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OUSMANE ISSOUFI MAIGA : Nous Voulons une Bonne Organisation et Surtout Nous Souhaitons Remporter la Coupe...
Le Ministre de la Jeunesse et des Sports du Mali, Monsieur Ousmane Issoufi Maïga, est aux affaires depuis seulement six mois. Et déjà il a mis "le feu" au COCAN (Comité d'Organisation de la Coupe d'Afrique des Nations), aux entreprises qui font les travaux de la CAN, à la Fédération Malienne de Football (FMF) et à ses propres services. Aujourd'hui cet homme de rigueur peut se vanter d'avoir "bougé la montagne". Ce qui lui fait dire que le Mali est fin prêt pour abriter la Coupe d'Afrique des Nations 2002 et que la fête a déjà commencé. (Interview réalisée le 13 décembre 2001). Ousmane Issoufi Maïga est un homme pragmatique. Il est intègre et très rigoureux dans le travail. Sous son règne les travaux des infrastructures de la CAN 2002 ont amorcé une vitesse phénoménale et le Mali a rattrapé le temps perdu. Tout baigne dans l'huile depuis son arrivée. C'est lui le grand patron du COCAN et de la Fédération Malienne de Football... Il est également le président du Comité National d'orientation et de suivi des travaux liés à l'organisation de la CAN. Et nous pouvons dire aujourd'hui que Monsieur Issoufi Maïga à un oeil sur tout ce qui se passe avec la fermeté que tout le Mali lui reconnait. Entretien.
Africafoot.Com : Le problème du transport n'est toujours pas élucidé. Cela ne vous donne t-il pas des cheveux blancs?
Ousmane Issoufi Maïga : Je crois qu'ils vont continuer à blanchir jusqu'à la fin de la CAN. Je suis d'accord avec vous qu'il existe un problème de transport. Il est même une préoccupation de tous les jours. Nous sommes en train de le résoudre. Je peux même dire qu'il est pratiquement résolu parce que le COCAN a signé des contrats avec les transporteurs locaux à travers le Ministre des transports pourque les véhicules puissent être disponibles au jour "J". Nous venons de faire le décompte et je pense que nous sommes dans les dispositions pour accueillir nos hôtes et les équipes, dans l'esprit du "Diatigiya".
Africafoot.com : Votre nomination a fait bouger les choses. D'aucuns disent même que vous avez " poussé la colline " et que si vous n'étiez pas arrivé aux affaires à temps , la CAN n'aurait pas lieu. Qu'en dites-vous?
O.I.M : Je crois qu'il faut poser cette question aux médias et journalistes qui me suivent. Je suis un fonctionnaire malien au service de mon pays. On m'a appelé pour remplir une mission. Je suis en train de me surpasser avec l'aide des filles et fils de ce pays. La Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2002) est une affaire qui concerne tous les Maliens. A ce titre, il faut que l'ensemble de nos compatriotes, à quelque niveau qu'ils se trouvent, participent à la réussite de cet évènement. Et le résultat sera celui de tous les Maliens et non du seul ministre des sports que je suis. Quant aux appréciations sur ma personne, je laisse aux autres le soin de le faire.
AF.Com : On vous qualifie de "Kamikaze". Ce qui dérange souvent votre entourage. Qu'en pensez-vous?
O.I.M : Il est possible que je dérange. Vous savez, un homme doit avoir un style, un caractère, une personnalité. Il doit être sérieux et serein. Maintenant les différents qualificatifs appartiennent à ceux qui les utilisent. Je pense que j'ai mon style, j'ai ma manière de faire. A cet effet je dois travailler avec un
ensemble de gens dans une certaine rigueur intellectuelle que je m'impose moi-même, afin que nous puissions avancer. C'est dans l'intérêt de notre pays et dans l'intérêt de la nation.
AF.Com : Votre façon de faire n'est est-elle pas une forme de dictature ?
O.I.M : Non. Je ne suis pas un dictateur. Je suis un homme de rigueur tout
simplement.
AF.Com : Et pourtant on vous surnomme Pinochet. Le saviez-vous?
O.I.M : En tout cas je ne suis pas Pinochet. Monsieur Pinochet vient de l'Amérique Latine. Moi, je viens d'un petit village du cercle d'Ansongo dans le nord du Mali qui s'appelle Bintia. Je suis un "Songhoï" et je suis fier de l'être. Je ne suis ni cousin, ni ami, ni condisciple, ni disciple de M. Pinochet. Les gens
le disent certainement, mais je m'appelle Ousmane Maïga.
AF.Com : Revenons sur le terrain. Pourquoi Neuf Ministres pour l'inauguration du stade de Sikasso? La défaite de 3 buts à O face à la Côte d'Ivoire vous a t-elle secoué ?
O.I.M : Pas du tout. Nous aurions souhaité que l'ensemble du gouvernement, les
députés et les maires des 7O3 communes du Mali soient présents. Mais le plus
important c'est que l'ensemble de la population de Sikasso se soit mobilisé. Des Maliens sont venus des quatre coins du pays et des populations des pays
frontaliers comme la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée étaient
présentes. Cela est un acquis. Les ministres étaient venus pour rehausser
l'éclat de la fête. Nous avons certes pris 3 buts, mais ça s'explique !
Les entraîneurs peuvent vous en donner les raisons. Ils sont les seuls à savoir ce qui s'est réellement passé, nous, en temps que spectateurs, nous ne pouvons que constater la défaite des "Aigles". Nous espérons qu'ils vont se ressaisir pour la compétition prochaine (CAN 2002) et qu'ils honoreront la patrie, notre patrie.
AF.Com : Mais le nul 1-1 contre le Maroc nous a fait plaisir. Ce match vous a-t-il donné des idées?
O.I.M : Les matches me donnent toujours des idées. Même le 3-O m'a donné des idées. N'oublions pas que nous sommes en pleine préparation. Le résultat contre le Maroc est encourageant. Mais je suis un homme de rigueur, et je pars jouer pour gagner. Je ne serai satisfait que si nous gagnons par 1-0, 2-0 ou 3-0. Je cherche toujours la perfection.
AF.Com : Quelles sont vos ambitions pour la CAN?
O.I.M : Nous organisons la CAN parce que notre pays, notre jeunesse a droit à
cela. Et nous avons le souci d'organiser une très grande fête pour la jeunesse
africaine. Cependant nous voulons remporter le trophée. Il y a certes la fête qui doit être belle avec un bon accueil de tout le monde, mais notre équipe jouera pour la victoire... Nous voulons donc une bonne organisation et surtout, je le dis encore, nous souhaitons remporter la Coupe d'Afrique des Nations.
AF.Com : Vous avez peut-être réussi le projet CAN 2002, mais
prétendre au trophée n'est-il pas un tout petit peu illusoire?
O.I.M : Non, j'allais dire même une prétention légitime. La CAN est vraiment le
projet Mali 2002. C'est un projet de développement voulu et réalisé par les
autorités et le peuple de ce pays. Au-delà de l'aspect sportif, c'est l'aspect développement que j'ai toujours mis en en avant. En plus des infrastructures sportives c'est aussi un développement intégré parce que nous avons construit des routes, réalisé des adductions d'eau. Nous avons électrifié nos campagnes et nous avons réussi l'assainissement. Tout ceci s'intègre dans un cadre global de lutte contre la pauvreté. Mais à côté de cela il y a la compétition proprement dite. Naturellement nous n'allons juste participer, nous allons jouer avec nos armes pour être premiers à l'arrivée.
AF.Com : Connaissez-vous vos joueurs et pouvez-vous en citer cinq?
O.I.M : Oui je les connais. Je peux même vous citer vingt noms.
AF.Com : Comment expliquez-vous la mauvaise médiatisation des " Aigles " avec l'absence remarquée de la presse au Maroc pour le dernier match amical?
O.I.M : Vous savez, chacun doit jouer son rôle et sa partition. J'ai indiqué à la
fédération et à mes propres services qu'il est nécessaire qu'il y ait une
communication autour des "Aigles". Il faut que le public soit informé au jour le jour sur tous les aspects de préparation de notre équipe nationale. Je pense que les dispositions sont prises dès maintenant pour que dorénavant l'Equipe Nationale puisse être accompagnée par la presse. Je souhaite que le public soit en harmonie et en totale symbiose avec sa sélection, et tout cela ne pourra être possible qu'en permettant une bonne politique de communication. Alors, qui mieux que la presse ou du moins les médias, peut véhiculer l'information? Votre rôle est donc important et je souhaite aussi que chacun fasse son travail et toutes les parties se porteront mieux.
AF.Com : Quel message aimeriez-vous lancer à quelques semaines de l'ouverture de la CAN?
A.I.M : Le message le plus important pour moi c'est que nous sachions raison
garder. Que nous soyons humbles. Que le peuple malien sache que tout ce qui
a été fait l'a été en son nom et pour lui. Que nous autres qui sommes là au
service du pays, nous devons aller au-delà de nos capacités. J'ai aussi un message fraternel pour tous les Maliens qui doivent accueillir nos hôtes dans la plus grande courtoisie et dans la plus grande convivialité. Qu'ils sortent très nombreux pour remplir les stades et applaudir toutes les équipes. Que la fédération fasse tout ce qu'elle peut pour mettre la sélection nationale dans les conditions techniques optimales pour remporter la Coupe d'Afrique. Que le COCAN puisse se surpasser pour donner le maximum de lui-même afin que l'organisation soit autant que peut se faire parfaite. C'est-à-dire, mettre les gens dans les conditions les meilleures possibles dans les villages CAN, les hôtels, les aéroports, les transports, la rue... Nous invitons les joueurs à mouiller le maillot, à donner le maximum afin de bien défendre les couleurs du Mali. Enfin je dirai à la presse de positiver tout ce qu'elle dit ou écrit et de faire en sorte que le Mali soit ouvert au reste du monde, qu'il soit connu à travers sa culture, son hospitalité, sa richesse...
Baba Cissouma à Bamako

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