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Souvenirs de Coupe d'Afrique des
Nations : Ceux qui ne l'ont pas gagné
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L'histoire est cruelle. Cruelle pour ceux
qu'elle oublie et qu'e lle
relègue à sa périphérie. Cruelle parce qu'elle
se nourrit de ceux qu'elle rejète. Cruelle aussi parce qu'elle
ne retient que les Vainqueurs. Normal, me direz-vous, ce sont ces derniers
qui l'écrivent. Dans la vie de tous les jours, les "Loosers"
n'ont pas de place... Comme sur les terrains de football ! En remontant
le cours de l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations, nous essayerons
de rendre hommage à ceux des acteurs qui par la sueur, le talent,
et les larmes ont contribué à écrire en lettre d'or
la sublime aventure de la CAN. Leur désarrois a permis de romancer
le conte, en rendant les vainqueurs encore meilleurs. Voici ceux qui n'ont
pas connu les réjouissances de la victoire, ceux que le "destin"
a privé du titre, et de la gloire éternelle
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Suruléré Sta dium
de Lagos. Février 2000. Finale de la Coupe d'Afrique
des Nations. Le Cameroun défie les "Super Aigles"
du Nigeria dans leur antre fétiche. Le suspense est à
son comble. Les travées du stade bruyantes jusque là, ont
fait place au silence. C'est l'épreuve des coups de pieds arrêtés.
La cruelle
sentence des tirs au but. Rigobert Song le capitaine
des "Lions Indomptables" s'avance et trompe Ike Shorunmu,
le gardien des "Super Eagles". Le Nigeria est
battu. Les Camerounais jubilent. Ils sont champions d'Afrique ! |
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Eugène Ekéké, gloire
du football camerounais à la fin des années 90 ,
et consultant ce dimanche pour une chaîne de télévision
ne peut contenir son émotion. En voyant Song "Magnan"
et ses partenaires se congratuler sur la pelouse désertée
par leurs adversaires du jour, la larme au bord de l'il, il lâche
: "Ca y est, ils sont eux-aussi entrés dans l'histoire"!
L'ancien buteur du Matra Racing et de Valenciennes
(France) qui a remporté la Coupe d'Afrique des Nations
en son temps au Maroc en 1988, s ait
de quoi il parle. L'histoire ne "choisit" de retenir
que ceux qui gagnent. Sa mémoire est sélective, elle oublie
(très vite !) les perdants. D'ailleurs, l'essai du Nigérian
Victor Ikpeba qui était valable et par conséquent
déterminant pour l'issue de la rencontre, mais que l'arbitre de
la rencontre le Tunisien Monsieur Daami n'a pas validé,
est relégué à la rubrique des anecdotes de la Coupe
d'Afrique des Nations (CAN). |
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Le Cameroun triple Champion
d'Afrique 1984, 1988 et 2000. Une nouvelle génération
en or,
qui vient de s'ajouter à celles de Abéga Théophile
"Docteur", Roger Milla en 1984, et des frères
Biyick en 1988. Qui se souvient alors de la génération
exceptionnelle de joueurs tels que Mvé Emmanuel, Tokoto Jean-Pierre,
Ndoga " Jaïr ", Gaston Ndongo " Overath ",Tsébo
" l'homme de Khartoum", Joseph Maya, Paul Nlend "l'Homme
Fort", qui en 1972, sous les ordres de l'Allemand Peter
Schnittger avait échoué aux portes de la finale de la
Coupe d'Afrique des Nations (Yaoundé 72), devant le Congo
à Yaoundé? De cette génération
talentueuse, il reste le souvenir d'une action lumineuse
D'un tacle
spectaculaire... Le tout conclus par la phrase assassine : "Oui
mais
depuis, on a fait mieux
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Demandez aussi à un Congolais
de Brazzaville de vous relater l'histoire du football de son pay s.
Deux dates fusent aussitôt des lucarnes de sa mémoire :
1972... Justement! Le Congo
des Mpélé, Ndolou, Minga, Mbono "Sorcier",
Matsima, Dengaki, Ngassaki, Matongo "Soukous" remporte la
CAN 72, devant le Mali. 1974. Le Cara de Brazzaville (D1 Congo), des Paul Moukila-Sayal, Yangat, Ngassaki, N'ganga, Mbouta, Lakou, enlève la 10ème édition de la Coupe des Clubs Champions. Brice Samba véritable "Saucisse Volante" dans les buts du Congo depuis une décennie et ses contemporains ont beau multiplier les prouesses. Faute d'un résultat probant, ils ont du mal à assumer le lourd héritage laissé par la génération de 1972 des "Diables Rouges", touchée par la grâce. |
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Entre 1965, date de sa première
participation à la CAN et 1970, soit trois tournois,
la Côte d'Ivoire est parvenue à se hisser autant de
fois en ½ finale. Cette génération des "Eléphants"
qui regorgeaient de talent et dont on ne se lassait d'évoquer les
vertus jusqu'au début des années 90, a été
emporté par le triomphe de sa cadette, 22 ans plus tard. Aussi,
Eustache "Lion" Manglé, Wawa, Blezziri, Gnaoré,
"Général" Akran, Jean Keita ont sagement été
rangé dans le vestiaire à souvenirs. Surviva nt
de cette "génération maudite", et toujours
aussi populaire, Laurent Pokou l'attaquant surdoué de l'ASEC
Mimosas doit avant tout sa notoriété et son éternelle
jouvence au record de buts marqué (14) et jamais égalé
en phase finale de CAN. Pour le reste, Alain Ngouaméné
et sa bande (Dakar 92) qui ont vaincu le signe indien en battant
le Ghana, la bête noire des "Eléphants"
lors des CAN 1965, 1968, et 1970 précisément, ont
vengé l'honneur du "Troupeau". Entrés dans
la postérité, ils ont été canonisés
en la Basilique de Notre Dame de Yamoussoukro, en présence
du défunt Président Houphouet Boigny. Cette
entrée au paradis repoussait davantage leur aînés
dans les oubliettes de la mémoire collective du football ivoirien.
La règle du jeu est impitoyable, et malheur aux vaincus
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Au fait, et
si Seydou Keita, le bien nommé entraînait le Mali
vers un succès? Qu'en serait t-il alors de la génération
des "Aigles" de 1972, finaliste de la Coupe
d'Afrique des Nations, dont la simple évocation provoque encore
des frissons y compris parmi les moins nostalgiques supporters du Mali.
L'histoire nous le dira. En attendant la réponse, voici les "battus"
les plus célèbres de la Coupe d'Afrique des Nations.
Et pardon à tous ceux que nous aurons oubliés. Décidément
L'oubli est de mise dans cette rubrique. |
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1968 : Sunday Ibrahim, milieu -
Ghana
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Entré au sein de la célèbre
formation du "Black Star" en 1966, Ibrahim Sunday,
le milieu de terrain de l'Ashanti Kotoko de Kumasi va marq uer
son époque. En 1965, il est jugé trop jeune (21 ans) pour
être de la partie en Tunisie. C'est à la radio qu'il
suit les exploits des Osei koffi, Attuquayeffyo Jones, qui donnent
un second titre consécutif au Ghana. Khartoum, 1968. le gaucher, exceptionnel pourvoyeur de "caviar" pour ses partenaires, croit arriver son heure de gloire. Mais, le sort en décide autrement. Kalala et le Congo (RDC) sont couronnés. Au Soudan (1970), il est de nouveau finaliste, après une demi-finale de légende face à la Côte d'ivoire de Laurent Pokou. Cette fois encore, le sort s'abat sur le meilleur joueur du tournoi. Le pays hôte et ses virtuoses Djaska et El-Issed sont les nouveaux rois du continent. Après ce nouveau revers, Le Ballon d'Or Africain 1971 ne disputera plus de Coupe d'Afrique des Nations. |
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1972 : Tokoto Jean-Pierre, Milieu
- Cameroun.
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Avant Rog er
Milla, il y avait Tokoto Jean-Pierre. Exilé en France
du côté de Marseille après le succès
inédit de son club, l'Oryx de Douala en Coupe d'Afrique
des Clubs Champions (1964), "JP" était revenu
prêter mains fortes à son pays, qui organisait la 8ème
Coupe d'Afrique des Nations.Un régal. L'artiste de l'Olympique de Marseille va survoler la compétition. Alors que la finale d'un tournoi parfaitement maîtrisé jusque là, lui tend les bras, le Congo et Minga "Pépé" en décide autrement. Le Cameroun de Tokoto est battu. Elu à l'unanimité meilleur joueur du tournoi par l'ensemble de la presse, Jean-Pierre restera inconsolable. Le public du Cameroun aussi. |
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1972 : Salif keita, Attaquant -
Mali.
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L'autre grand battu du tournoi de Yaoundé.
C'est avec l'étiquette d e
favoris de la compétition, que "Domingo" et ses
lieutenants, Bako Touré, Kidian Diallo, Mamadou Keita, Fantamadi
Keita arrivent à la CAN 72. Le Ballon d'Or Africain
1970, qui fait parti des meilleurs joueurs en Europe, est le cauchemar
des défenseurs présents à la Coupe d'Afrique.
Pour se venger des nuits d'insomnies, ces derniers vont passer leur temps
à tester la résistance de ses protèges tibias. Salif
Keita ne pourra en fait jamais s'exprimer dans cette compétition
au vu de la répétition du traitement que les défenseurs
adverses lui avaient réservé. Les jambes endolories par
la multitude de coups qu'il reçut de ses "bourreaux",
avec la bénédiction des arbitres, c'est un homme diminué
qui se présente à Yaoundé pour disputer la Finale
qu'il perdra, face au Congo Brazzaville de François
Mpelé (3-2). |
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1976 : Ibrahima Keita Sory, "Petit
Sory", Attaquant - Guinée.
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Seigneur du d ribble,
et feu-follet du Hafia de Conakry (D1 Guinée) son
Club avec lequel il a remporté à trois reprises la Coupe
des Clubs Champions (1972, 1975, 1977), il n'aura pas la même
réussite en 1976, en Ethiopie, lors de la 10ème
CAN. Après les échecs en Coupe d'Afrique des Nations
en 1970 et 1974 auxquels il prend part, l'homme croit venu son heure
de gloire à Addis-Abeba. Avec des joueurs de la trempe de
Chérif Souleymane (Ballon d'Or Africain 1972), Papa Camara,
Bernard Sylla, Maxime Camara, Jacob Bangoura, Djibril Diarra, Sory et
le " Sily " de Guinée croit venue l'heure
de gloire. Sur le terrain, les Guinéens et surtout "Petit
Sory" (plébiscité meilleur joueur du tournoi )
assurent le spectacle. Mais à l'arrivée, le Maroc
de Faras plus régulier, rafle la mise. "Petit Sory"
le capitaine n'est que deuxième. De cette dernière Coupe
d'Afrique des Nations, il garde un souvenir "gai et mélancolique".
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1986-1988 : Les "Lions de L'Atlas"
- Maroc
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Elle avait tout pour triompher. Du talent,
de l'audace. En 1986, après une Coupe du Monde au
cours de laquelle elle avait étonné le mon de
entier, en parvenant en 1/8 de finale, tout le monde la voyait dominer
l'Afrique. D'autant plus que la première sélection
Africaine à passer le premier tour d'une Coupe du monde,
accueillait la CAN en 1988. Mais, Aziz Bouderbala, Krimau, Zaki,El
Haddaoui et les autres, ne vont jamais y parvenir. Le public de Casablanca
sera médusé par la qualité du spectacle proposée
par les héros de Mexico 86. Les "Lions de l'Atlas"
sont battu en demi-finale par les redoutables Camerounais, après
une piètre prestation. Dix ans après Hamed Faras, Badou
Zaki, meilleur gardien de buts Africain et ballon d'or du continent
en 1986, ne sera pas Champion d'Afrique. |
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1994 : Kalusha Bwalya, Attaquant
- Zambie
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Il a ma rqué
la Coupe d'Afrique des Nations de son talent. L'un des meilleurs
joueurs que l'Afrique est connue. Depuis sa 1ère apparition
dans le tournoi en 1986 au Caire jusqu'à la dernière
en 2000 au Ghana, le "Gaucher de Mufulira"
- sa ville natale - a régalé le public, par des buts encore
plus spectaculaires les uns que les autres. Le point culminant de sa carrière
à la Coupe d'Afrique des Nations se situe en 1994 à
Tunis, lorsqu'en chef de file remarquable, il mène la Zambie
à la deuxième finale de son histoire, après celle
perdue par ses aînés, les Chama, Kaushi, Makwaza, face
au Zaïre (RDC) en 1974, au Caire. Le Nigeria
l'emporte difficilement (2-1). La frappe de "Kalu", qui
en fin de rencontre s'écrase sur le poteau ne changera rien au
destin
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| Charly Mouna | |||
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