Arbitrage CAN 2002 Archives
Un Homme en "Noir" qui venait d'Ailleurs.
Nous avons assisté à un quart de finale de Coupe d'Afrique des Nations inondée de tensions. Un combat rude et sans merci entre deux "Rois" de la forêt comme à chaque fois que le trône est vacant, ou que l'un des deux animaux dominants de la faune africaine est vieillissant. En général les plus jeunes essayent de prendre la place pour diriger la grande cour ou le royaume que l'ancien a gardé jalousement pendant son "Long" règne. Mais dans cette forêt, il existe aussi des faiseurs de Rois et des intrigants qui mettent à partie leur fourberie pour déstabiliser l'occupant du trône et y installer un jeune qu'ils pourront manipuler à leur guise.
Il suffit de regarder le film de Walt-Dysney intitulé, le "Roi Lion" pour comprendre l'intrigue. Toute la forêt africaine attendait cette confrontation entre nos deux prétendants au trône et tout le monde s'était donné rendez-vous à Bamako, dans l'arène du Stade Modibo Keita. Le duel fut violent et répondit presque aux attentes du public. Mais celui qui avait été désigné pour arbitrer la rencontre fut - hélas ! - le fossoyeur du duel livrée par les deux "Rois Africains". Un homme en "Noir" qui venait d'ailleurs. Nous comprenons qu'il faille aller chercher le savoir là où il se trouve. La sagesse et la volonté africaine d'apprendre nous le recommande dans plusieurs domaines. Pour ce qui concerne l'arbitrage, la présence d'un "Etranger" ne reflète nullement une quelconque faiblesse - sinon comment expliquer la présence de Saïd Belqola, un africain en finale du Mondial 98 ? - mais, une invitation des représentants d'un autre continent à la grande fête du football.
Nous ne sommes pas des ingrats et nous savons remercier ceux qui lui apportent une évolution certaine. Le professionnalisme des arbitres du "Calcio", de la "Bundesliga", de la "Liga" ou du championnat de France ne peut être que stimulant pour nos arbitres africains. Mais de grâce, Messieurs de la CAF, ramenez-nous des bons et rien que de bons arbitres… pas ceux qui mettent le doute dans l'esprit de nos guerriers et surtout des nombreux supporters passionnés que nous avons sur le continent. Comme ce fut le cas lors du match des quarts de finale de la CAN entre le Sénégal et la RD. Congo 2-0.
L'Italien Domenico Messina qui a pourtant l'habitude des grandes confrontations, est tout simplement passé à côté de son sujet. Il n'a rien maîtrisé au cours de cette rencontre, ni les anti-jeux, ni les tensions entre les joueurs. Et pire encore, il a oublié les règles élémentaires de l'arbitrage… Nous lui infligeons un carton rouge pour avoir laissé se déclencher une bagarre générale et en plus sans procéder à la sanction qui s'imposait. Nous déplorons aussi l'abandon totale du Congolais Mulekelayi Kanku Mathé, qui selon nos informations a les ligaments croisés touchés.
Ce garçon a passé toute la mi-temps allongé sur la touche sans aucun soin, et nous fumes scandalisé de voir que tout le monde, à la mi-temps, se dirigeait vers les vestiaires, l'abandonnant à son triste sort. Il a fallu l'intervention des membres de la CAF en la personne de Monsieur Abel Mbengué qui a dû user de toute son autorité pour faire évacuer le pauvre garçon à l'hôpital. Que d'erreurs commises lors de cette rencontre qui se trouvait être d'une importance capitale pour les deux protagonistes, mais qui ne représentait rien aux yeux de notre "Touriste Italien". Ha, l'Afrique ! C'est beau l'Afrique !
Jacques Roux à Bamako

Réagissez...