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Ferdinand Coly : Certains Entraîneurs Français ne Tolèrent pas la Coupe d'Afrique des Nations
Africafoot.com : Les joueurs Sénégalais reconnaissent tous que dans ces deux premiers matchs il n'ont pas été à la hauteur. Communiquez-vous assez, ou attendez-vous les interventions du staff technique?
Ferdinand Coly : Bien sur, on se parle entre nous parce qu'on est assez mature pour s'auto-gérer. On fait des réunions, on se parle, on met les choses au point. Ce qui est bien dans ce groupe c'est que les choses à dire on se les dit sans complexe. Je crois qu'un groupe a besoin de cela. Vous savez, en Afrique, il y a l'arbre à palabres qui permet de de régler les problèmes du village. Nous n'avons pas encore atteind ce stade, Dieu merci. Les choses sont assez clairs entre nous et aucune jalousie ne se manifeste. Jules Bocandé et Bruno Metsu nous mettent tellement à l'aise que le problème ne se pose pas. En tout cas, l'équipe se porte bien et je crois que nous avons le potentiel pour faire une bonne Coupe d'Afrique des Nations. Maintenant, c'est une compétition qui suscite pas mal de convoitise des équipes participantes et chacune d'elles voudraient remporter le trophée. Je souhaite fort que ce soit les "Lions de la Teranga" qui auront le dernier mot le soir du 10 février prochain.
Africafoot.com : Vous avez toujours le sourire. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans le groupe qui joue le bout en train ?
Ferdinand Coly : Celui qui passe son temps à faire çà c'est Lamine Diatta. Et aussi El Hadj Diouf et Fadiga. Mais c'est surtout Lamine; par exemple l'autre fois il a mis le kiné à l'eau et puis le reste des gens qui se trouvaient là. Il mime le coach. Lamine Diatta a une joie de vivre communicative, on a l'impression qu'il n'a jamais de problèmes et c'est tout à son avantage, Et puis, il le fait tellement bien que même quand il se moque d'un membre du groupe, ce dernier est le premier à éclater de rire. Il faut le connaître, c'est un garçon adorable, et je l'aime bien. Nous sommes une famille et Lamine est très attachant, il est bon pour nous mettre de bonne humeur. Je crois qu'il faut des gens comme lui dans un groupe. Cela change un peu du milieu professionnel où les gens se parlent très peu. Dans le groupe Sénégal, je me retrouve en famille et je suis plus détendu, j'aime me retrouver en sélection nationale.
Africafoot.com : Une certaine assurance habite les Lions de la Teranga...
Ferdinand Coly : Elle est là. Nous baignons dans le succès depuis quelques temps, nous gagnons, donc nous sommes obligés d'avoir cette assurance dont vous parlez. Mais cela ne veut pas dire que nous devenons négligeants, loin de là. Nous sommes conscients de ce que nous dégageons et nous faisons tout pour positiver. Aucun de nous n'essayera de prendre la grosse tête, de toutes les façons, Lamine est là pour ramener tout ceux là sur terre par sa moquerie. Nous sommes tout simplement dans une dynamique de victoires et c'est bien pour tout le monde. Vous connaissez une équipe qui gagne en doutant, moi je n'en connais pas. Le jeu de notre équipe n'est pas encore au bon niveau souhaité par certains, nous allons essayer le soigner dès le prochain match...sans plus. L'essentiel est de gagner, que l'on joue mal ou pas, l'important c'est la victoire. Je préfère que nous soyons mauvais sur le terrain et que l'on gagne, que de nous voir faire un superbe jeu et perdre. Alors, ceux qui estiment que nous ne sommes pas encore au top, qu'ils viennet nous voir pendant les matches amicaux ou de galas.
Africafoot.com : On vous voit détendu au bord de la piscine entrain de prendre un peu de bon temps. N'êtes vous pas trop décontracté.
Ferdinand Coly : Non, le match contre la Tunisie sera difficile aussi et notre objectif est de le gagner. L'effectif va tourner ce qui permettra à certains de se reposer et à d'autres de s'exprimer. Mais croyez-moi on ne prend pas ce match à la légère. Nous aurons l'occasion d'en reparler après la rencontre.
Africafoot.com : Qu'est-ce que Ferdinand Coly retrouve quand il est en Afrique?
Ferdinand Coly : La chaleur humaine, la famille, les amis, et le soleil. Je retrouve aussi une ambiance particulière de l'Afrique qui n'existe nul part ailleurs, mais il y a surtout le fait de retrouver mes coéquipiers de l'équipe nationale avec qui j'entretien des relations particulières. Nous sommes en Europe pour le travail, si nous avions les mêmes conditions ou disons une reconnaissance de notre métier de footballeur, je crois que certains footballeurs ne quitteraient pas le continent pour le vieux continent. Je souhaite que le professionnalisme s'installe en Afrique.
Africafoot.com : Est-ce que vous avez un message particulier pour les Lensois?
Ferdinand Coly : Je sais qu'ils ont un match très difficile ce soir contre Socheaux et en le gagnant ou en faisant match nul on prend encore des points sur Lyon. Ce serait de bonne augure pour le titre en fin de saison. Je profite de l'occasion pour saluer mon prestigieux public qui sait nous porter dans les moments difficiles, nos supporters me font penser à ceux que je retrouve en Afrique. Ils ont le coeur et ils ne calculent pas leurs efforts, c'est ce genre de public dont rêve tout footballeur et je suis content de faire partie de l'effectif Lensois. Bonjour à tout ce qui pensent fort aux africains lensois qui participent à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2002). Je sais qu'ils sont nombreux à suivre notre parcours sur Eurosport. Je ne sais pas, mais en tout cas quand on revient de la Coupe d'Afrique ou du Sénégal, nous avons une joie de vivre et nous essayons de transmettre cela au reste du groupe. J'ai beaucoup de respect pour Joël Muller qui est l'un des entraîneurs français avec Guy Roux, à comprendre que nous sommes importants pour nos sélections nationales. Il n'a trouvé aucune difficulté à nous laisser partir à la CAN 2002 au Mali, contrairement à certains entraîneurs français qui essayent de donner des leçons à l'Afrique sportive. Nous ne les avons pas attendus pour savoir jouer au football et s'ils sont venus nous chercher, c'est que nous avons un certains potentiel. Nous savons tous que certains entraîneurs français ne tolèrent pas la Coupe d'Afrique des Nations. Je dis donc, à Joël et à Guy, Chapeau bas!
Africafoot.com : Est-ce que vous vous préparez déjà pour la Coupe du Monde ?
Ferdinand Coly : On se prépare certes pour la Coupe du Monde, mais nous sommes là avant tout pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations et faire plaisir à notre public et aux amoureux du football africain. Il y a beaucoup de gens qui nous attendent. Nous devons nous concentrer sur la conquete du titre continental, après, nous penseront à la Coupe du Monde. Il faut savoir que le Sénégal n'a jamais remporté ce trophée, il serait temps que cela arrive et j'espère que c'est ma génération qui donnera son premier titre au peuple de la Teranga. C'est le rêve de tout un peuple, et nous allons essayer de briser le signe indien.
Jacques Roux à Bamako

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