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Africafoot.Com |
Jean
II Makoun : «Toute une équipe peut rater un match ou
une compétition, mais le plus important, c’est la prise
conscience après une défaite, de penser aux futures échéances,
aux futures compétitions»
Envoyé spécial à Lille, Jacques Roux |
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NOM : MAKOUN ![]() PRENOM : JEAN DATE DE NAISSANCE : 29/05/83 Lieu de Naissance : YAOUNDE (CAM) TAILLE/POIDS: 1,72m/65kg POSTE : ATTAQUANT NATIONALITE : CAMEROUNAIS CLUB ACTUEL : LILLE (depuis 2001) PARCOURS : TONNERRE YAOUNDE (CAM) STATUT : INTERNATIONAL A PALMARES : PARTICIPATION CAN JR 2001; CAN 2004 |
| Jean II Makoun
est un garçon bien dans sa tête, en effet, le sociétaire
du LOSC a de la suite dans les idées et sait les exprimer. Dès
notre retour à Paris, en provenance du Maroc, où Africafoot
était invité par le C |
Africafoot.com
: Jean II Makoun, après la débâcle de la
CAN tunisienne, comment peut-on retrouver la sérénité
qui permettra de poursuivre ce métier ? |
Jean Makoun
: Ce qui nous est arrivé en Tunisie peut arriver à
tout le monde.
Toute équipe peut rater un match ou une compétition, mais
le plus important, c’est la prise conscience après une
défaite, de penser aux futures échéances, aux futures
compétitions. C’est à nous maintenant d’oublier
le passé et de penser à l’avenir. |
Africafoot.com
: En parlant des compétitions futures, celle des prochains
Jeux Olympiques est déjà tombée à l’eau.
Le Cameroun n’y participera pas. Le Mali étant passé
par là… |
| Jean Makoun
: Il n’y a pas grand-chose à dire à ce sujet.
Beaucoup de problèmes ont surgi chez les joueurs qui devaient
jouer les matche |
Africafoot.com
: Lors de la CAN en Tunisie, y-avait-il une bonne entente au
sein de l’équipe ? Lorsqu’on vous regardait jouer,
l’impression qui s’en dégageait était que
les joueurs se servaient eux-mêmes plus qu’ils ne servaient
le Cameroun... |
Jean Makoun
: En Tunisie, beaucoup de joueurs disputaient les rencontres
pour eux, certains avaient une attitude très suffisante. Ils
n’ont pas joué avec leurs vraies valeurs. Le Cameroun n’a
pas, cette fois-là, pas joué avec ses réelles qualités. |
| Africafoot.com
: Ce qui signifie que le sens patriotique disparaît. De
votre avis, en tant qu’homme et non joueur, doit-on intégrer
une équipe nationale sans réelle envie de victoire pour
l’équipe ? |
Jean
Makoun : Je pens e
que si un joueur intègre une équipe nationale, c’est
tout d’abord pour sa propre carrière, pour défendre
les couleurs du pays et pour continuer à jouer comme il le ferait
pour son club. Pour ma part, c’était ma première
participation. Lors de la dernière Coupe des Confédérations,
j’ai vu un groupe soudé, avec l’envie de gagner,
mais durant la Coupe d’Afrique des Nations, ce fut tout le contraire.
J’ignore ce qui est arrivé, mais nous étions vraiment
hors sujet. |
Africafoot.com
: Pourtant, nous vous avons vu donner le meilleur de vous-même
sur le terrain. Vous dégagiez une envie, une volonté,
un besoin de faire partie de cette équipe. Mais qu’en était-il
de vos coéquipiers ? Etaient-ils animés de cette même
volonté, de ce même esprit d’équipe ? En dehors
du terrain, communiquiez-vous entre vous ? |
Jean
Makoun : Il s’agissait de ma première sélection.
Lorsqu’on débute, on joue pour so |
Africafoot.com
: Aujourd’hui, vous songez à la continuité
de votre carrière. La fin de la saison approche. En dehors de
Lille, avez-vous d’autres possibilités d’orientation
? |
Jean
Makoun : C’est
ma première saison comme titulaire au club de Lille. Dans le
domaine du football, le plus important est de jouer. J’ai la chance
d’avoir un entraîneur et un club qui me font confiance,
qui me font jouer. Lorsqu’on joue sérieusement, tout en
y alliant des performances, d’autres possibilités se présentent
tout naturellement à vous. Pour l’instant, je prend beaucoup
de plaisir à jouer, le reste suivra. |
Africafoot.com
: Depuis la Tunisie, les joueurs se contactent-ils parfois ?
Discutez-vous de votre récente défaite, afin de trouver
des solutions pour l’avenir ? |
Jean
Makoun : J’ai eu très souvent des joueurs au téléphone,
le capitaine
surtout, car nous sommes de la même région. Il est vrai
que nous avons eu des problèmes durant la préparation,
nous avons joué de nombreux matches contre des clubs qui n’avaient
rien en commun avec ceux que nous avons par la suite rencontrés
en Tunisie. Il a donc été entendu, entre joueurs, qu’au
prochain stage nous en parlerions, nous nous mobiliserions, afin d’avoir
à nouveau un jeu pourvu de nos vraies valeurs. |
Africafoot.com
: Il paraîtrait qu’en Espagne, vous avez disputé
des rencontres contre des équipes un peu particulières,
des intermittents du spectacle, des "cultivateurs", par exemple,
et non pas des équipes à la hauteur de celles que vous
alliez rencontrer à la CAN. Est-ce effectivement une vérité
? |
Jean
Makoun : Je ne pen se
pas qu’ils étaient réellement cultivateurs, mais
ces équipes n’avaient rien à voir avec nos futurs
adversaires de la CAN. Je ne comprend pas pourquoi le staff technique
a organisé de telles rencontres, peut-être pour préserver
les joueurs avant la compétition, pour éviter d’éventuelles
blessures. Je ne sais néanmoins pas si c’est cela qui a
perturbé notre préparation, mais ces stages sont censés
nous préparer malgré tout à des matches de haut
niveau…D’autre part, c’est à nous de jouer
avec nos vraies qualités, nos vraies valeurs. |
Africafoot.com
: Le 28 avril prochain, vous rencontrerez la Bulgarie. Le week-end
dernier se sont disputés quelques matches amicaux, comme Maroc-Angola,
Tunisie-Côte d’Ivoire. Le Cameroun, lui, n’a pas joué.
Quelle en est la raison ? N’est-ce pas un peu difficile de ne
pas pouvoir jouer ces matches, comme les autres équipes ? |
Jean
Makoun : Après notre défaite à la dernière
CAN, il était temps d’avoir
enfin une rencontre à disputer, de pouvoir à nouveau rassembler
les joueurs de notre équipe. Nous avons déjà discuté
du manque de matches face à d’autres clubs africains. Nous
préparions une coupe d’Afrique et jouions presque exclusivement
contre les clubs européens, dont le jeu est très différent
des clubs africains. Il est indispensable pour nous de rencontrer régulièrement
des clubs africains, car les éliminatoires de la Coupe du Monde
sont proches, qui seront une étape importante. Il faut savoir
que lorsque le Cameroun se déplace, il est attendu par tout le
monde. Pour le match du 28 avril, j’espère que je serai
sélectionné. |
Africafoot.com
: La Côte d’Ivoire fait parler d'elle sur le continent
africain, elle a tout récemment battu la Tunisie. Que ressentent
à ce sujet les Lions Indomptables du Cameroun? Y voyez-vous un
sérieux adversaire, ou pensez-vous que ce ne soit qu’un
feu de paille que vous éteindrez facilement ? |
Jean
Makoun : Ils font partie de la même poule que la nôtre
pour les éliminatoires
de la Coupe du Monde. Si le Cameroun joue convenablement, il lui sera
possible de revenir à nouveau au sommet. Cela n’ira pas
sans une mobilisation générale de l’équipe
et une préparation adéquate. Chacun d’entre nous
devra y mettre du sien. Ce sera difficile pour tout le monde, une rencontre
ne ressemble jamais à une autre, il va falloir venir nous chercher
et ce n'est jamais facile pour nos adversaires. |
Africafoot.com
: Je transmettrai le message à Didier Drogba lors de notre
prochaine rencontre, car il est nominé au Ballon d’Or Africain,
cérémonie qui se tiendra le 30 avril à Yaoundé.
Nous allons plutôt nous intéresser à l’homme
que vous êtes. Vous arrive-t-il de mener des actions sociales,
de prendre part à des causes humanitaires ? |
Jean
Makoun : J’essaye de voir, à l’heure actuelle,
avec mes collaborateurs,
comment il est possible pour moi de m’associer à certaines
de ces causes. C’est ma première année dans le monde
professionnel, je dois d’abord y trouver ma place. Lorsque ma
position sera mieux ancrée dans mon travail, je pourrais aider
d’autres personnes beaucoup plus facilement. J'y pense très
souvent! |
Africafoot.com
: Vous parlez de travail, alors que le football, en Afrique,
est d’abord un plaisir. Lorsque vous êtes parti au Cameroun
pour le rassemblement de la sélection, comment avez-vous ressenti
l’ambiance qui y régnait ? |
Jean
Makoun : J’ai souvent vu, lors des précédentes
sélections, tout un
peuple les saluant. Savoir que tout un pays, tout un peuple vous soutient
pour une compétition est très gratifiant. Malgré
tout, il peut arriver que le résultat ne soit pas à la
hauteur de leurs espérances. La réaction de ce même
peuple est alors primordiale, pour nous permettre d’oublier une
défaite et de nous tourner vers l’avenir avec suffisamment
de confiance en nous. |
Africafoot.com
: Pensez-vous davantage à réussir votre première
année professionnelle qu’à ce que vous pourriez
apporter à l’équipe du Cameroun, qu’à
la joie que vous pouvez ressentir lors d’une victoire avec la
sélection du Cameroun ? L’un de vos plus grands rêves
était de faire partie de cette équipe du Cameroun. |
Jean
Makoun : Il m’est i mpossible
d’exprimer la joie de faire partie de la sélection nationale
du Cameroun. Pour faire partie d’une sélection nationale,
compte est tenu des résultats du club. Lorsque je suis en sélection,
je donne le meilleur de moi-même et je désire aussi honorer
la confiance que m’a accordée l’entraîneur. |
| Jacques Roux à
Lille |
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