SURFACE de VERITE: L'Africain vivrait-il  entre dérive et incompréhension sur la planète football?

 

Le Football africain pourra-t-il un jour rivaliser avec celui des autres nations, celui des autres continents, à savoir l'Europe et l'Amérique du Sud? Verrons-nous une nation africaine remporter la Coupe du Monde en Afrique du Sud?  Le football africain serait-il en danger, au regard de la loi du 6+5 que la FIFA veut imposer à la famille du football mondial ? Toutes ces questions méritent d'être posées, car cela ne semble pas interpeler les dirigeants africains qui sont à la tête des fédérations du continent.

En effet, à la veille des différentes rencontres qui opposeront les sélections nationales (5, 6 et 7 juin 2009) en vue de la qualification à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2010) en Angola et à la Coupe du Monde (WC2010) en Afrique du Sud, il semblerait que seule la phrase du Baron de Coubertin habite les esprits: «l'essentiel c'est de participer».  Il est impensable qu'aucune nation ne se prépare dans l'objectif de se porter candidate à la plus haute marche du podium. On a juste envie de se qualifier pour la première Coupe du Monde en terre africaine, après on verra. Nous constatons une fois de plus, qu'à la veille de chaque compétition internationale (CAN/WC), la plupart des équipes africaines brillent par leurs querelles internes. S'ensuivent des règlements de comptes qui engendrent une valse des entraîneurs, dont ils sont les seuls à connaître le secret des pas de danse et de la mélodie. Pour exemple, le Cameroun, qui a l'habitude de tels changements (entraîneur) à quelques jours d'une compétition, vient d'innover en poussant Otto Pfister vers la sortie après seulement un match de poule qualificative, mais rien ne dit que cet exercice ne se répétera pas en cas de qualification à la CAN au mois de janvier 2010 (Angola) et ensuite à la Coupe du Monde, en juin de la même année (Afsud).
On pourrait donc s'attendre à deux remaniements supplémentaires du côté des Lions Indomptables, ce qui ne surprendrait personne et ferait plutôt la joie des entraîneurs qui se bousculent pour occuper ce poste tant convoité par des techniciens européens au chômage. Peut-on continuer à dire que les Africains n'ont pas de techniciens capables de diriger les sélections nationales sur le continent? Le Mali de Kanouté pense que non et a engagé le Nigérian Stephen Keshi. Ce dernier a même reçu des demandes de candidatures pour le poste d'adjoint, issues de techniciens européens. L'Egypte d'Abou Trika a été double championne d'Afrique avec un sélectionneur local, Hassan Shehata, qui représentera l'Afrique à la Coupe des Confédérations au mois de juin prochain (Afsud 2009). Un entraineur africain sera-t-il un jour à la tête d'un club européen? Certains techniciens européens pensent qu'il est encore trop tôt, car il faut encore du travail aux Africains sur le plan tactique et de la compréhension du jeu pour y parvenir. Certains entraîneurs africains pensent le contraire et estiment qu'ils en sont capables, au vu de leur vécu footballistique sur le terrain et en dehors. Nous avons essayé de comprendre et avons constaté que plusieurs coaches africains ont le potentiel pour occuper le poste.

Il suffit pour cela de jeter un coup d'œil sur le CV de certaines anciennes stars du football africain pour le comprendre: Stephen Keshi (Nigeria), Kalusha Bwalya (Zambie - Photo ci-contre), Abedi Ayew Pelé (Ghana), Hassan Shehata (Egypte), Ali  Zitouni (Algérie), Thomas Nkono (Cameroun), Anthony Bafoé (Ghana), Akono Jean-Paul (Cameroun), Omam Biyik (Cameroun), Nacer Sandjak (Algérie), Aoudou Ibrahim (Cameroun), Adel Amrouch (Algérie - photo ci-dessous). Le débat étant ouvert, nous vous laissons apprécier les déclarations d'Otto Pfister sur le football africain en général et camerounais en particulier: «Vous savez,  que ce soit au Togo, au Nigeria ou au Cameroun, c'est partout la même chose. C'est une question de clan, d'argent, de positions et d'intrigues. Mille personnes veulent être entraîneur au Cameroun. Il y a beaucoup d'argent en jeu là-bas. Tu as un bon avenir si tu appartiens à la clique. Et comme ça, les politiciens placent leurs gens autour de l'équipe. C'est pour cette raison qu'une équipe africaine ne gagnera jamais la Coupe du Monde!». Sur son avenir, le coach allemand a voulu être rassurant en annonçant: «J'ai déjà une proposition dans un pays arabe, et une autre également. En plus, d'autres têtes tomberont certainement au cours de ces qualifications.»   Il est important de souligner que l'ancien sélectionneur des Lions Indomptables attendra tranquillement qu'un entraîneur soit limogé d'ici décembre prochain pour postuler et probablement s'installer à la tête d'une autre nation africaine. Une question fondamentale nous laisse songeurs: «Le Football Africain vivrait-il entre dérive et incompréhension sur la planète?»

Le Football Africain serait-il en danger?

«Le football africain a tant donné au football que nous devons rendre justice à l'Afrique», déclarait Sepp Blatter, le président de la FIFA.  C'est ainsi qu'il a milité pour que la Coupe du Monde soit organisée sur le continent africain. C'est pour cela qu'il a multiplié les aides au développement du football en Afrique à travers le projet Goal, la Broadcast Academy de la FIFA, le lancement d'un programme de formation destiné aux médias africains, financé entre autres par la FIFA. Bref, «Gagner en Afrique avec l'Afrique» est le nouveau slogan lancé par la FIFA et Sepp Blatter. C'est l'année du football africain annoncée par le patron du football mondial, Sepp Blatter. Le monde sportif sait l'amour et l'intérêt que le président de la FIFA porte au continent africain et ce dernier le lui rend bien. La seule ombre, dans ce vaste programme, qui obscurcit le ciel du football africain, se trouve être un épais nuage gris, annonciateur d'un gros orage, qui ne servira pas à stabiliser le football en Afrique. Il s'agit de la loi que prône en ce moment la FIFA, celle du 6+5, qui impose aux fédérations nationales de faire jouer six joueurs nationaux et cinq joueurs étrangers, «afin de protéger le football local», dixit Sepp Blatter.  En tous cas, l'Algérie et son président Mohamed Raouraoua (Photo ci-contre) n'ont pas attendu le feu-vert de la maison mère pour sortir de leurs tiroirs la loi du 10+1 (dix locaux et un seul étranger).
Ils comptent, du côté d'Alger, interdire tout recrutement d'étrangers d'ici à 2011. Un homme est monté au créneau, afin d'éveiller les consciences sur le sujet. En effet, Maître Michel Pautot, avocat au barreau de Marseille, à l'origine de l'arrêt Malaja (Malaja et Michel Pautot), a décidé de marcher sur les pas de Jean Monet qui disait: «Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes». Il a tenu une conférence de presse à Paris le jeudi 28/05/09 pour présenter son ouvrage «Le Sport et l'Europe - Les Effets de la construction européenne sur les pratiques sportives» (Presses Universitaires du Sport). Cette conférence de presse a réuni plusieurs spécialistes du sport et les indications de Maître Michel Pautot sur la liberté de circulation des sportifs ont été fort intéressantes et très édifiantes. L'assistance présente a été évidemment inquiète en apprenant que certaines fédérations voulaient réinstaurer ou relancer les quotas d'étrangers, comme la FIFA avec le 6+5.  Malheureusement, ce système pénaliserait en priorité les joueurs africains et provoquerait une double sanction: une sanction discriminatoire qui les empêcherait de venir jouer en Europe, mais aussi une sanction sportive car, en ne venant pas jouer en Europe, le football africain pourrait s'appauvrir, car il serait moins en contact avec les meilleures équipes européennes. Il est difficile à ce jour de se prononcer sur les dégâts qu'occasionnerait la loi du 6+5 sur le plan économique et, surtout, en termes de développement de certaines nations, comme celles du continent africain, qui seront les plus sévèrement sanctionnées par cette loi.
Mais certains observateurs évoquent davantage la concurrence entre l'UEFA et la FIFA, qui sont organisateurs de spectacles, le premier semblant prendre le pas sur le deuxième, sur le plan de la popularité et surtout par l'aspect économique. Après le refus de l'Union Européenne de valider cette loi du 6+5, des mesures peuvent-elles être prisent dès à présent contre la FIFA? «Oui et non», répond Michel Pautot. Oui, si une plainte est déposée par un sportif, car l'ouverture des frontières est une réalité. Le déclin du nationalisme sportif en est une autre, face à la volonté des grands clubs européens de s'affirmer sur la scène internationale, en recrutant abondamment des joueurs étrangers. Pour exemple, lors de la dernière finale de la Champions League entre Manchester United et Barcelone (0-2), les deux buts ont été marqués par deux étrangers, Samuel Eto'o et Lionel Messi. Le meilleur joueur de D2 en France, Efoulou (Anger) est d'origine camerounaise. Même le meilleur joueur du championnat de France (Ligue 1- 2009), Gourcuff, a été prêté par le Milan AC à Bordeaux. Alors, en voulant limiter la libre-circulation des footballeurs, il ne faut pas oublier qu'il existe des lois et un traité en Europe (Traité de Rome) et que l'on ne peut pas les modifier aussi facilement qu'à l'Assemblée Générale de la FIFA. Il faudra convaincre les 27 Etats qui composent l'Union Européenne que seul le football en particulier ou le sport en général ont le droit à l'identité nationale sur le plan de la «protection». La question est: «Juridiquement, l'Union européenne peut-elle modifier les dispositions du Traité de Rome sur la liberté de circulation des sportifs professionnels?» Wait and see…

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