parce qu'il a des qualités, mais aussi parce qu'il se présente
sur le marché à un prix intéressant. Et que recherche
actuellement les clubs professionnels? Avoir des joueurs bon marché
pour les revendre le plus cher possible. C'est du commerce. C'est la loi
du marché. Est-ce que le Brésil gagnera encore la
Coupe du Monde en jouant à la Brésilienne? Est-ce
qu'une équipe africaine gagnera une Coupe du Monde en jouant
à l'Africaine? Voilà la bonne question. Maintenant les équipes
jouent souvent à 10 derrière et un devant. |
| Africafoot.com : Selon vous, comment les équipes
africaines devraient-elles évoluer? |
Dominique Colonna : Je vous l'ai dit,
à l'Africaine. Par exemple, le Cameroun, à la Coupe
de Monde 1990, à été l'équipe la plus
belle à voir jouer. Malheureusement,
une erreur d'inattention contre l'Angleterre les a empêchés
de gagner ce match qui leur ouvrait toutes les portes. Ils ont obtenu
ce résultat par leurs qualités, et ils ont perdu par leur
défaut principal, une faute d'inattention. Il y a eu récemment
des victoires africaines dans les championnats Olympiques. C'est important,
car maintenant dans les championnats olympiques les joueurs qui participent
sont pour la plupart des professionnels. Je pense qu'une équipe
africaine peut gagner une Coupe du Monde. Certaines en ont les
moyens et même depuis quelques années. Est-ce que les dirigeants
trouveront la sagesse nécessaire pour confier la conduite de cette
équipe a un entraîneur responsable et ambitieux, mais surtout
intègre. Est-ce que les joueurs qui constituent ces équipes
comprendront que leur pouvoir a des limites et que le copinage est néfaste
à la réussite de leur équipe ? Est-ce que les sponsors
feront abstraction, pour une fois, d'intérêts uniquement
commerciaux ? Si tout cela est possible, peut-être aura-t-on une
équipe africaine championne du monde, et même dès
cette année. |
| Africafoot.com : La C.A.F a pris la décision qu'à
partir de 2010 les pays africains devront gagner leur place en Coupe du
Monde en faisant partie des 5 équipes en tête de la CAN.
Que pensez vous de cette décision ? Est-ce que les fédérations
africaines ne seront pas lésées. |
Dominique Colonna : Oui, elles le seront,
mais de toutes les façons les instances du football, que ce soit
la CAF et la FIFA ne commandent plus rien ; ce sont les
clubs qui commandent. Et les clubs sont fatigués de voir leurs
joueurs
aller disputer des qualifications, que ce soit la Coupe d'Europe ou la
Coupe d'Afrique, et même la Coupe du Monde. Ils ne veulent
plus que les joueurs se déplacent pour ces différentes compétitions.
Maintenant, il est certain qu'une Coupe d'Afrique, dont les 5 premiers
seraient qualifiés pour une Coupe du Monde, pourrait être
très intéressante pour le spectacle. On verrait sans doute
une CAN plus disputée. On dit que les pays africains sont
lésez mais regardez ce qui se passe en Europe. Quand on voit Arsène
Wenger contester les décisions de l'équipe de France
pour le match contre l'Australie. Il avait un peu raison, c'est
vrai, mais les fédérations veulent aussi récupérer
leurs joueurs. |
| Africafoot.com :Est-ce que l'harmonisation des calendriers
ne doit se faire que dans un sens ? celui de l'harmonisation de l'Afrique
par rapport à l'Europe ? On aurait du le faire pour les 5 continents
. |
| Dominique Colonna : Cette harmonisation se fera pour
tout le monde.
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| Africafoot.com : Mais faut-il a tout pris commencer par
la CAF pour harmoniser ? |
Dominique Colonna : Je vais vous dire,
ce qui m'étonne le plus, c'est que la périodicité
de la Coupe d'Afrique, tous les 2 ans, n'est pas été
remise en cause par les instances internationales. Pourquoi pas, comme
pour la Coupe du Monde,
programmer la Coupe d'Afrique tous les 4 ans, en alternance. Les
fédérations ou les présidents de clubs, un jour ou
l'autre, vont dire que tous les 2 ans c'est trop pour des joueurs déjà
très sollicités. N'oublions pas que plusieurs équipes
européennes possèdent 4 ou 5 joueurs africains dans leur
rang. Je ne souhaite pas que l'on me pose la question, parce que j'aime
venir en Afrique tous les 2 Ans. Un jour ou l'autre le problème
va se poser et on sait dans quel sens on tranchera. |
| Africafoot.com : Monsieur Blatter veut que la Coupe du
Monde est lieu tous les 2 ans et la Coupe d'Afrique tous les 4 ans. Qu'en
pensez-vous? |
Dominique Colonna : En fait, Monsieur
Blatter veut reprendre la main. Pour ma part je serais partisan
que la Coupe du Monde est lieu tous les 2 ans. J'ai toujours défendu
le football des petits, le football amateur, et je vois dans cette compétition
qui se déroule tous les 2 ans, une possible manne supplémentaire
pour les petits clubs qui sont entrain de crever. Vous savez, je ne parle
pas seulement
du football africain, mais le football en général est entrain
de mourir, parce que ceux qui le font vivre, les sponsors, ne s'y intéressent
pas. Les chefs d'entreprises qui mettent la main à la poche sont
de plus en plus rare. Moi, Dominique Colonna, président
de petit club de division d'honneur, je dis bravo à monsieur Blatter.
Pour moi nous aurons une petite manne, à condition quelle descende
les échelons. Pour l'instant ce sont les petits clubs qui font
vivre les grands et c'est pour ça que je suis favorable à
cette compétition tous les 2 ans. Mais cela ne se fera jamais,
car les clubs veulent de plus en plus avoir la main mise sur la destiné
des joueurs et ils l'auront, au détriment de la FIFA et
de la CAF. |
| Africafoot.com : Nous sommes en Afrique, à Bamako,
pour cette CAN 2002. Mais depuis notre arrivée on a quasiment pas
vu de gamins jouer au football dans la rue. C'est assez inhabituel pour
l'Afrique. Quel votre sentiment? |
| Dominique Colonna : C'est vrai, depuis 15 jours que
je suis à Bamako, je n'ai pas vu jouer les gosses au quartier
et je me suis dit qu'il y a quelque chose d'anormal là dessus.
Actuellement, en Afrique, chacun a besoin de son centre de formation.
Comme en Europe on consacre plus à l'élite qu'au
football amateur. L'anomalie, je pense, est au niveau des fédérations.
Avant de parler d'université parlons de maternelle. Quand je dis
maternelle je dis quartier, créons des instances entre les quartiers
pour que les gosses ne partent pas directement du quartier aux grands
clubs... |
| Africafoot.com : Que faudrait-il faire, selon vous, pour
la formation des jeunes joueurs ? |
Dominique Colonna : Je ne suis pas un
partisan des centres de formation, même si certa ins
sont de bonne qualité. Dans un bon centre de formation, si vous
mettez un âne il sortira un âne. Il faut donc détecter
les qualités naturelles d'un gamin et le centre de formation ne
doit pas déformer ses qualités. Le joueur, qui a des qualités
naturelles, comme le joueur brésilien ou africain, doit pouvoir
s'exprimer avec ses qualités. Il ne faut pas chercher à
en faire des coureurs de fond ou des athlètes du football. Pour
moi il n'y a pas de football actuellement parce qu'on a pas assez appuyer
sur les qualités naturelles du joueur de football. Il faut développer
son instinct, sa technique individuelle plutôt que d'en faire un
technicien. Ce que je crains, et les centres de formation me font peur
dans ce sens là, c'est qu'ils déforment les joueurs. Par
exemple, les Brésiliens se posent la question de savoir pourquoi
leur football est influencé par le football européen. C'est
parce qu'ils ont eu honte de leurs qualités et qu'ils ont voulu
copier le football européen. Et, pour ma part, je reprocherais
toujours au footballeurs africains de jouer comme des européens,
et pas avec leurs qualités. Ils ont des qualités
techniques naturelles, un enthousiasme formidable. Ils doivent les conserver.
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| Africafoot.com : Les télévisions ont aussi
leur rôle à jouer. Quand on voit que les télévisions
africaines ne passent même pas les matchs de leur championnat et
préfère montrer les championnats européens, on comprend
que le public et les joueurs africains soient influencés. |
Dominique Colonna : C'est vrai. Je vais
vous prendre un exemple. Quand je suis arrivé au Cameroun,
en 1963, on jouait avec des maillots manches longues, ce qui était
une ineptie par rapport aux conditions climatiques du pays. Mais c'était
par mimétisme, car on voyait qu'en Europe on jouaient avec des
maillots
à manches. A mon arrivée j'ai imposé des maillots
à manches courtes, mais pas jusqu'à la tenue actuelle de
l'équipe du Cameroun, puisqu'ils n'ont plus de manches du tout.
C'est pour ça qu'il ne faut pas copier. Pour en revenir à
votre question, les télévisions ont un rôle très
important a jouer dans la promotion du football africain, mais elles n'assument
pas ce rôle. Pourtant, je ne pense pas que ce soit un problème
de retransmettre, au niveau technique, ces championnats locaux. Il suffit,
au niveau des états, de trouver des sponsors qui favorisent la
retransmission des championnats. |
| Africafoot.com : Vous parcourez l'Afrique depuis longtemps,
et vous avez vécu plusieurs CAN. La Confédération
Africaine de Football, sous la conduite de Issa Hayatou, a-t-elle évolué
? |
Dominique Colonna : Je ne voudrais pas
être taxer d'amitiés, car j'ai connu Issa Hayatou
très jeune quand j'étais au Cameroun. Je pense qu'il
a su attirer dans ces CAN, les personnes qui peuvent permettrent
une évolution positive. Maintenant est-ce qu'il n'y a pas
quelques excès? Bien sur, il y a des excès, mais il vaut
mieux partir des excès et les corriger, que ne rien entreprendre.
Et le président de la CAF aujourd'hui entreprend. Mais le rôle
des instances internationales
est fondamentale et l'évolution ne peut s'opérer qu'au niveau
mondial. Si on veut un évolution vers le beau jeu il faut revoir
les règles du jeu. L'arbitrage, notamment, doit être en phase
avec les techniques et les tactiques. Il faudrait mettre tout dans un
sac et voir comment rendre le football attrayant. Parce qu'en Europe,
on entend dire il y a trop de football à la télévision.
Il y a surtout trop de mauvais football. Quand les matchs sont bons vous
digérer bien, mais on a trop de mauvais foot. La seule direction
à suivre est de rendre le football plus attractif. Mais pour cela,
il faut revoir les règlements et certains actes d'anti-jeu, tirage
de maillots, simulation, tacle par derriere, etc... Il y aura moins de
temps mort créer par l'arbitrage. En 90 minutes de match, on a
parfois seulement 15 à 20 minutes de jeu réel. Je dis à
monsieur Blatter, s'il m'entend : allez voir ce qui se passe dans d'autres
sports, comme au hockey sur glace au Canada. C'est un sport ou
il en sont même arrive à domestiquer la violence, tout est
spectacle. Et je rêve que le football soit un spectacle. Je pars
du principe que le football se joue à 11 et pendant 90 minutes.
Quitte à être plus dure dans les sanctions il faut penser
aux spectateurs et téléspectateurs. Il faut donner dans
le beau jeu et dans le spectacle. |
| Africafoot.com : Tant que le football est bon on ne s'en
lasse pas... |
| Dominique Colonna : Absolument. Trop
de mauvais football tue le foot. Maintenant je mets au pied du mur les
dirigeants s'ils m'entendent. Mettez vous autour de le table avant qu'il
y est une implosion, avant que les sponsors s'en aillent. Si demain les
téléspectateurs ne regardent plus le foot que va-t-on faire?
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| Africafoot.com : La CAF a-t-elle eu raison de confier
l'organisation de la CAN au Mali ? |
Dominique Colonna : Il faut quand même
que des pays dit petits puissent organiser des compétitions comme
la Coupe d'Afrique. C'est un outil de développement important.
Les maliens n'avaient pas la réputation d'être particulièrement
organisés, mais ils s'en sortent plutôt bien. Ils ont trouvé
les moyens financiers pour développer des infrastructures qui auraient
probablement vu le jour dans dix ans, que sais-je... Il faut reconnaitre,
Monsieur Roux, qu'accueillir la Coupe d'Afrique des Nations
amène obligatoirement le pays organisateur vers un développement
rapide. Je vais vous dire, Je suis venu ici il y a 38 ans, et je suis
émerveillé par le fait que ce pays se soit transformé
de la sorte. Je pense que, le fait de recevoir la Coupe d'Afrique des
Nations, a permis un développement des infrastructures dont
le pays tirera profit. A eux de jouer! |
| Jacques Roux à Bamako
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