SURFACE de VERITE

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Mourad Mazar, Président de l’Union Africaine des Footballeurs : "L’ère de l’esclavage des Africains dans le football est révolue. L’U.A.F. défendra désormais partout où cela s’avère nécessaire, les intérêts et les droits des footballeurs africains".

Entretien réalisé par Jacques Tidji

Portée sur les fonds baptismaux au mois de décembre 2001, l’Union Africaine des Footballeurs s’est très vite imposée comme l’instance fédératrice des associations africaines de footballeurs et par la même occasion, l’une des interlocutrices privilégiées de la CAF et de la FIFA. Mourad Mazar, l’Algérien qui se définit «Africain avant tout », l’un des géniteurs de cette organisation, rentre du Caire où l’UFA vient d’installer officiellement son siège. Ce Lyonnais d’adoption nous a accordé un entretien au cours duquel, avec son franc-parler habituel il nous a fait part de ses rapports avec la CAF, la FIFPRO et la FIFA et surtout des ambitions qu’il nourrit pour l’organe continental dont il est le Président Exécutif. "Coups de gueule", mises au point, clarifications…A bâtons rompus, un Mourad Mazar très offensif, comme il sait l’être !

 

Africafoot.Com : Pour les observateurs, que nous sommes, vous faites partie désormais des personnalités qui comptent dans le football africain. Mais, le grand public semble peu vous connaître. Alors, qui êtes-vous vraiment, Mourad Mazar?

Mourad Mazar : Je remercie tout d’abord votre rédaction de me donner l’occasion de m’exprimer. Eh bien ! Mourad Mazar est un Algérien, mais d’abord un Africain, qui n’a pas connu une grande carrière de footballeur, comme on dit, mais qui s’est investi depuis longtemps dans la gestion du football et des intérêts des footballeurs, notamment africains. Je me suis engagé dans le management du football depuis une quinzaine d’années et je précise que je suis à la tête du syndicat des footballeurs algériens depuis bientôt dix ans. C’est cette expérience qui m’a permis d’impulser la naissance de l’Union des Footballeurs Africains, avec l’aide de quelques amis, qui ont bien voulu me porter à la tête de cette instance.
Africafoot.Com : Comment définiriez-vous l’Union Africaine des Footballeurs ?
Mourad Mazar : Je la définis comme étant une instance sportive qui a pour mission et ambition de défendre les intérêts des footballeurs africains où qu’ils soient dans le monde. Elle fédère l’ensemble des associations de footballeurs africains et se positionnent comme un instrument de défense des droits de l’ensemble des adhérents. Comme vous le savez, la FIFPRO (Fédération Internationale des Footballeurs Professionnels) existe depuis une quarantaine d’années. C’est une organisation qui a fait ses preuves, qui a milité en faveur d’une plus grande implication des footballeurs dans la gestion du football. Cette fédération rassemble en son sein tout ce que le football compte d’anciennes gloires représentatives. Elle est devenue au fil des ans l’interlocutrice privilégiée auprès de la FIFA, de l’ensemble des footballeurs sans exclusive. C’est une organisation qui a tout fait pour veiller sur le respect des droits des footballeurs et des clubs. C’est ainsi que depuis le dernier congrès de cette instance, qui s’est tenu les 6, 7 et 8 décembre 2001 à Disneyland Paris, avec la visite très remarquée de Sepp Blatter, le Président de la FIFA, accompagné de Michel Platini, qui est une marque d’estime et de reconnaissance, mais également depuis l’accord de partenariat signé entre la FIFA et la FIFPRO en Septembre 2001, celle-ci a décidé de calquer son organisation sur sa glorieuse aînée en adoptant la même pyramide structurale, c’est-à-dire des associations nationales qui se regroupent au sein d’instances continentales. C’est donc pour répondre à cette nouvelle donne, que l’Union des Footballeurs a vu le jour le 07 décembre 2001.

Africafoot.Com : dans une récente interview que vous avez accordée au "journal de l’Association des Footballeurs Camerounais", vous disiez être vous-même et le Camerounais David Mayébi, Président de l’AFC , à l’origine de la naissance de cette instance. Qu’en est-il en réalité ?

Mourad Mazar : Le Conseil National du Sport Professionnel Algérien a intégré officiellement la FIFPRO en 1999 et ma première participation au congrès de cette instance a eu lieu à Rome en janvier 2000. C’est à cette occasion que nous avons fait le constat que le continent le plus important, qui fait le plus honneur au football mondial, à savoir l’Afrique, soit absent au niveau de cette instance internationale qu’est la FIFPRO, qui défend les droits de l’ensemble des footballeurs. Alors même que les footballeurs africains sont membres des syndicats des footballeurs européens. Ce qui n’est pas mauvais en soit, car en plus de la modeste protection que peut leur procurer le syndicat ou l’association de leur pays d’origine, ils peuvent ainsi bénéficier d’une double protection en adhérant aux syndicats européens ! De plus, quand on observe aujourd’hui la physionomie du football international, force est de constater que tous les grands clubs possèdent au sein de leur effectif un joueur d’origine africaine. Il en est de même des grandes sélections européennes. Au-delà du phénomène de mode comme le prétendent certains, force est de constater que pratiquement toutes les équipes nationales européennes ont au moins un sélectionné d’origine africaine. Cela veut dire que notre football et nos footballeurs ont connu une progression certaine. Il nous semblait donc anormal, que ces joueurs qui participent au spectacle et contribuent au renouveau du football mondial soient peu sinon pas du tout représentés. Leurs intérêts ne sont pas défendus comme cela devrait l’être, compte tenu du rôle de premier plan qu’ils jouent depuis quelques années sur la scène mondiale. C’est ainsi que, David Mayébi, le Président de l’Association des Footballeurs Camerounais (AFC) qui était également présent à Rome, et moi-même, avons décidé de nous mettre au travail en incitant les deux autres membres de la FIFPRO que sont le Nigeria et l’Afrique du Sud à se joindre à nous afin de mettre en place une structure continentale représentative. Notre démarche a fort heureusement était approuvée et encouragée par la FIFPRO, qui a accepté également notre proposition de restructurer sa propre organisation. Une proposition qui a permis à cette instance d’être reconnue par la FIFA. Pour preuve : elle siège aujourd’hui officiellement à la Commission Déléguée au Tribunal Arbitral. Tous ces changements ont poussé les dirigeants de la FIFPRO, dont nous faisons partie, à modifier la structure interne de cet organe et à calquer son organisation et sa pyramide sur celle de la FIFA. C’est-à-dire : les associations nationales et les instances continentales, et tout cela bien entendu sous l’égide de la Fédération Internationale. C’est ainsi qu’après approbation de notre projet, les instances continentales ont été créées , à savoir celles de l’Afrique et de l’Amérique latine qui sont venues s’ajouter à la structure européenne qui existait déjà, car c’est elle qui est à la base de la FIFPRO. Avec l’intégration et l’affiliation de plusieurs associations nationales, la FIFPRO a pris de l’envergure et est devenue une interlocutrice et un partenaire incontournables du football mondial. Elle a acquis un statut qui l’autorise à parler au nom de tous les continents.
Africafoot.Com : Après cette genèse, nous avons envie de vous demander quel est le degré d’implication et d’engagement des footballeurs africains en activité et surtout les retraités tels que les incontournables Roger Milla, George Weah, Salif Keïta, Abedi Pelé …pour ne citer que ceux-là, au sein de l’Union Africaine des Footballeurs ?
Mourad Mazar : Avant de répondre à cette question, je tiens à préciser que je fais partie des gens qui refusent d’être amnésiques en combattant l’ingratitude sous toutes ses formes. Je sais être reconnaissant envers les personnes qui le méritent. Si l’UAF est devenue ce qu’elle est, si elle a acquis la légitimité et la crédibilité qui sont les siennes aujourd’hui c’est grâce aux anciens footballeurs africains qui ont très tôt cru en elle. Deux personnalités hors norme nous ont particulièrement aidés à faire avancer les choses, il s’agit de Roger Milla et de Mustapha Dahleb qui ont pesé de leur poids et de toute leur notoriété pour imposer l’UAF. Leur participation au congrès de Marne La Vallée a été bénéfique pour nous, présidents d’associations nationales africaines présents à ce rassemblement. C’est tout naturellement que notre organisation a vu le jour à cette issue, profitant du soutien et de l’adhésion que les anciens joueurs lui ont rapidement manifesté. En ce qui concerne les joueurs en activité, ils ont accueilli très favorablement la naissance de notre organisation. Ils ont compris que c’était dans leur intérêt qu’elle a été créée. Ils ont été très contents de voir qu’en plus de leurs syndicats nationaux, ils ont désormais une instance internationale pour la défense de leurs droits. N’oublions pas que notre but majeur est la défense des intérêts moraux et matériels des footballeurs africains, où qu’ils soient, où qu’ils exercent leur profession. Soit auprès de leur agent, soit auprès de leur club employeur, soit encore dans leur rapports avec leur fédération nationale, la CAF ou la FIFA.
Africafoot.Com : Pour revenir aux anciens footballeurs africains, quelle est leur véritable place au sein de votre organigramme actuel ?
Mourad Mazar : Nous avons par exemple, Basile Boli qui est le Directeur de la Communication, Lakhdar Belloumi, ancien « Ballon d’or africain » qui est en charge de l’Afrique du Nord, ainsi que des gens comme Abedi Pelé ou George Weah qui font partie des personnalités représentatives de notre organisation. A propos de ce dernier, je tiens tout particulièrement à souligner sa disponibilité et sa gentillesse. C’est un grand Monsieur qui m’a beaucoup marqué et encouragé. Je me rappelle l’avoir rencontré à Lyon, à la veille d’un match qu’il devait livrer avec son ancien club l’Olympique de Marseille (L1 – France) face à l’Olympique Lyonnais (L1 – France). Il a été le premier sportif à qui j’ai parlé du projet que je nourrissais depuis quelques temps de promouvoir la création d’une association africaine de footballeurs. Il m’a écouté et conseillé très utilement. Je tiens franchement à lui témoigner ma reconnaissance pour ses précieux conseils. De manière générale, les anciens internationaux nous ont ouvert beaucoup de portes, notamment celle de la FIFA.
Africafoot.Com : Justement, vous nous offrez là, une transition opportune! Evoquons, si vous le voulez bien, la période qui a précédé les dernières élections à la présidence de la FIFA, qui ont vu s’opposer Issa Hayatou et Sepp Blatter. Rappelons la vague de polémiques qu’a suscité le "soutien" ou le "non soutien" des anciens footballeurs africains à l’un et (ou) l’autre candidats. On se souvient que certains anciens footballeurs africains ont ouvertement proclamé leur soutien à Sepp Blatter, au détriment d’Issa Hayatou, Africain de son état. Selon certaines informations votre organisation aurait soutenu cette prise de position. Monsieur le Président de l’UAF, quelle est la réalité des faits, au lendemain de cette élection ?
Mourad Mazar : Soyons clairs ! Issa Hayatou est un aîné, un monsieur que je respecte. Nous avons toujours entretenu des relations cordiales. Il m’a toujours reçu et conseillé chaque fois que j’en ai manifesté le besoin. On se connaît depuis plusieurs années. Je me souviens l’avoir rencontré au cours d’un dîner, il y a quelque temps. Je me souviens également qu’à cette occasion que j’ai été l’un des tous premiers à lui avoir suggéré et l’avoir encouragé à être candidat à la présidence de la FIFA ! Et cela largement avant que la nouvelle ne soit rendue publique. Je parle de l’année 1997, en présence d’autres personnalités du sport africain telles que Lamine Diack. Permettez-moi également de rappeler que la dernière fois que j’ai vu Issa Hayatou, c’était le jour de la finale de la CAN 2002, à Bamako. A cette occasion, j’ai eu l’impression que les retrouvailles ont été réciproquement chaleureuses. J’en ai profité pour lui parler de l’UAF. Il m’a répondu avoir été mis au courant et il a d’ailleurs ajouté : "c’est une bonne chose. On verra plus tard!" Ce à quoi j’ai réagis en disant : "Monsieur le Président, si vous avez enfin pris la décision de présenter votre candidature au poste de Président de la FIFA, vous pouvez compter sur nous!" Au lendemain de cette compétition, une déclaration du Président de la Fédération Algérienne de Football remettant en cause la légitimité du syndicat national de footballeurs ainsi celle de l’UAF assortie d’une menace d’interdiction de sélection à tout joueur algérien qui se rendrait "coupable d’adhésion à l’une ou l’autre association" a créé une véritable sensation dans les milieux du football africain. Les journaux se sont saisis de cette affaire et en ont fait un large échos. C’est alors que selon certaines publications le Président de la Fédération Algérienne de Football aurait déclaré avoir reçu une circulaire du Président de la FIFA, Issa Hayatou, adressée à l’ensemble des fédérations nationales de football, membres de la CAF, de ne pas reconnaître l’Union Africaine des Footballeurs. Bien entendu, face à cette cabale, nous avons réagi, moi en premier. J’ai fait parvenir les copies des articles concernés au siège de la CAF au Caire. Je n’ai jamais reçu la moindre réponse. J’ai, par la suite téléphoné personnellement, le Secrétaire Général de la CAF, Monsieur Mustapha Fahmy n’a jamais accepté de répondre à mes appels. Face à ce silence, j’ai envoyé une autre correspondance adressée personnellement au Président de la CAF, dans laquelle je lui proposais les services de l’UAF dans le cadre de sa campagne électorale. Notre démarche est restée sans suite. En face, Sepp Blatter, quant à lui, a officiellement fait appel aux anciens joueurs! C’est pour cela qu’ayant constaté que Blatter faisait le tour des fédérations africaines en compagnie des anciens footballeurs tels qu’Abedi Pelé ou Bell Joseph Antoine, j’ai laissé les choses se faire, dans la mesure où son adversaire, Issa Hayatou ne semblait pas se sentir intéressé par les services des membres de notre association. De plus, je me rappelle de cette déclaration frustrante que ce dernier a faite à la presse à l’occasion d’une visite officielle à Alger au sujet du soutien des anciens joueurs à Blatter, le Président de la CAF a répondu : "pour moi, ce sont des coups d’épée dans l’eau…Ces gens-là n’ont pas de droit de vote." Cette déclaration m’a profondément choqué. Ceci mis à part, nous n’avons jamais compris pourquoi Issa Hayatou a installé le siège de sa campagne à Paris, alors que nous avons tout le potentiel imaginable en Afrique. Nous avons encore moins compris pourquoi il a confié sa communication à Pierre Sled, qui ignore tout du football africain et des joutes électorales de haut niveau . je considère aujourd’hui encore qu’il y a eu une accumulation d’erreurs lors de la campagne d’Issa Hayatou. Et il va falloir se remémorer cela pour la suite car c’est cela qui fait les grands hommes Savoir se remettre en question est la chose la plus difficile pour certains et l’on ne voit toujours pas ses erreurs, ce sont les autres qui pourront le faire.
Africafoot.Com : Quel est l’état des relations de l’UAF et de la CAF à ce jour ?
Mourad Mazar : Le destin a voulu que le siège officiel de l’UAF soit Le Caire, où se trouve celui de la CAF. Je reviens justement de la capitale égyptienne où j’ai assisté à la cérémonie officielle d’installation de nos bureaux. A cette occasion, nos amis égyptiens ont programmé une rencontre au siège de la CAF avec le Secrétaire Général, Mustapha Fahmy, qui nous a reçu très cordialement. J’ai été marqué par la chaleur de son accueil et par sa sympathie. Il a bien voulu nous écouter et a semblé enfin comprendre le bien-fondé de notre organisation. J’en ai profité pour lui réitérer notre volonté d’être présents aux côtés de la CAF, ce qui a semblé le ravir en précisant que toute collaboration ne pouvant se faire qu’en fonction des compétences et des champs d’action de chacun des organes impliqués. Une philosophie que nous partageons. Sur les conseils de Fahmy, nous avons adressé un courrier officiel au Président de la CAF allant dans ce sens. Je viens justement de recevoir une réponse du Caire qui nous précise que l’acte fondateur de notre collaboration verra probablement le jour à l’occasion de la prochaine réunion du Comité Exécutif de la CAF. Tout cela pour vous dire que désormais l’UAF et la CAF marchent la main dans la main et c’est tant mieux ainsi. J’ajoute une chose importante : Monsieur Fahmy nous a clairement précisé que le Président de la Caf n’a jamais envoyé une quelconque correspondance à quiconque pour discréditer l’UAF. C’est tout dire !
Africafoot.Com : Comment réagissez-vous au lendemain de l’intégration au sein de la CAF des anciens joueurs tels que Japhet Ndoram et François Mpelé en lieu et place des Milla et Abedi Pelé ?
Mourad Mazar : La décision de la CAF est souveraine. Le Président dans ses prérogatives peut décider de se séparer d’un collaborateur ou d’en incorporer un autre. Sa décision n’est pas à être commentée par notre organe. Je la respecte. En revanche la question qui mérite d’être posée est celle du rôle de ces anciens joueurs au sein de cette commission de la CAF. Là-dessus nous avons notre petite idée. Le moment venu, nous en reparlerons. Et, je précise seulement que l’UAF défendra ses droits, sa notoriété et sa crédibilité chaque fois qu’il aura le sentiment qu’un de ses membres est impliqué. Au lendemain des élections de la FIFA, il convient de faire profil bas et d’unir toutes les forces et compétences pour le développement du football africain. Il en a grand besoin. Il faut éviter les querelles stériles et mettre au placard ses ambitions personnelles, ce sont les seules choses qui doivent accompagner nos actions, et c’est le football de notre continent qui en sortira grandi.
Africafoot.Com : Justement au sujet d’ambition, selon certaines sources relayées par des journaux algériens, votre ami David Mayébi, Vice-président de la Fédération Camerounaise de Football et Président de l’Association des Footballeurs Camerounais est candidat aux prochaines élections au poste de Président de la CAF….
Mourad Mazar : Non, non et non ! Soyons sérieux ! Je profite de l’occasion que vous me donnez, pour clarifier cette affaire. Je confirme ce que j’ai déjà dit et redit à plusieurs organes de presse qui m’ont posé la même question : David Mayebi n’a jamais déclaré vouloir présenter sa candidature à l’élection au poste de Président de la CAF. Laissez-moi vous expliquer comment cette affaire a été créée de toutes pièces. Lors d’une conférence de presse à Alger, un des membres du Conseil National des Footballeurs Professionnels Algériens, qui est du reste notre délégué à Alger, lors d’un entretien avec la presse, en évoquant les ambitions des uns et des autres, a présenté David Mayébi, Vice-président de la FECAFOOT (Fédération Camerounaise de Football), Président de l’AFC (Association des Footballeurs Camerounais) et Vice-président de l’UAF (Union Africaine des Footballeurs) comme une personnalité ayant le profil adéquat pour prétendre au poste de Président de la Confédération Africaine de Football. Ce à quoi David a répondu sans hésiter : « ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas un sujet à l’ordre du jour ; donc c’est une hypothèse qui ne mérite pas d’être évoquée ». J’étais présent ce jour-là et j’ai en ma possession la cassette vidéo qui avait été réalisée à cette occasion. C’est vrai que cette histoire a fait beaucoup de vagues et lors de mon dernier séjour au Cameroun à l’occasion de la célébration des cinquante ans de Roger Milla, plusieurs personnes m’ont interpellé à ce sujet. Pour moi, il n’y a jamais eu de déclaration de candidature de David Mayébi. Du moins à Alger, puisque j’y étais. Maintenant, s’il veut se présenter et s’il a des ambitions au poste de Président de la CAF, Mourad Mazar n’est pas au courant.
Africafoot.Com : Nous vous remercions pour ces éléments d’explications. Pour terminer, en tant qu’acteur du football africain, comment voyez-vous l’avenir de ce sport sur notre continent ?
Mourad Mazar : Pour moi, les choses sont simples. L’avenir du football africain est entre les mains de ses fils. Son développement, son émergence réelle dépendent de la volonté que toutes les personnes et les organes impliqués dans sa gestion et sa pratique apporteront au quotidien. Il est un élément que je tenais à souligner, c’est la présence de ces expatriés qui prétendent nous donner des leçons sur la conduite de notre football. Moi, en tant que Président de l’UAF, je voyage beaucoup sur le continent et je suis en contact permanent avec les acteurs et les décideurs du football en Afrique, je puis vous assurer que notre continent possède toutes les compétences nécessaires pour faire de son football l’un des meilleurs au monde. Permettez-moi également, d’évoquer la nécessité de créer un cadre de discussion formelle entre la CEE et l’Afrique en ce qui concerne le football. Nous nous sommes aperçus que la FIFPRO qui est sensée défendre les intérêts des nôtres au niveau de la Communauté Européenne les exclut des discussions. Nous nous battrons à notre niveau pour que les droits des footballeurs africains évoluant en Europe – et, ils sont de plus en plus nombreux – soient pris en compte. Nous avons aussi un autre chantier : la lutte contre l’expatriation prématurée des jeunes footballeurs africains qui sont enrôlés sans indemnités pour les clubs formateurs par des grosses écuries européennes. L’ère de l’esclavage des africains dans le football est révolue. L’Union Africaine des Footballeurs défendra désormais partout où cela s’avère nécessaire, les intérêts et les droits des footballeurs africains . Nous nous battrons pour que les droits de ceux qui pratiquent cette discipline soient respectés car c’est eux qui font le spectacle. Pour cela nous ne ménagerons aucun effort pour le rappeler aux associations nationales, à la CAF, à la FIFA et la FIFPRO ou à toute autre organisation impliquée dans le football.
Africafoot.Com : Mourad Mazar, Africafoot vous remercie.
Mourad Mazar : C’est moi qui vous remercie et vous encourage dans vos efforts pour informer le monde sur le football africain et surtout pour la mise en avant des footballeurs de ce continent. Vous pouvez compter sur notre soutien car vous êtes le seul organe en ce moment qui présente le football du continent africain sous son vrai jour.
Entretien réalisé par J.T.

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